Avec son format revu à la hausse en octobre 2003, la Suzuki Ignis est devenue conforme aux standards européens. Sa longueur de 3,77 m et ses motorisations, de 70 à 100 ch, lui assurent désormais une vocation familiale, capable d'affronter les longs trajets et d'appréhender l'autoroute en toute quiétude et sécurité. Pour sa version 4 x 4, Suzuki, ne disposant pas de transmission adaptée, a renoncé à un moteur Diesel et s'est tourné vers un 1,5 l à essence de 100 ch un peu plus puissant que la version de base (1,3 l et 93 ch). D'autre part, ce bloc offre un couple plus élevé (133 Nm au lieu de 118 Nm), au régime identique de 4 100 tr/min. Mais cela reste un peu juste pour faire oublier un supplément de poids de 60 kg et un tarif en progression de 1 500 €.
Si la vitesse de pointe et les accélérations sont convaincantes, les reprises sont, en revanche, plus laborieuses, d'autant que l'étagement des rapports de la boîte de vitesses ne facilite pas le travail sur route et hors route. En effet, l'Ignis manque de couple à bas régime et souffre de rapports supérieurs trop longs pour donner entière satisfaction.
Dommage, car la transmission intégrale permanente avec viscocoupleur convient très bien à ce genre de voitures à qui l'on demande une bonne motricité sur le sol mouillé et sur la neige, voire quelques aptitudes dans les chemins ou pour tirer une remorque. La Suzuki Ignis s'acquitte de ces missions au mieux de ses moyens, nonobstant les réserves émises plus haut.
Côté confort, il faut composer avec des suspensions raides et des sièges médiocres. En revanche, en vitesse de croisière, le niveau sonore reste très mesuré (bénéfice des rapports longs), et il faut flirter avec les hauts régimes pour être incommodé par le bruit du moteur. Sur route, l'Ignis présente une bonne tenue de cap, et la transmission intégrale apporte un surcroît de stabilité sur les mauvais revêtements. Bien chaussée, la voiture s'inscrit sans bavure dans les courbes, reste précise dans les changements d'appui et finit en sous-virage si on la pousse aux limites de l'adhérence. Avant d'en arriver là, on aura bien souvent levé le pied, impressionné par le roulis et l'appréhension de « faire un béret », sachant que le centre de gravité est haut placé !
En dehors de la route, l'Ignis 4 x 4 est capable de sortir de bien des mauvais pas (boueux, rocailleux, neigeux, sablonneux...) grâce à sa motricité sans faille et à sa garde au sol de 17 cm. Toutefois, cette valeur et l'absence d'une gamme de vitesses courtes ne permettent pas d'envisager un usage en tout terrain traditionnel, à l'égal d'un véhicule spécialisé. Sur route ou en dehors, l'Ignis présente une grande maniabilité grâce à son diamètre de braquage réduit.
Hormis les banquettes « en bois », l'Ignis 4 x 4 est plutôt accueillante et agréable à vivre. La place n'y est pas comptée, y compris à l'arrière et en garde au toit. Même si les plastiques ne donnent pas une impression luxueuse, l'aspect des matériaux est convenable, et l'habitacle recèle de nombreuses possibilités de rangement. Accessible sans la clé, le coffre n'est pas géant (80 l) et son seuil de chargement est placé très haut. En revanche, il hérite d'un cache-bagages et d'une vraie roue de secours. Quant à l'équipement général, il est tout à fait satisfaisant, la seule grosse lacune à signaler concernant le régulateur de vitesse.
Assortie d'une garantie assistance de trois ans (ou 100 000 km), la Suzuki Ignis se révèle une petite voiture abordable, maniable et habitable qui sort des sentiers battus avec une transmission intégrale inédite dans cette catégorie.
























