Candidat "idéal" à la reprise du coréen Samsung, Renault vient d'obtenir une prolongation de la période de "négociation exclusive". D'ici au 21 avril, le dossier devrait être bouclé...
Un seul modèle, une seule usine, de nombreuses dettes… A priori, Samsung Motors n’est pas une cible extrêmement attractive pour un constructeur occidental en mal d’expansion asiatique. A priori seulement. En deuxième analyse, la firme coréenne devient plus qu’appétissante lorsque l’on sait qu’elle représente la clef d’un marché coréen aussi dynamique (700 000
immatriculations l’an dernier, mais plus d’un million avant la crise de 1998) qu’hermétiquement fermé aux marques étrangères…
Pour Renault, dont les ambitions de développement hors d’Europe sont connues, Samsung est donc une tête de pont de choix au pays du matin calme. D’autant plus que, pour le nouveau propriétaire d’un minorité de contrôle de Nissan, l’unique modèle Samsung se trouve être un clone de la Maxima, rebaptisée SM5 pour le marché local.
Le gouvernement coréen, paniqué à l’idée d’un dépôt de bilan pur et simple d’une firme représentant plus de 40 000 emplois (sous-traitance comprise), ne s’y est pas trompé. Forçant la main des principaux créanciers de Samsung Co, le conglomérat industriel (électronique, chantiers navals…) contrôlant Samsung Motors, il s’est efforcé d’offrir à Renault une « période exclusive de négociation de trois mois » dont le terme a pu être prolongé jusqu'au 21 avril prochain.
Les équipes de Louis Schweitzer n’avaient pas fait mystère, en préalable à toutes tractations, de leur « refus de surpayer Samsung ». Pour 450 millions de dollars, soit près de trois milliards de francs, la marque au losange s’engageait clairement à « reprendre 70% du capital du Coréen et à investir une somme équivalente dans l’accroissement des moyens de production », mais restait prudemment à l’écart des dettes du groupe. La banque Hanvit, chef de file des créanciers de Samsung, qui réclamait encore 650 millions de dollars jusqu’à la fin de la semaine dernière, ne s’est toutefois pas pliée à cette dernière exigence.
Une production limitée à 50 000 unités
En dépit de la rupture officielle des négociations, de nombreux analystes restent convaincus d’une issue favorable au projet d’intégration de Samsung à la galaxie Renault. Les courtiers Warburg Dillon Read et Morgan Stanley, évaluant les « actifs opérationnels du Coréen à quelque 500 millions de dollars », voient donc les deux parties se rapprocher sur un « moyen terme réaliste dans les jours qui viennent – sans doute aux alentours de 550 millions de dollars ».
Renault est de toute manière dans une situation bien plus confortable que son partenaire dans cette partie de poker industriel. Il sait bien que le Coréen, dont la technologie est fortement dépendante de Nissan, n’a jamais réellement envisagé de chercher un autre allié. Il sait également que, sans une rapide extension de sa gamme, Samsung sera probablement balayé, sa SM5 ne s’étant vendue, en tout et pour tout, qu’à 50 000 exemplaires malgré des capacités d’assemblage supérieures à 250 000 unités/an.
Mathieu Carré, porte-parole de Renault sur ce dossier, refuse toutefois d’afficher le moindre optimisme. « Le groupe n’acceptera jamais d’aller au-delà de ses objectifs, et encore moins d’assumer des dettes qui ne le concernent pas », explique-t-il. Pour autant, aucun autre grand constructeur n’a encore exprimé le moindre intérêt pour un telle incursion en territoire coréen, la bataille pour le contrôle de Daewoo occupant par ailleurs tous les esprits.
Des fuites, savamment distillées par la presse de Séoul, laissaient entrevoir, vendredi, un réchauffement des relations entre Français et Coréens. Conçues pour rassurer un public coréen préoccupé par la situation de l’emploi, elles ne peuvent que servir les intérêts d’un Renault en position de force…
immatriculations l’an dernier, mais plus d’un million avant la crise de 1998) qu’hermétiquement fermé aux marques étrangères… Pour Renault, dont les ambitions de développement hors d’Europe sont connues, Samsung est donc une tête de pont de choix au pays du matin calme. D’autant plus que, pour le nouveau propriétaire d’un minorité de contrôle de Nissan, l’unique modèle Samsung se trouve être un clone de la Maxima, rebaptisée SM5 pour le marché local.
Le gouvernement coréen, paniqué à l’idée d’un dépôt de bilan pur et simple d’une firme représentant plus de 40 000 emplois (sous-traitance comprise), ne s’y est pas trompé. Forçant la main des principaux créanciers de Samsung Co, le conglomérat industriel (électronique, chantiers navals…) contrôlant Samsung Motors, il s’est efforcé d’offrir à Renault une « période exclusive de négociation de trois mois » dont le terme a pu être prolongé jusqu'au 21 avril prochain.
Les équipes de Louis Schweitzer n’avaient pas fait mystère, en préalable à toutes tractations, de leur « refus de surpayer Samsung ». Pour 450 millions de dollars, soit près de trois milliards de francs, la marque au losange s’engageait clairement à « reprendre 70% du capital du Coréen et à investir une somme équivalente dans l’accroissement des moyens de production », mais restait prudemment à l’écart des dettes du groupe. La banque Hanvit, chef de file des créanciers de Samsung, qui réclamait encore 650 millions de dollars jusqu’à la fin de la semaine dernière, ne s’est toutefois pas pliée à cette dernière exigence.
Une production limitée à 50 000 unités
En dépit de la rupture officielle des négociations, de nombreux analystes restent convaincus d’une issue favorable au projet d’intégration de Samsung à la galaxie Renault. Les courtiers Warburg Dillon Read et Morgan Stanley, évaluant les « actifs opérationnels du Coréen à quelque 500 millions de dollars », voient donc les deux parties se rapprocher sur un « moyen terme réaliste dans les jours qui viennent – sans doute aux alentours de 550 millions de dollars ».
Renault est de toute manière dans une situation bien plus confortable que son partenaire dans cette partie de poker industriel. Il sait bien que le Coréen, dont la technologie est fortement dépendante de Nissan, n’a jamais réellement envisagé de chercher un autre allié. Il sait également que, sans une rapide extension de sa gamme, Samsung sera probablement balayé, sa SM5 ne s’étant vendue, en tout et pour tout, qu’à 50 000 exemplaires malgré des capacités d’assemblage supérieures à 250 000 unités/an.
Mathieu Carré, porte-parole de Renault sur ce dossier, refuse toutefois d’afficher le moindre optimisme. « Le groupe n’acceptera jamais d’aller au-delà de ses objectifs, et encore moins d’assumer des dettes qui ne le concernent pas », explique-t-il. Pour autant, aucun autre grand constructeur n’a encore exprimé le moindre intérêt pour un telle incursion en territoire coréen, la bataille pour le contrôle de Daewoo occupant par ailleurs tous les esprits.
Des fuites, savamment distillées par la presse de Séoul, laissaient entrevoir, vendredi, un réchauffement des relations entre Français et Coréens. Conçues pour rassurer un public coréen préoccupé par la situation de l’emploi, elles ne peuvent que servir les intérêts d’un Renault en position de force…
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