Le secteur des loisirs a le vent en poupe, le diesel aussi. Et, si l'on conjugue les deux, le constat est sans appel. Sur 36 330 tout-terrain vendus durant les six premiers mois de 2001, 67 % s'abreuvaient de gazole. Une part de marché qui grimpe même jusqu'à 97,5 % si l'on ne prend en compte que les 4 x 4 dits lourds. Le roi de la catégorie, le Renault Scénic RX4, profite de cette frénésie. Sur 3 800 unités vendues, 3 130 l'ont été en dCi, et seulement 670 en version à essence.
Donc sans diesel, point de salut. Sauf, peut-être, pour le Toyota RAV4. Pionnier dans cette catégorie, et ancien leader, il est l'exception qui confirme la règle. Ne comptant que sur une unique motorisation à essence, il a tout de même trouvé, sur cette même période, 2 658 acquéreurs qui lui permettent d'accéder à la troisième place de sa catégorie, derrière le Scénic RX4 et le Freelander. Le renfort d'une motorisation D4-D devrait donc très logiquement lui donner des ailes, et pourquoi pas prendre le pas sur ses deux concurrents directs. A moins qu'un quatrième larron ne vienne troubler ce trio de tête. Le récent Nissan X-Trail fait en effet des débuts prometteurs. Après
seulement deux semaines de commercialisation, le cap des 1 000 unités vendues a été dépassé. Le petit frère des Patrol GR et Terrano II enthousiasme les foules et s'annonce d'ores et déjà comme un adversaire redoutable.
Mécanique
Toyota est assurément le constructeur japonais montrant le plus d'intérêt pour le développement du diesel. Prenant à coeur sa politique d'intégration européenne, il inonde sa gamme de D4-D. Avant la présentation, d'ici à quelques semaines, de la petite Yaris ainsi motorisée, c'est donc
au tour du RAV4 de s'alimenter au gazole. Il hérite du D4-D de 2 l de cylindrée, déjà présent sur d'autres modèles de la gamme, dans une définition inédite. Turbocompresseur à géométrie variable, intercooler, seize soupapes, rampe commune d'injection : le RAV4 embarque un moteur moderne de 116 ch, délivrant un couple constant de 250 Nm de 1 800 à 3 000 tr/min. Cette mécanique s'adapte parfaitement au gabarit de ce tout-chemin. Certes, les performances sont en retrait par rapport à la version à essence de 150 chevaux, mais le Diesel apporte un coût d'utilisation bien plus avantageux et, surtout, un agrément
de conduite appréciable. Volontaire à bas régime, le Rav4 D4-D est un adepte de la conduite coulée. Les relances et les évolutions à basse vitesse, c'est son domaine.
Le Nissan n'a pas le même visage. Malgré un couple plus élevé, dû à sa cylindrée supérieure, il fait preuve d'une souplesse moindre. Il ne faut pas lui demander de reprendre efficacement en dessous de 2 000 tr/min. Passé ce régime, le 2.2 VDi reprend du poil de la bête avec une montée en régime énergique mais linéaire. Loin d'être « accessoire », la boîte de vitesses à six rapports permet de combler en partie ce manque d'inertie à bas régime. Le Nissan s'offre ainsi des accélérations très satisfaisantes, les meilleures reprises de nos véhicules d'essai, et il culmine tout de même à 165 km/h en vitesse de pointe.
Comptant sur un moteur, lui aussi, de pointe, le Freelander suit un tout autre rythme. Sous l'appellation Td4 se cache en fait le 2.0d d'origine BMW mais dégonflé, pour la circonstance, de 18 ch. Soit 112 ch pour animer la tonne et demie du Land Rover. Un poids pourtant comparable aux deux autres, mais qui n'arrive pas à évoluer avec le même dynamisme. Les accélérations sont moins vives, la vitesse de pointe est un peu moins élevée. Le Freelander aime à naviguer en douceur, laissant ainsi aux occupants le soin de profiter du silence de fonctionnement de son quatre-cylindres Diesel.
Côté consommation, tous s'entendent à être le moins gourmand possible. L'accession à la rampe commune d'injection permet aux 4 x 4 légers de proposer une relative sobriété. On consomme toujours plus qu'une berline à motorisation équivalente, mais l'écart devient enfin acceptable.
Châssis
L'évolution des 4 x 4 suit son cours. Cherchant à proposer des aptitudes de berline, sur le bitume, tout en gardant un maximum d'efficacité, sur les chemins, le X-Trail semble s'approcher de la perfection. Sous un gabarit de gros break haut perché, il dispose d'un schéma de suspension étonnant. Faible prise de roulis, mouvements de caisse contenus, direction précise et directe, le Nissan se comporte comme une bonne familiale. Le confort de suspension est optimal, la filtration des défauts de la route est parfaite. Un comportement routier sain, équilibré et sécurisant grâce à sa transmission évoluée proposant trois modes de conduite : 2WD, Auto et Lock.
