Sur le marché des véhicules récréatifs, les coupés-cabriolets ne sont pas légion. C'est ce qui fait tout l'intérêt de la 206 CC qui, grâce à son profil convertible, n'est pas condamnée à une utilisation saisonnière. Le système qui permet d'escamoter le toit rigide rend certes l'arrière un peu massif et la silhouette insolite, mais Peugeot peut se flatter d'un modèle très attrayant dont le prix et l'originalité sont en mesure de séduire la clientèle.
La 206 CC arrive sur un terrain occupé par des machines qui n'ont généralement qu'une seule fonction. Le Mazda MX-5 est un pur cabriolet, alors que la formule du grand tourisme classique et abordable est défendue par les coupés Fiat et Hyundai, l'Opel Tigra et le Ford Puma. Ces véhicules ont tous du caractère, voire de la fantaisie, mais leur habitabilité est incapable de répondre à des besoins familiaux. L'idée du coupé très compact, qui fait son chemin chez les constructeurs, ne concerne que des automobilistes relativement privilégiés ou célibataires. Les places arrière mentionnées sur les cartes grises sont souvent symboliques, et le coffre refuse tout net les bagages très encombrants.
Parallèlement, les ressources qui logent sous le capot ne sont pas prioritaires. Légers par définition, les coupés populaires se contentent de cylindrées moyennes voisines de 1 600 cm3 et n'annoncent que des puissances modérées. Leur cheval de bataille n'est pas la vitesse, mais celui d'offrir la possibilité de rompre la monotonie quotidienne.
Dans ce rôle, le Ford Puma ressemble à une petite bombe. Fort de ses 125 ch, il est vif et mordant. Face à lui, la 206 CC incarne un art de vivre qui n'ambitionne pas de jouer les terreurs sur la route.
Mécanique
Ford ne peut se prévaloir d'une supériorité écrasante, mais le rapport entre poids et puissance du Puma l'emporte assez nettement. Dans une envolée du compte-tours, l'engin mène la danse et abat des chronos déjà brillants. Il peut indiscutablement réveiller des instincts de conduite sportive, au rythme d'un miaulement mécanique qui prouve que le quatre-cylindres Zetec de 1,7 l est parfaitement à sa place dans le compartiment du moteur. Mais les tympans tiendront le choc, le niveau sonore n'étant jamais excessif.
En vérité, le Puma ne se savoure réellement que lorsqu'on le cravache. La commande de boîte, directe et précise, est une sorte de diapason qui donne le ton et la cadence.On peut facilement céder à la tentation, aujourd'hui calomniée, de jouer les as du volant. L'autonomie, tributaire des 42 l contenus dans le réservoir, est malheureusement réduite un déjeuner de soleil.
La 206 CC 1.6 16V a choisi un autre style, plus débonnaire et plus tranquille. Ce véhicule ne fait rien à l'excès, ses caractéristiques étant trop timides pour faire jeu égal avec son adversaire. Une transmission plus longue et une certaine paresse des montées en régime lui donnent ce parfum touristique que l'on goûtera pleinement en roulant à ciel ouvert.
Ici, la commande de boîte est un peu plus pâteuse, tout comme les réactions de l'accélérateur, et les reprises manquent de poigne en pleine circulation ou sur route encombrée. Par ailleurs, la sagesse de la mécanique n'est pas récompensée par une discrétion sonore absolue à grande vitesse. En revanche, la sobriété du moteur se révèle clairement à la lecture des caractéristiques techniques ainsi qu'en utilisation pratique. Le rayon d'action de la 206 CC est beaucoup plus satisfaisant que celui du Puma.
Châssis
Le tempérament des châssis de nos voitures d'essai ressemble à celui de leurs mécaniques. Les attitudes du Puma sont nerveuses, et celles de la Peugeot relativement diffuses. Cette dernière obtient sans mal la médaille du confort, au prix il est vrai d'un comportement qui ne permet pas de ciseler des trajectoires parfaitement pures. Légèrement collante, la direction laisse parfois flotter le cap en ligne droite, tout en parvenant à rester précise en virage.
Si la position de conduite est irréprochable, les mouvements de tangage et de roulis de la suspension le sont moins. Il faut contrôler quelques effets parasites ou bien s'habituer à rouler en « père de famille », ce qui est, avouons-le, un peu en décalage avec la vocation du véhicule. Le freinage n'appelle, lui, aucun reproche.
