SMART ROADSTER 0.7
- Disponible
- Capote électrique
- Moteur 0,7 l turbo de 82 ch
- 5 CV
- 19 200 €
OPEL TIGRA TWINTOP 1.4 COSMO
- Disponible
- Toit rigide rétractable
- Moteur de 1,4 l et 90 ch
- 5 CV
- 19 150 €
Quel bonheur que les constructeurs ne suivent pas tous la même voie ! Cela nous donne des voitures de conceptions parfois très opposées et qui se ressemblent de moins en moins. Même quand l'objectif final est de séduire à peu près les mêmes clients. Prenez la Peugeot 206 CC. Son succès n'a pas entraîné Opel vers un véhicule semblable. Si la marque allemande a repris le principe du toit rigide escamotable, elle a donné une allure sportive à la Tigra Twin Top en l'éloignant esthétiquement de la Corsa dont elle est dérivée, et en supprimant les petites places arrière dont est dotée la 206 au profit du volume du coffre. Résultat, la Tigra renouvelle le genre, en permettant aux amateurs de coupés et de cabriolets de profiter des avantages des deux carrosseries pour un budget correct.
La Smart, c'est encore autre chose. Elle perpétue l'esprit des roadsters de poche privilégiant la conduite décontractée, au détriment des aspects pratiques. Sauf que sa capote électrique rend le décapotage des plus aisés. Mais c'est un signe : plus on vit avec et plus on aime retrouver sa silhouette inhabituelle et ses petits défauts !
MECANIQUE. Sous le capot de la Tigra d'entrée de gamme, Opel loge un quatre-cylindres de 1,4 l délivrant 90 ch et un couple de 125 Nm à 4 000 tr/min. C'est peu (comparé à la 206 CC), mais la Smart se contente d'un trois-cylindres de seulement 700 cm3 qui doit à son turbo d'atteindre 82 ch et un couple de 110 Nm sur une large plage : de 2 250 à 4 500 tr/min. Mais, plus que le moteur, ce qui fait la différence au niveau des performances, c'est le poids, éminemment favorable à la Smart, annoncée à seulement 790 kg. Alors, avec 370 kg de plus, la Tigra tire la langue, se montrant très modeste en reprise sur les rapports supérieurs. Même en montant les régimes, on reste déçu par son manque de pêche, et par l'absence totale de caractère sportif. Il faut donc se résoudre à conduire relax, ce qui n'est toutefois pas trop difficile pour flâner en cabriolet, en sachant que l'on ne peut disposer de réserve de puissance. Seul point positif à mettre à son actif : la bonne commande de la boîte de vitesses.
Malgré son petit moteur, la Smart se montre plus nerveuse, son poids plume favorisant les accélérations et les reprises, tout comme le plaisir de conduire. D'autant que la boîte robotisée à six rapports permet non seulement de se passer de pédale d'embrayage, mais aussi de choisir entre les modes manuel ou automatique. D'accord, la gestion de passage des rapports peut encore surprendre par des à-coups sensibles (on est très loin d'une boîte DSG), mais c'est au conducteur d'apprendre à vivre avec cette version Softouch, par ailleurs très reposante. Ou alors, il faut changer de voiture. Championne de la légèreté, la Smart s'impose aussi par sa consommation inférieure, qui n'excuse pas une contenance de réservoir de seulement 35 l.
CHASSIS. En accord avec son moteur, la Tigra reçoit des suspensions tout à fait adaptées à une utilisation paisible. Le confort est donc privilégié, le comportement restant celui d'une traction avant des familles, avec une nette tendance au sous-virage et une bonne stabilité au lever de pied. C'est ainsi, la Tigra n'est pas sportive pour un sou, mais elle a quand même droit à quatre disques de frein (ventilés à l'avant), et elle est agile. La Smart aussi se laisse aisément guider avec sa direction assistée en option (!) et malgré son diamètre de braquage supérieur, bien qu'elle soit plus courte de 50 cm.
Chez elle d'ailleurs, tout est différent, puisque c'est une propulsion dont les amateurs apprécieront le caractère volontiers survireur contrôlé par un ESP monté de série. Légère, elle ne reçoit que des disques pleins à l'avant et des tambours à l'arrière, mais la longue course de la pédale de frein nuit à un freinage serein. Et puis, côté confort, si les occupants sont un peu secoués sur les bosses, ce n'est pas bien méchant : cela fait partie des choses que l'on accepte sur une telle voiture.
VIE A BORD. Installé dans la Tigra comme dans une autre voiture, on ferme la longue et lourde porte, on règle le siège et le volant en hauteur, et on se retrouve dans une Corsa avec sa planche de bord légèrement remaniée. Bonne surprise : il y a de la place derrière les sièges et un large espace ouvert dans la cloison arrière pour poser des vêtements. Le toit s'ouvre par un bouton dans la porte avant gauche après avoir déverrouillé manuellement deux crochets latéraux. Et le charme agit immédiatement.
Quel bonheur de rouler sans toit, bien protégé des courants d'air par le filet antiremous livré de série. Fixé par une seule vis, ce dernier peut rester en place sans gêner la fermeture ni la visibilité arrière. Le temps se couvre ? En quelques secondes, le toit et la lunette arrière en verre ont repris leur place. Le coffre, qui n'était pas ridicule devient carrément géant pour un cabriolet de petite taille. Bravo Opel et Heuliez.
Dans la Smart, il faut d'abord se glisser au volant, dans une position très allongée, sans pouvoir rien régler. Et puis, tourner la clé de contact, placée près du levier de vitesses. Alors la route se met à défiler, et c'est un vrai plaisir que d'apercevoir l'aile avant gauche à travers le pare-brise. On est assis si bas. Le sentiment de liberté augmente encore avec l'ouverture de la capote électrique, qui ne provoque pas de gros remous d'air. Etre mieux serait sans doute insoutenable, mais c'est possible : en enlevant les traverses de capote qui se rangent à l'avant. Elle n'est pas belle la vie ?
BUDGET. Surtout, ne pas se fier au tarif pour comparer les deux voitures. Car l'équipement de série de l'Opel supplante nettement celui de la Smart. Jugez vous-même : la Tigra Cosmo reçoit l'air conditionné, l'autoradio CD, les airbags latéraux, le régulateur de vitesse et les antibrouillards, autant d'éléments nécessitant des options sur le Roadster Smart. Et encore, je vous fais grâce des rétroviseurs électriques, dont on peut se passer dans la Smart. En revanche, celle-ci est équipée de série de l'ESP et de la boîte robotisée. Mais certains considéreront sans doute que ce n'est pas un vrai plus.



































