Pour pallier l'insuffisance de volume de certains modèles, les espagnols ont développé avec plus ou moins de bonheur des petites voitures « sac à dos ». Si l'ancienne Ibiza ainsi affublée était d'une franche laideur, le traitement accordé au nouveau modèle témoigne d'une certaine élégance. Il ne s'agit pas ici d'un simple rajout, mais d'un ensemble au style parfaitement intégré. Walter de Silva, qui dirige le bureau de style de Seat, laisse ici percer quelques réminiscences de son époque Alfa Romeo, un héritage qu'il n'a pas à renier.
Disponible avec un choix de cinq motorisations - deux à essence et trois Diesel -, la Seat Cordoba reprend l'offre déjà déclinée par l'Ibiza. Elle en reprend d'ailleurs ses qualités et ses défauts. Au chapitre des qualités, on retient une richesse relative - pour une voiture de cette catégorie - de l'équipement de série dès le premier niveau de finition. Une version avec boîte automatique est même proposée, associée à la motorisation à essence de 100 ch.
On retrouve également les défauts de l'Ibiza : les sièges à l'assise trop courte ainsi que le manque de place pour les jambes à l'arrière. La planche de bord, au plastique granuleux imitant le galuchat, est rêche comme du papier de verre et retient la poussière ; comme un col de veste, les pellicules.
La greffe d'un coffre sur l'Ibiza est en revanche très réussie. Ibiza jusqu'au droit de la troisième vitre, c'est à partir de là que la Cordoba dévoile son visage de Janus. Profil, trois quarts arrière, l'intégration est parfaite et se fait sans rupture de style. Les phares allongés coupent la hauteur du coffre, allégeant ainsi la masse globale. Le coffre de 485 litres offre un volume appréciable pour une famille. Par rapport à l'ancienne Cordoba, les gains sont de 30 litres et, par rapport à l'actuelle Ibiza, de 218 litres. On regrettera juste un seuil trop haut et une ouverture étroite qui ne facilitent pas le chargement d'objets encombrants.
Entre Ibiza et Cordoba, il n'y a qu'une différence de 46 kg à vide, une broutille de peu d'influence sur le comportement routier. Un léger décrochage du train arrière se fait ressentir au lever de pied en courbe, mais guère plus qu'avec l'Ibiza. Des trois motorisations essayées, celle de 100 ch à essence est la plus homogène et la plus agréable à l'usage, en dépit d'une cinquième longue. Le Diesel de 100 ch est bruyant au ralenti et en charge, quant au performant 130 ch, il est un peu moins sonore mais il reste tout aussi rugueux. La technique des injecteurs pompes se doit d'être associée à une insonorisation irréprochable. Sain et efficace, le comportement routier a volontairement été typé « sportif ». La suspension de la TDi 130 en pâtit et est vraiment trop sèche sur route dégradée.
Là encore, la Cordoba de 100 ch à essence offre le meilleur compromis entre efficacité et confort. Celle-ci semble être le meilleur choix de la gamme.



































































