D’un côté, le tenant du titre, le break 406, qui a décroché la première place de son segment (M2) l’an dernier, et qui devrait la conserver cette année. De l’autre, un nouveau venu, dont l’appellation – Estate – exprime à elle seule toute l’ambition de Renault. Comme Saab, notamment, la marque au losange designe ainsi son break, dont le design a été pensé pour l’identifier au premier coup d’œil. Objectif atteint, car la Laguna Estate ne peut être confondue avec un autre modèle.
En finition Dynamique, boucliers, rétroviseurs et poignées de por-tes sont peints dans la couleur de la carrosserie, les jantes sont en alliage, mais les barres de toit restent en option. Plus classique mais peut-être plus élégant, le break 406 perpétue la grande tradition des " dérivés longs " Peugeot. Sa robe plus discrète, non dénuée de personnalité pour autant, plaît indubitablement à une grande partie de la clientèle de ce segment. En finition ST, la couleur de la carrosserie recouvre également les boucliers, rétroviseurs et poignées de portes, et l’on note que, comme sur tous les breaks 406, les barres de toit font partie de l’équipement de série. Mais les jantes restent en tôle.
Vie à bord
Plus longue que la berline de 12 cm, la Laguna Estate demeure plus courte que le break 406 de 4 cm. Son empattement est toutefois plus long de la même valeur, ce qui ne procure du reste pas d’espace supplémentaire pour les jambes des passagers arrière. Quant à la contenance du coffre, elle n’affiche que 475 l contre 526 l pour la Peugeot. Ce n’est pas une surprise quand on sait que Renault présente son nouveau break comme une synthèse entre ceux "à volume" et ceux dits "de loisirs".
Avec un plancher de coffre plus court d’une dizaine de centimètres sur l’Estate, l’espace est, bien sûr, plus réduit. La lunette arrière étant très inclinée, le volume de chargement total ne dépasse donc pas 1 500 l contre 1 741 l dans le break 406. Sur les deux voitures, l’accès au compartiment arrière est facilité par un seuil bas et sans rebord, ce qui permet de glisser facilement des objets lourds ou encombrants.
L’aspect pratique est cependant renforcé sur l’Estate par l’ouverture de la lunette arrière, qui permet de loger des objets sans avoir à ouvrir le hayon. Mais en finition Dynamique, cette facilité se paye 1 500 F en option. Les cache-bagages comportent tous les deux des parties rigides prolongées d’un enrouleur souple, et celui de la 406 se dépose plus facilement. Les banquettes se replient, bien sûr, en deux parties et forment un plancher plat.
Côté espace habitable, les deux voitures sont très proches. Elles offrent aussi la possibilité de trouver une bonne position de conduite, grâce aux réglages du volant et du siège. De série, les passagers de l’Estate Dynamique ont droit à une sellerie cuir et tissu bien faite, souvent plus agréable – mais c’est affaire de goût – qu’une sellerie tout cuir. Quant au démarrage du moteur par un bouton, inauguré sur la Renault, il séduit par sa facilité. Il faudra s’habituer à glisser la carte dans le tableau de bord avant de démarrer. Mais, il faut bien le dire, tourner une clé sous le volant paraît d’ores et déjà bien archaïque.
Mécanique
Sous les capots, on trouve deux moteurs de 1 800 cm3 à 16 soupapes. A peine plus puissant que le moteur de 1 600 cm3 de base de la nouvelle Laguna (110 ch), celui de l’Estate développe 118 ch et il délivre un couple de 170 Nm à 3 750 tr/min. Il est muni d’une distribution variable à l’admission, qui ne donne un avantage palpable à la Renault que sur le papier, où, d’après les chiffres, celle-ci dépasse la Peugeot dans tous les cas de figure. Mais, au volant, les sensations sont différentes. Avec ses 117 ch et son couple de 160 Nm à 4 000 tr/min, le break 406 1.8 16V fait jeu égal, en se montrant aussi alerte et pas plus bruyant. Il consomme par contre un peu plus.
L’autonomie n’en reste pas moins appréciable, car l’un comme l’autre break disposent d’un réservoir de 70 litres.Donc, ces moteurs de moins de 120 ch ne sont pas à déconseiller car ils offrent des prestations suffisantes. On note que les commandes de boîte de vitesses se valent aussi, Renault ayant fait des progrès en ce domaine.
Châssis
Pour les liaisons au sol, la Laguna Estate ne déçoit pas. Grâce à une caisse rigide
et à des suspensions bien réalisées, la voiture est rassurante à conduire et tient bien la route. Le roulis est correctement maîtrisé et le confort reste bon en toutes circonstances. Un petit exploit quand on regarde les pneus : 17 pouces en profil 45 ! On a le beurre et l’argent du beurre : des pneus performants offrant tenue en appui, et le confort en plus.
Le break 406 1.8 16V ST n’a pas à rougir vis-à-vis de son rival plus jeune. Le comportement de la famille 406 n’est d’ailleurs plus à vanter. Par comparaison, le break se montre d’ailleurs un peu plus précis. La direction est plus vive, donc un peu plus agréable, et l’on sent bien également la voiture en appui, équipée seulement – si l’on peut dire – de pneus 195/65 x 15. Mais les inégalités du sol sont davantage ressenties. Sur les deux voitures, les freins donnent satisfaction, chacune pouvant faire valoir la présence d’un système d’assistance au freinage d’urgence.
Equipements
Les voitures françaises sont aujourd’hui très bien placées question équipement. La Laguna, par exemple, reçoit de série des airbags pour conducteur et passager adaptatifs à deux niveaux de gonflage, six airbags en tout plus deux (latéraux arrière) en option, l’ABS, bien sûr, et aussi le fameux ESP de contrôle de trajectoire agissant sur le couple du moteur et les freins, ainsi que le système de surveillance de la pression des pneus et les phares au xénon ! Le système d’air conditionné automatique comporte des réglages gauche-droit et l’autoradio se commande du volant.
Plus ancienne, le break 406 1.8 16V ST n’a pas une dotation identique. Il a quand même quatre airbags, un essuie-vitre automatique à capteur de pluie, un système d’air conditionné automatique et un autoradio avec commandes au volant.
Bilan
Mieux équipé, mais offrant un compartiment à bagages moins volumineux, l’Estate se veut dans l’air du temps. De son côté, le break 406 est une valeur sûre, plus abordable puisque – à 134 500 F – il est affiché à 10 500 F de moins que son concurrent. Si l’on est néanmoins attiré par le Renault, on peut toujours se rabattre sur l’Estate 1.6 16V Expression, à peine moins équipé, proposé à 138 000 F. Ça se discute...














































































































































