Né en 1983 aux Etats-Unis dans un style plus fourgonnette que monospace, le Chrysler Voyager connaît depuis une carrière internationale. En 1989, il débarque en Europe sur un terrain vierge de concurrents hormis le Renault Espace. La concurrence réplique en force, en 1994 et 1995, avec l'apparition des Peugeot 806, Citroën Evasion, Volkswagen Sharan et autres Ford Galaxy (voir graphique).
Pour rester dans la course, Chrysler lance la deuxième génération dès le début de 1996. Son style plus fluide gomme l'aspect utilitaire de la première série. Le Voyager II propose aussi une partie dynamique plus équilibrée et rassurante. Sans atteindre le niveau des meilleurs concurrents, l'agrément routier du Voyager II est toutefois largement suffisant en regard de sa vocation. L'habitacle est l'autre gagnant du passage à la deuxième génération. Vaste et modulable, il multiplie les aspects pratiques, comme, par exemple, l'apparition d'une seconde porte latérale coulissante. En dépit de ces efforts, le Voyager II a subi les assauts de ses rivaux sur le marché du neuf. Il conserve néanmoins une image forte sur son secteur. Un atout important sur le marché de l'occasion. Reste que, si l'acheteur d'un monospace d'occasion se dirige naturellement vers le Voyager, il doit rester vigilant pour ne pas faire fausse route vers une version peu fiable ou coûteuse à entretenir.
- Gamme. Long de 4,73 m, le Voyager II est disponible au départ en trois niveaux de finition avec deux moteurs à essence et un Diesel turbo (lire encadré). Comme pour la première génération, le Voyager II existe en version longue. Baptisé Grand Voyager, cette version est allongée de 33 cm, grâce à un empattement plus long et à un porte-à-faux arrière plus important. D'un gabarit de 5,07 m, ce Grand Voyager est taillé pour les voyages au long cours avec armes et bagages. Et le chargement est justement son point fort, puisque, en configuration à sept places, il offre encore 670 l d'espace pour les bagages.
A noter que la gamme a bénéficié, en octobre 1997, d'une vague d'améliorations techniques. L'insonorisation a été renforcée sur les 2.5 TD et 2.4 à essence. Un système audio plus performant a pris place à bord, de même qu'une nouvelle climatisation sur le 2.5 TD.
- équipement. En trois ans et demi de présence en France, le Voyager II a revu son équipement à la hausse à trois reprises : en octobre 1996, en octobre 1997 et en novembre 1998 (lire « L'évolution de la gamme »). De cet enrichissement permanent, il faut retenir que l'équipement est particulièrement complet depuis octobre 1997. A cette date, dès l'entrée de gamme, la finition SE, les Voyager II sont dotés en série de deux airbags, de la climatisation, de la peinture métallisée et des commandes électriques.
Pour les familles nombreuses, la série limitée « Xe anniversaire », apparue en février 1998 se révèle particulièrement adaptée. Par exemple, sur la base SE, elle offre la configuration à sept places et les utiles barres de toit.
- intérieur. Vaste et lumineux, l'habitacle du Voyager permet aux passagers d'être à leur aise. Le conducteur appréciera la position de conduite « droite » et la bonne visibilité. Quant à ses hôtes, ils profiteront de sièges plus généreux et confortables que dans les autres monospaces.
En configuration à cinq places, l'accès à bord est d'une grande facilité : à l'avant, l'angle d'ouverture des portes est important, et, à l'arrière, les portes coulissantes offrent une voie royale vers les places des passagers. Fatalement, il est plus acrobatique de se glisser sur la banquette arrière du véhicule quand celui-là est en configuration à sept places, mais l'agilité des enfants rend cet exercice anodin.
La conception intérieure du Voyager autorise différentes combinaisons d'aménagement des sièges. Cette modularité est pratique au moment d'emporter des objets encombrants, mais le poids excessif des sièges transforme l'aménagement en une véritable opération de manutention. Par exemple, déposer la lourde banquette arrière ne peut se faire qu'à deux.
Le Voyager multiplie les espaces de rangement : sous le siège du passager, au bas de la console centrale, sous les vitres de custode. Mais l'absence de bacs dans les portières avant reste un oubli fort gênant, car ce sont les plus pratiques à utiliser au quotidien.
- moteurs. Inutile de s'attarder sur les motorisations à essence, leur diffusion a été marginale et, donc, leur disponibilité en occasion est faible. Par exemple, le moteur de 2 l et 133 ch apparu en octobre 1996 n'a été vendu qu'à une cinquantaine d'exemplaires avant d'être retiré de la gamme. Quant aux V6 de 3,3 l et de 3,8 l sur la transmission intégrale, leur coût d'utilisation est élevé, en raison d'une fiscalité et d'une consommation dissuasives. Il n'y a guère que le moteur de 2,4 l et de 151 ch qui est accessible sans trop de difficulté en occasion. Mais il faudra le choisir accouplé à la boîte automatique, tant la version manuelle est handicapée par l'étagement exagérément long de ses rapports de vitesse.
Le Diesel turbo est donc la motorisation reine sur le Voyager, comme pour l'ensemble des monospaces d'ailleurs. Sur le Chrysler, il s'agit du VM de 2,5 l et 115 ch. Ses caractéristiques se marient bien avec l'utilisation de ce véhicule. Sa souplesse permet d'adopter une conduite coulée pour le confort des passagers, et ses performances autorisent une bonne vitesse de croisière sur l'autoroute.
Bref, si il n'est pas le plus énergique de sa catégorie, le Voyager 2.5 TD n'a ien à envier à la majorité de ses rivaux. Sauf sur un point, celui de la fiabilité. En effet, des pannes chroniques ont empoisonné la vie des anciens Voyager diesel turbo, et elles n'ont pas épargné les premiers modèles de la seconde génération. L'avarie la plus répandue est la rupture inopinée de la chaîne de distribution, ce qui peut endommager fortement la culasse. Chrysler a remédié au problème en octobre 1997, date à laquelle les moteurs TD de 2,5 l ont reçu une nouvelle distribution par cascade de pignons.




















