La Skoda Fabia, d'après ses dimensions et ses ambitions, déborde manifestement du cadre des citadines. La version TDi de 100 ch va même plus loin en direction de la berline routière. Si elle se retrouve en porte à faux sur le marché, c'est pour son plus grand bien, car on ne lui voit pas de concurrente directe. Aucune voiture de la catégorie n'est en effet en mesure de rivaliser en puissance et en prix. A l'échelon inférieur, où se bousculent Clio, Punto, Corsa et Saxo, les moteurs Diesel atteignent au mieux 80 ch. Ce n'est que dans la famille des Citroën Xsara, des Ford Focus, des Renault Mégane et des Volkswagen Golf que l'on trouve des mécaniques susceptibles de venir chatouiller le tout nouveau TDi à injecteurs pompes de la Fabia.
Gentiment présentée, mais surtout fort bien équipée, la version Elégance a indéniablement un pouvoir attractif, et ce malgré une qualité de matériaux, une finition et un aménagement intérieur qui n'ont pas la distinction d'un haut de gamme. Certains tissus intérieurs sont d'un coloris trop voyant pour avoir vraiment l'air bon chic bon genre. Cela étant, l'habitacle et les sièges sont hospitaliers, la voiture est relativement spacieuse en largeur et n'avoue des limites qu'en regard de la profondeur disponible pour les genoux aux places arrière. Les dimensions du coffre sont correctes et bien proportionnées. La roue de secours - normale -, logée sous le tapis de sol, n'empiète pas sur le volume utile.
Avec quatre vitres électriques, une climatisation automatique, un moteur à poigne et un appétit d'oiseau, la TDi 100 ch ne manque pas d'arguments. D'un point de vue dynamique, elle ne ménage pas sa peine. Le couple maximal de 240 Nm à 1 900 tr/min est un luxe sur une voiture légère de gabarit moyen.
Cette santé de fer se paye toutefois par des réactions un peu brutales au démarrage. A pleine accélération, les contraintes sur le train avant se manifestent par des pertes fugitives de motricité et par quelques réactions dans le volant. La Fabia TDi est vive, et si elle n'est pas à proprement parler un boulet de canon, elle balaye tous les a priori sur les performances modestes des anciennes Skoda.
Ce joli tempérament se traduit par un accélérateur assez sensible lorsque l'on utilise les deux premiers rapports. A l'inverse, une cinquième longue rend la mécanique un peu paresseuse à très bas régime, en dessous de 60 km/h surtout. Quoi qu'il en soit, tous les styles de conduite sont tolérés, du rythme le plus placide aux cadences soutenues des meilleures moyennes horaires.
Dans tous les cas, on ne constate aucune faute de comportement sérieuse. Le nouveau châssis encaisse les virages serrés et les changements d'appuis sans l'instabilité qui caractérise certains modèles récents du groupe Volkswagen. Les éléments de suspension ne revendiquent certes pas la perfection, mais cette version diesel n'est pas vicieuse et son amortissement est acceptable. Le confort est satisfaisant, la mécanique honnêtement discrète, et la voiture maniable. Parallèlement, la fermeté de la pédale de freins sous une action prolongée et la lenteur apparente de la commande de boîte en cas de changement de rapport précipité sont en réalité des fausses faiblesses qui n'entament pas la crédibilité de l'engin.
La Fabia TDi 100 ch apparaît comme une voiture de bonne compagnie, probablement fidèle à l'usage. Ses défauts sont loin d'être flagrants. Ils sont généralement atténués par de bonnes qualités de rattrapage.






































