Smart Fortwo
- Date de sortie : octobre 1998
- Date de restylage : avril 2002
- Parc en circulation : 49 425
- A partir de 2 300 € (45ch Pure de 1999)
Nicolas Hayek, fondateur de la marque de montres Swatch, rêvait d'une toute petite voiture, abordable, capable de « transporter deux personnes et un pack de bière ». Il frappa à la porte des constructeurs, et DaimlerBenz accepta le projet. Mais pour le groupe allemand, la tentation fut grande d'offrir à cette « Swatchmobile » une technologie digne de Mercedes ! On y installa donc un moteur turbo moderne, une boîte robotisée à six rapports et des équipements de sécurité de pointe (airbags, ABS...). Puis, suite aux problèmes rencontrés par la Classe A lors des tests d'évitement, les trains roulants furent modifiés, et on greffa un contrôle électronique de stabilité. Résultat : la facture s'alourdit...et Nicolas Hayek, déjà partiellement désengagé de l'affaire, revendit toutes ses parts au moment du lancement de la Smart, en octobre 1998.
On comprend vite pourquoi : cette citadine de poche, loin d'être abordable, s'affiche au tarif d'une Renault Twingo... avec deux places de moins. On découvre avec plaisir le caractère de son petit trois-cylindres turbo à essence Suprex, mais on peste après la boîte robotisée, à la lenteur désespérante. La Smart tient ses promesses en ville, mais ses suspensions très dures ignorent le mot « confort ». Quant au comportement routier, s'il met à l'abri des cabrioles, il est marqué par un sous-virage préoccupant sur les pavés humides. Enfin, si l'équipement offre l'essentiel (condamnation centralisée avec télécommande, vitres électriques, siège passager rabattable...), de nombreux accessoires sont facturés en supplément, du miroir de courtoisie au cache-bagages, en passant par l'horloge !
Débuts laborieux.
En avril 1999, Smart corrige le tir et baisse les prix. Les suspensions sont revues pour améliorer le confort et les logiciels de contrôle de l'antipatinage et de la boîte de vitesses
sont reprogrammés. Dans le même temps, une nouvelle campagne publicitaire est lancée. La Smart finit heureusement par trouver son public en Allemagne et en Italie.
En décembre 1999 apparaît la version diesel cdi de 41 ch. Très économique à l'usage, ce bloc manque cependant d'intérêt vu la sobriété des versions à essence, ses faibles performances et son surcoût à l'achat.
Au printemps suivant, la version cabriolet fait ses premiers tours de roues. Si les tares congénitales de la Smart subsistent, la rigidité est au rendez-vous. La capote bien conçue (elle fait aussi office de toit ouvrant) et l'aspect ludique séduisent. Plus attrayant que les autres Smart, le cabriolet dope les ventes auprès de la clientèle branchée, moins regardante sur les tarifs.
La Smart connaît ensuite des évolutions plus ou moins importantes : la version Pulse passe à 61 ch grâce à l'augmentation de la pression de suralimentation en février 2001, puis les versions restylées arrivent en avril 2002. Deux mois plus tard, la Crossblade, version très « fashion », sans pare-brise ni portières, facturée au prix fort, fait un malheur au festival de Cannes !
Icône du chic.
En mars 2003, la Smart fait encore un pas vers plus de « normalité automobile » : ses motorisations gagnent 100 cm3 et une souplesse qui lui assurent plus d'aisance sur route. Par ailleurs, un véritable ESP apparaît, tandis que la boîte robotisée reçoit une fonction kick-down (rétrogradation automatique à l'écrasement de la pédale d'accélérateur). Hélas, le confort reste précaire. Mais ces
versions sont incontestablement les plus intéressantes.
La microvoiture gagne en assurance au point d'être aussi déclinée en version Brabus, « forte » de 74 ch... mais très onéreuse ! Début 2004, la Smart devient « Fortwo », en prévision de l'arrivée de la « Forfour ».
Alors que sa remplaçante se profile à l'horizon 2007, la Fortwo reste plus que jamais la reine des villes. Cette icône du chic urbain se révèle abordable en occasion. A condition de ne pas lui demander l'impossible (sortir des villes !) et de privilégier les modèles récents (après mars 2003), la Fortwo vous donnera satisfaction. D'autant que la fiabilité est digne des standards Mercedes.