Avec son entrain, on pourrait presque dire son effronterie, le Ford Puma ne demande jamais son reste pour taquiner le bitume. Mais il s'agira de rester d'autant plus vigilant que ses capacités sont extrêmement énergiques en regard de sa légèreté, et que son freinage peut, sur des chaussées inégales, être susceptible d'entraîner un louvoiement. Le constructeur devrait songer à remplacer les tambours arrière par des disques.
Vif dans les lacets, très mobile autour d'un axe vertical, l'engin se révèle également docile à petite vitesse. Moins douce que sur le 206 CC, la suspension se durcit avec le rythme, mais les fatigues et le bruit ne seront réellement éprouvants que si l'on décide de traverser la France d'une seule traite par les départementales, sans lever le pied.
Vie à bord
Ouvrir le toit de la 206 CC en déverrouillant simplement deux poignées et en appuyant sur un bouton, à l'arrêt ou à toute petite vitesse, est un de ces miracles de la technique qui rend non seulement les choses faciles, mais qui crée un sentiment admiratif chez celui qui entreprend la manoeuvre. De cette manière, Peugeot est sûr de pouvoir conjuguer la CC au masculin comme au féminin. Cette étonnante capacité a toutefois son prix. Nous n'insisterons pas sur la visibilité toujours réduite de ce type de véhicules, ni sur l'implantation incohérente des interrupteurs de lève-vitres électriques, mais nous poserons la question de savoir à quoi servent les places arrière. On peut comprendre que la taille du coffre soit réduite pour les besoins du système de toit ouvrant, on reste beaucoup plus sceptique devant deux sièges qui ne peuvent accueillir que deux enfants recroquevillés. Assez large, la 206 CC n'est vraiment fréquentable qu'aux places avant. D'autre part, l'élégance de la carrosserie devrait se retrouver dans un intérieur plus souriant.
De son côté, le Ford Puma n'aura jamais la courtoisie de nous montrer les étoiles, mais son atmosphère dégage une certaine bonne humeur. Son tableau de bord de Fiesta habillé de platines façon aluminium, son pommeau de levier de vitesse en métal et ses compteurs à fond blanc entretiennent sa fraîcheur et se marient bien avec sa vitalité.
Plus étroit que son adversaire, guère plus favorisé sous l'angle visibilité, il est néanmoins plus rationnel. Il a naturellement des affinités avec les couples sans enfants, mais l'intérieur correspond mieux à une véritable formule 2 + 2. Le coffre, enfin, accepte toutes proportions gardées un volume décent de bagages.
Equipements
Dans cette catégorie, Peugeot ne lésine pas sur la sécurité et le confort. Pour un prix très compétitif, le constructeur fournit le véhicule avec l'ABS et la radio. Il se distingue de la concurrence en proposant les airbags frontaux et latéraux en série. L'air conditionné, qui n'apparaît pas indispensable sur une version décapotable, figure logiquement sur la liste des options. En revanche, les jantes en alliage qui devraient systématiquement souligner le profil d'un coupé ne sont disponibles que contre un supplément.
De son côté, Ford préfère livrer ses Puma avec des jantes en aluminium et facturer la radio à ses clients. La climatisation, qui sera très appréciée sur un véhicule fermé, est d'un prix très abordable. Cela étant, un aménagement complet obtenu après addition des équipements mentionnés ci-dessus place les deux adversaires à un niveau de tarif équivalent. Seules les notions les plus subjectives ou les plus techniques seront donc en mesure de les départager.
Bilan
Certains clients n'auront probablement d'yeux que pour la possibilité de transformation de la 206 CC, et ils n'hésiteront pas devant le choix. Une remarque semblable s'applique à ceux qui pousseront la porte d'une concession Ford. La maniabilité, l'ambiance et le punch créent la personnalité du Puma. Ils y seront vraisemblablement sensibles.
Le Puma l'emporte au chapitre du comportement dynamique. La 206 CC joue sur le registre sentimental. Quoi qu'il en soit, il faudra se tourner vers la version 2.0 de 138 ch pour connaître des sensations plus fortes au volant du coupé-cabriolet Peugeot.











































































