Depuis l'an dernier, Renault Trucks propose en option la boîte de vitesses automatisée Optidriver sur ses gammes Premium et Magnum. Il s'agit de sa propre version de la boîte AS-Tronic de deuxième génération, c'est-à-dire celle permettant le mode entièrement automatique du passage des vitesses, que ZF fournit également à Iveco, Man et Daf. Pour le Premium, son choix s'est uniquement porté sur la version à 12 rapports. C'est le haut de cette gamme que nous avons essayé, à savoir le Premium de 412 ch (appelé 420) à cabine Privilège, soit le tracteur routier le plus vendu dans l'Hexagone.
CHAiNE CINÉMATIQUE L'élément nouveau est la boîte de vitesses. Pour l'organe conçu par ZF, constitué d'une boîte de base à trois rapports avant non synchronisés, associée à un doubleur de gamme et à un médiateur non synchronisé, Renault Trucks a développé ses propres logiciel et système de commande. Pour l'esthétique du levier, il n'a pas fait le bon choix, avec ce pommeau carré, indigne de l'esprit de modernité de cette transmission.
La marque cultive également quelques différences dans le fonctionnement. Ici, pas de sélecteur de mode, tout se détermine au niveau du levier. Le point mort, par exemple, s'obtient en déplaçant le levier vers la droite, et la marche arrière en appuyant sur le bouton jaune, situé sur la face avant du pommeau, et en tirant le levier vers soi.
Dans le cas où le conducteur utilise le mode manuel, dit aussi semi-automatique, avec la commande séquentielle, une action courte sur le levier vers l'avant (ou l'arrière) fait monter (ou descendre) un rapport entier, et non un demi-rapport comme chez tous les concurrents. Pour passer les demi-vitesses, le chauffeur doit, juste avant, appuyer sur le bouton noir, à gauche du pommeau.
Nonobstant ces quelques complications, le mariage entre la boîte AS-Tronic et l'électronique Renault Trucks de l'Optidriver est réussi. On apprécie la douceur et la rapidité du passage des rapports. Appréciables aussi le confort et la sécurité de conduite que procure tout système automatisé, mais que l'Optidriver du Premium accentuait grâce au ralentisseur Intarder, monté dans la boîte.
CABINE Rien de nouveau dans l'habitacle depuis l'évolution intervenue en 2001. Le levier Optidriver occupe la même place que celui d'une boîte à commande mécanique. Comme avec cette dernière, le rapport engagé s'affiche sur l'écran du tableau de bord électronique. L'information précise le rapport et la gamme, par exemple « 4e petite » ou « 6e grande », et non la vitesse complète (7 et 12, dans les exemples précités).
Avec ses dimensions généreuses (2,06 m de hauteur intérieure, 2,22 m de largeur), la cabine Privilège a fait de l'habitabilité son point fort. Les possibilités de rangement sont à l'avenant, dans la surélévation et sous la couchette. La ligne de la planche de bord, même garnie de faux bois, n'est pas des plus séduisantes. Elle manque en plus de vide-poches, celui au-dessus de la console centrale se révélant petit et peu profond. Cette absence est moins gênante quand le véhicule est doté du coffre central de rangement, lequel est incompatible avec l'option frigo coulissant sous la couchette.
RÉSULTATS Attelé à une semi-remorque carénée aux ailes, mais pas aux roues, notre Premium 420 affichait 44 460 km au compteur. Les conditions de route et de météo furent parfaites, excepté un gros et court ralentissement sur l'autoroute A1 au retour. Conduit par un démonstrateur qui découvrait le parcours et, la plupart du temps, sur le mode automatique, le Premium a réalisé des performances en phase avec les références de notre circuit (voir infographie).
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