Le titre Renault se repliait mardi matin, pâtissant de la publication d'un chiffre d'affaires inférieur aux attentes au premier trimestre, et d'un contexte de marché qui rendait les analystes sceptiques sur les objectifs annuels du groupe.
A 09H48 (07H48 GMT), l'action Renault cédait 1,80% à 65,60 euros, dans un marché parisien en hausse de 0,14%.
Le groupe automobile a publié un chiffre d'affaires en hausse de 4,2% sur les trois premiers mois de l'année, à 10,203 milliards d'euros, décevant SG Securities, qui attendait une progression de 6,8%, et le Crédit Mutuel CIC, qui tablait sur une croissance de 5%.
"En Europe, si les ventes ont été bien orientées en France (+6,3% grâce notamment à l'effet des bonus/malus) et en Allemagne (+19,5%), elles ont été décevantes en Espagne et au Royaume-Uni où le groupe avance un manque de réactivité commerciale face à un environnement concurrentiel plus difficile", détaille Igor Pruniaux, analyste du CM-CIC.
Par ailleurs, selon M. Pruniaux, le constructeur français est confronté à la baisse de la livre sterling, "qui pourrait entraîner des arbitrages commerciaux", ainsi qu'à la "fin de vie" de ses modèles Mégane et Scénic, même si la Logan, la Twingo et la Laguna tirent les ventes.
"Malgré un début d'année plutôt difficile, Renault a confirmé les objectifs 2008, à savoir des volumes en hausse de 10% et une marge opérationnelle de 4,5% (après 3,3% en 2007) en tablant sur un impact croissant des nouveaux produits et sur la poursuite de la baisse des coûts", note par ailleurs SG Securities.
Le groupe devrait notamment bénéficier des ventes de la Laguna, du Kangoo, des véhicules tout-terrains de loisir Koleos, et des lancements de Sandéro en juin et de la nouvelle Mégane en octobre, précisent les analystes de la banque.
Le CM-CIC se dit toutefois "sceptique sur la capacité du groupe à atteindre ses objectifs" et table plutôt sur une marge opérationnelle de 4,2%, au vu des "conditions de marché qui semblent se durcir en Europe" et de la hausse du yen qui devrait affaiblir la contribution de Nissan.
"Compte tenu de la réduction de la visibilité sur les marchés automobiles, de l'incertitude sur l'évolution des changes et des matières premières, nous intégrons également un mode de valorisation plus prudent (...) et abaissons notre objectif de cours à 72 euros contre 82 euros précédemment", ajoute Igor Pruniaux.
Même circonspection pour SG, qui attend une marge de 4% en 2008 puis 5,6% en 2009, et abaisse son objectif de 100 à 85 euros, en raison des "incertitudes à court terme" sur l'environnement du secteur. La banque mise néanmoins sur un "redressement effectif des positions (de Renault) pendant l'année".












