L'art sans la manière. Écologique à souhait, la Prius monopolise les ventes d'hybrides. Avec 5 000 modèles écoulés en 2006, sur un marché limité à 6 500 véhicules, elle s'arroge les trois-quarts des transactions. Coup de coeur de la planète, une Prius n'est pas un achat d'esthète. Plutôt banale, sa ligne n'est pas en phase avec l'avancée technologique qu'elle représente. Le concept Hybrid X, présenté début mars à Genève, comble ce déficit d'image.
Audacieux, ce concept, dessiné en France, près de Nice (06), mise sur un design affirmé. Le vaste pare-brise englobe les optiques avant et lui confère un faciès hors du commun. Cette vaste surface vitrée se prolonge par un pavillon transparent, qui descend jusqu'au bas du hayon. Ainsi, à quelques détails près (portes à ouverture antagoniste et habitacle conçu autour de quatre sièges indépendants) qui n'aboutiront pas sur le véhicule de série, la ligne spectaculaire du concept Hybrid X préfigure celle de la troisième génération de Prius. En revanche, la partie technique reste un mystère, le constructeur n'ayant fourni aucune donnée.
Taille constante
Afin d'offrir un bilan énergétique toujours aussi satisfaisant, la future Prius devra contenir son poids et ses dimensions. Long de 4,5 m et reposant sur un empattement de 2,8 m, (contre 4,45 et 2,7 pour la version actuelle), l'Hybrid X modère sa prise d'embonpoint. Au final, sa silhouette monolithique l'oriente davantage vers les loisirs et la polyvalence. Et la rapproche - la vocation 4 x 4 en moins - de son cousin, le Lexus RX 400h, qui est le plus vendu des hybrides de loisirs. Mais cette troisième génération demeurera une berline conçue autour de la technologie de l'hybride, alors que le RX400h est également disponible avec des motorisations classiques.
Français à la traîne ?
Évidemment, l'Hybrid X est avant tout un objet de communication. Toyota renforce son image de constructeur écolo alors que, finalement, la Citroën C4 1.6 HDi à filtre à particules rejette à peine plus de 110 g de CO2 au km contre 104 à la coûteuse technologie de la Prius actuelle. L'hégémonie du constructeur japonais ne saurait masquer les initiatives de nos constructeurs nationaux. Chez PSA Peugeot-Citroën, l'hybride se conjuguera d'ici à deux ans au diesel : une solution encore plus pertinente (économie à l'usage, filtre à particules) que l'essence, adoptée par Toyota.
Pourtant, le groupe français a dévoilé cette technologie à bord de la Citroën C4 et de la Peugeot 307 CC, négligeant ainsi l'impact qu'une nouvelle carrosserie aurait pu avoir. Il est regrettable qu'après avoir abandonné à Toyota le terrain de la technologie de l'hybridation, nos représentants lui laissent grandes ouvertes les portes de l'audace esthétique. À quand une Citroën ou une Peugeot hybride diesel en tenue de rêve ? Ce n'est pas parce que les motorisations mutent que le rêve automobile s'estompe !














