Produit à une cadence quotidienne denviron 1 200 unités, le Kangoo - et sa variante utilitaire Express - a répliqué commercialement à ses détracteurs. Bien que l'on ait encore aujourd'hui du mal à accepter ses
formes disproportionnées, son espace intérieur et la facilité d'accès qui le caractérisent ont trouvé un écho favorable chez les utilisateurs les plus pragmatiques. Différent, le Kangoo l'est sans aucun doute, au point que Renault n'éprouve pas encore le besoin de modifier son aspect extérieur.
C'est dans le domaine de l'agrément de conduite que s'opère le changement, avec l'arrivée au sommet de la gamme d'un moteur à essence de 1,6 l à seize soupapes. L'abaissement de sa puissance - 95 ch à 5 000 tr/min - profite aux bas régimes, avec un couple de 148 Nm à 3 750 tr/min. Aidé par des pneus aux flancs plus bas (165/65 contre 175/70 auparavant) et un bon étagement de boîte, la large plage d'utilisation permet de se faufiler dans toutes les situations : on apprécie d'autant plus cette vivacité que l'insonorisation, même améliorée, supporte toujours mal les régimes élevés.
Le comportement routier ne souffre pas de ce regain de forme, à l'exception de la motricité,
trop facilement prise en défaut. La barre antiroulis sous-dimensionnée donne l'impression désagréable que le capitaine va passer par dessus bord. Surtout elle génère des pertes de motricité qui engendrent des retours dans le volant.
C'est là le principal reproche à faire aux liaisons au sol car l'augmentation de la voie arrière (de 9 mm) a par ailleurs consolidé le comportement sécurisant du Kangoo. Les suspensions polyvalentes offrent un bon confort que seule la prise de roulis trop importante met à mal.
Comme il reste des conducteurs assez distraits pour se faire surprendre par un virage serré, l'ABS, l'aide au freinage d'urgence et le correcteur de trajectoire les remettront dans le droit chemin. Fort de son succès commercial, le Kangoo n'affiche que de menues retouches esthétiques à l'intérieur, comme l'arrivée de tissus de sièges « inédits » et d'une planche de bord à deux teintes, inchangée dans sa forme. Ceci au risque de décevoir les utilisateurs exigeants : avec de simples plastiques au sol sur la première finition et une insonorisation encore insuffisante, le niveau de confort ne rivalise pas avec la concurrence - virtuelle - de berlines de prix équivalent. La qualité de l'autoradio, en dépit de l'option commandes au volant, traduit ce décalage.
Le Kangoo n'en conserve pas moins ses qualités, et l'intérieur gagne en aspect pratique, avec l'adjonction à l'arrière de coffres en hauteur, qui augmentent le volume de rangement de 60 l. Enfin à l'extérieur, les larges rétroviseurs, qui génèrent des bruits d'air important, seront prochainement remplacés (les Kangoo actuellement proposés par Renault ne disposent pas encore des nouveaux). 
La gamme a été réorganisée autour de trois niveaux de finition (Authentique, Expression, Privilège) et de cinq motorisations (2 diesels et 3 moteurs à essence) : 1.2 de 60 ch, sur laquelle une version GPL a été développée avec une injection spécifique ; 1.4 de 75 ch, qui sera bientôt remplacée par un moteur à 16 soupapes plus économe ; et enfin le nouveau 1.6 16V. Côté diesel, le choix est limité entre le 1.9 atmosphérique un peu anémique et le moteur turbo à injection directe de 80 ch.
Dans son univers de concurrence, l'équipement des Kangoo est correct. Il traduit néanmoins ses origines utilitaires, au moins dans l'approche marketing : celle-ci fait la part belle aux discussions en concession pour obtenir les équipements normaux pour une berline qui se respecte aujourd'hui. Par exemple, la climatisation, indispensable avec de telles surfaces vitrées et en l'absence de vitres coulissantes à l'arrière. Alors : véritable voiture particulière, le Kangoo ?











































































