Le designer "papa"
des Alfa 156, 166 et 147, Walter de Silva, est passé chez Seat depuis le début de 1999. Et il y a récemment fait venir son ancien collègue spécialiste des châssis. Autant dire que, pour Seat, la cible est clairement désignée : on vise ce que demeure Alfa dans le cœur des fidèles, et ce que tend à redevenir Alfa depuis quelque temps. Les Seat à venir seront des autos émotion, latines, jeunes d’esprit.
L’Arosa entend se placer sur ce terrain. Oh ! bien sûr, ne parlons pas de sportivité ! Quoique. La nouvelle version 1.4 16V reprend le moteur de 100 ch apparu sur les Lupo et Fabia. Mais, honnêtement, il ne fait pas de cette Arosa le prochain outil de Didier Auriol. On peut même dire qu’il ne s’agit en aucune façon d’une GTI : les suspensions demeurent trop sages, les guidages trop souples, et le moteur trop bourgeois pour cela. Disons que, au moins, cette variante un tantinet pimentée pourra remonter l’image d’une Arosa jusque-là restée dans l’ombre et la banalité.
Gros calibre
En fait, son nouveau visage
donne envie de redécouvrir l’Arosa. Une auto dont le gros atout réside dans sa douceur générale, peu courante à ce niveau de gamme. Conduire une Arosa, gabarit mis à part, fait souvent penser à une auto de plus gros calibre, ne serait-ce que par le feutré de son roulement et, désormais, ses bruits aérodynamiques réduits. En revanche, son volume intérieur modeste, notamment pour les bagages, et ses motorisations peu discrètes vous ramènent vite à la raison.
Sur le plan mécanique, l’intérêt de la nouvelle Arosa se situe dans son tricylindre TDI, celui des Polo, Lupo et Audi A2. Il est ici à son avantage, grâce au poids encore mesuré de la voiture. Son " effet turbo " demeure sensible, mais sa vigueur n’est pas feinte, et la sonorité du "tri" ne manque pas de charme.
Difficile, toutefois, de ne pas regretter la dérive des tarifs Arosa, même si l’équipement est revu à la hausse. Car la tôle nue est encore bien présente dans l’habitacle, et la stabilité de route évoque plus une voiturette qu’une berline cossue, en dépit d’un amortissement soigné.
Jusqu’alors, on achetait une Seat pour son prix raisonnable, quitte à devoir rabattre de ses prétentions à la revente par défaut de notoriété.
Aujourd’hui, vivement que la réputation s’installe, car les Seat arrivent maintenant à des tarifs directement comparables à ceux de leurs rivales, sans proposer de prestations réellement décisives ni une image bien claire.
Vouloir déjà remonter les tarifs, n’est-ce pas mettre la charrue avant les bœufs ? Seat France entend diffuser 3 100 Arosa en 2001, dont plus de la moitié en finition Stella, et 40 % en Select. Les seules motorisations 1.0, 1.4 manuelle et SDI devraient, à elles trois, représenter 85 % des ventes.
















