Le Vitara possède déjà une belle carrière de 4 x 4 grand public derrière lui. Commercialisé en 1989, confirmé dans son rôle de véhicule de proximité et d'évasion avec l'apparition de versions diesels en 1996, il reste un pilier du catalogue Suzuki. Un engin chevronné, endurci, que l'on connaît bien pour son esprit d'indépendance et son sens du compromis.
La simplicité a toujours été le point fort du Vitara. Il a ainsi hérité de plusieurs cylindrées, allant même jusqu'à tâter du V6 à essence, sans toutefois se prendre pour l'un de ces aristocrates de la transmission à quatre roues motrices. Ses prétentions commerciales et techniques sont modestes par rapport aux nouveaux modèles qui rivalisent de puissance et de charme, mais se trouvent bien embarrassés face aux élémentaires difficultés d'une zone de trial. Si le petit Suzuki est plus discret, moins arrogant, il est toutefois têtu, rusé et capable de se noyer dans la circulation urbaine ou d'affronter les pièges d'un relief sauvage.
On ne peut pas dire non plus que le Vitara étouffe d'orgueil dans le domaine des prix. Depuis le lancement des versions HDi - animées par des mécaniques d'origine Peugeot -, un évident souci de popularité l'emporte sur les excès tarifaires. A l'achat, le Vitara cloue le bec à la concurrence, qu'elle se nomme Freelander, RAV 4, RX4, CR-V ou Santa Fe. Il n'admet en fait pour seul rival direct que le Renault Kangoo 4 x 4.
Et comme pour mieux prouver que le véritable raffinement du Vitara est celui de la familiarité et du bon sens, Suzuki abaisse encore le prix plancher de son modèle HDi à trois portes tôlé, baptisé pour la circonstance JX. Pour cela, le constructeur a eu recours à la recette du dépouillement. Un subterfuge somme toute admissible vu l'apparence déjà relativement sobre, désuète et sans débauche d'équipements des versions JLX diffusées jusque-là.
Si le Vitara JX n'y perd ni son latin ni sa personnalité, il délaisse les jantes en aluminium, les boucliers peints, le verrouillage centralisé et les assistances électriques des vitres latérales et des rétroviseurs extérieurs. Il est en revanche plus étonnant de voir disparaître les protections de bas de caisse sur un véhicule qui a pour vocation de mettre le tout-terrain à la portée de tous. Mais, à 15 500 €, le sacrifice n'est en vérité pas trop douloureux.
Le Vitara JX ira donc très vraisemblablement battre les chemins de campagne et de montagne en épargnant à ses propriétaires l'angoisse de ruiner un investissement au moindre faux pas. Au demeurant, la nature même de l'engin n'est pas celle des audaces techniques ou de la fonctionnalité à tous crins. Un intérieur étroit, donné pour quatre places, ne peut ainsi revendiquer une charge utile de camion.
Les humeurs des suspensions et du châssis, parfois capricieux - tout comme la commande de boîte -, s'accorderont généralement avec les ressources d'une mécanique plus endurante que vigoureuse, dont les capacités sont en léger retrait, suite au changement du module d'injection. Econome jusqu'au bout, le Vitara JX offre une autonomie correcte malgré un réservoir de 42 litres. Fidèle à sa réputation, le véhicule conserve en outre une bonne maniabilité qu'il sera possible de mettre à profit sur des itinéraires touristiques et sinueux. Au reste, le tempérament un peu bohème de cette version débonnaire réclame une indulgence compréhensive en termes d'insonorisation et de vibrations.
L'ancienneté de la conception du Suzuki Vitara JX est en réalité au diapason de son prix d'ami : abordable, au sens propre comme au sens figuré.


















