Dans une catégorie des petites voitures qui, depuis vingt ans, se garde bien d'innover et qui se contente de prendre dix centimètres de long d'une génération à l'autre, la Smart Forfour (qui signifie « pour quatre ») arrive avec une réputation sulfureuse, un style hors normes, une définition de gamme originale, mais une innovation technique limitée. Il faut dire que la marque a mis de l'eau dans son vin, ne serait-ce qu'en s'alliant avec Mitsubishi pour produire cette voiture en commun. Construite dans l'usine NedCar à Born, aux Pays-Bas, ancienne usine Daf reconvertie par Volvo puis utilisée conjointement par Volvo et par Mitsubishi, la Smart Forfour est, en effet, la demi-soeur de la future Mitsubishi Colt.
Pour la Forfour, Smart se cale donc sur les standards de la catégorie, qu'il s'agisse du gabarit, des motorisations ou des transmissions. On découvre ainsi une voiture de 3,75 m de long sur un empattement de 2,5 m, des valeurs inférieures aux dernières voitures sorties pour contenir la dérive des poids, tandis que largeur et hauteur, respectivement de 1,68 m et 1,45 m s'inscrivent dans la norme.
Afin d'offrir une bonne habitabilité dans ce gabarit compact, Smart a recours à la formule « coach » mise à la mode par la Volkswagen Polo en 1981 et largement reprise depuis. Cette forme générale de break garantit une bonne hauteur aux places arrière, tandis que le hayon vertical préserve la capacité du coffre, ici variable de 270 à 910 litres.
Quant aux moteurs et aux transmissions, ils traduisent à la fois les contraintes du mariage avec Mitsubishi et la volonté de coller aux réalités des grands marchés. Les moteurs à essence ou les Diesel s'appuient sur les paliers traditionnels de la catégorie, tant en ce qui concerne les cylindrées que les niveaux de puissance. Même raisonnement pour la transmission qui retrouve une bonne vieille boîte de vitesses mécanique à cinq rapports, la transmission automatique à six rapports, devenue Soft Touch +, passant en option.
Reste le style intérieur et extérieur pour permettre à la Smart Forfour de se différencier tout en gardant l'esprit Smart initié par le City Coupé en 1998. Comme pour le roadster et le roadster coupé, la marque réussit parfaitement la manoeuvre avec un programme de figures imposées incluant la cellule Tridion, la présentation biton, les triples feux arrière, les doubles phares et l'inévitable sourire de la calandre Smart.
La Forfour respecte également les aspects fonctionnels chers à la marque en proposant une banquette arrière coulissant sur 150 mm avec des dossiers réglables en inclinaison et rabattables 2/3 1/3. L'ensemble pouvant ensuite basculer d'une seule pièce au dos des sièges avant.
Au chapitre des nouveautés, on découvre une commande de clignotants à impulsion et la possibilité de disposer de tous les perfectionnements de haut de gamme chers, dans les deux sens du terme, à la marque soeur, Mercedes. Capteurs de pluie ou de luminosité, système Comand, volant multifonction commandant l'autoradio, le lecteur de CD ou le téléphone, sellerie en cuir et toit ouvrant électrique en verre avec pare-soleil intérieur sont au programme en option. Hormis les détails d'équipement pas encore certifiés, on distinguera les versions Pulse par leur toit en matière composite à surface grenée, tandis que les Passion bénéficient d'un pavillon panoramique en verre.
Par sa légèreté, son style inimitable, ses aspects fonctionnels et esthétiques, la Smart Forfour se démarque des autres modèles d'une catégorie où, pour l'instant, seule l'Audi A2 avait osé sortir de l'ordinaire. C'est une pratique courante dans le secteur des petites urbaines, avec des modèles pétillants comme la Renault Twingo, la Ford Ka ou l'Opel Agila, qui ne demande qu'à se développer dans la catégorie des petites polyvalentes comme la Smart.