Réagissant en temps normal comme une classique traction, le X-Trail devient un quatre-roues motrices intelligent gérant automatiquement le transfert de la puissance aux roues arrière en cas de perte d'adhérence du train directeur. En position Lock, le différentiel central se bloque et entraîne simultanément les quatre roues. Ainsi paré, le Nissan est prêt à affronter sans inquiétude les chemins les plus cahoteux, et envisage même quelques franchissements laborieux. La suspension démontre qu'il est possible d'offrir un confort de bonne qualité en toute circonstance, le X-Trail est d'une rare homogénéité.
Le RAV 4 a été le premier à surfer sur la vague du loisir, à laisser de côté les prétentions purement tout-terrain au profit de plus de confort sur la route. Il reste cependant moins abouti que le tout récent Nissan. Certes, son homogénéité est
remarquable, mais, sur certains points, il ne propose pas encore le confort d'une berline. Ses suspensions laissent plus de latitude aux mouvements de caisse et elles réagissent plus sèchement sur les irrégularités. Le RAV 4 se dandine plus sur la route et, finalement, garde une certaine personnalité liée à sa ligne. Plus typé 4 x 4 que break, il permet de rouler vraiment différemment dans un confort tout à fait acceptable. Avec sa direction légère, directe et précise, son empattement assez court, il se donne des airs de petit tout-terrain sportif très ludique. Sa transmission intégrale permanente permet de l'exploiter sans retenue, le conducteur n'ayant pas à intervenir sur le mode de propulsion. Un avantage sur route, mais un inconvénient en évolutions 4 x 4. Pas de blocage central en vue : le Toyota ne pourra pas envisager les mêmes escapades que le Nissan.
Le Freelander non plus, puisqu'il fait appel à une transmission similaire à celle du RAV 4. Un peu moins performante même. Le temps de réaction du viscocoupleur est
plus important, le Freelander part dans un sous-virage très prononcé avant de reprendre le cap. Il faut dire que le Land Rover n'a pas du tout les mêmes prétentions. C'est le plus typé 4 x 4 des trois, à l'image de son réducteur sur le premier rapport qui permet de contenir la vitesse en descente. Son schéma de suspension ne donne pas la priorité à la conduite sur route. Le confort est à l'image des 4 x 4 d'antan. La précision de conduite n'est pas son fort, la caisse tangue au gré des bosses, la direction est caoutchouteuse et manque de précision. Si bien que finalement, le Freelander est plus à l'aise, ou moins mal à l'aise, hors bitume.
Vie à bord
Non content d'être le plus confortable, le X-Trail est aussi le plus spacieux. Profitant d'une longueur supérieure à ses concurrents, il propose aux passagers arrière une habitabilité exceptionnelle. Largeur aux coudes, espace aux genoux, on a l'impression d'être dans une limousine. La banquette est moelleuse et les dossiers sont réglables en inclinaison. De quoi rendre jaloux le passager avant qui a droit à un siège à l'assise trop incliné vers l'avant pour être vraiment confortable. Le conducteur ne subit pas un tel désagrément, l'inclinaison de l'assise est réglable, tout comme le volant. La position de conduite est confortable, et l'ergonomie sans faille. Le positionnement central du tableau de bord permet, comme sur le Fiat Multipla, de dégager deux petites boîtes à gants de chaque côté. Les espaces de rangement sont donc nombreux, renforçant l'aspect familial du X-Trail. Et, pour ceux qui trouveraient la capacité du coffre trop limitée, qu'ils sachent que c'est pour leur confort : la roue de secours est dans le coffre, pas sur le coffre, le Nissan a un hayon, pas une lourde porte.
Conscient d'une habitabilité moindre, le RAV4 a joué la carte de la modularité. Les dossiers de la banquette se règlent également en inclinaison, et les deux assises (1/3 2/3) sont sur des rails. Il est donc possible de faire varier à loisir l'espace arrière et le volume du coffre. Mais même banquette repoussée au maximum, l'espace laissé aux genoux est tout juste satisfaisant. A l'avant, le RAV4 est plus accueillant. Petit volant à trois branches, console centrale sertie de faux aluminium, sièges bien enveloppants : l'habitacle est traité de manière plus « sport ». La finition est soignée, mais les plastiques sont trop présents.
Le Freelander doit, lui aussi, se contenter d'un habitacle moins spacieux et trop « plastifié ». Le dessin de la planche de bord dégage un grand nombre de vide- poches peu pratiques. La position de conduite est trop haute pour être vraiment confortable. La tête frôle le toit, les bras sont loin des commandes situées sur la console centrale. A l'arrière, la banquette n'est pas aussi modulable et, surtout, elle est trop plate pour maintenir convenablement les passagers. Le vrai point fort du Freelander est sa capacité de chargement, et sa porte de coffre intégrant une vitre électrique.
Equipements
Pour ce qui est de l'équipement, la tendance est à la surenchère. C'est donc logiquement le plus récent qui en offre le plus. Le Nissan, disponible en une seule finition Luxe, fait le plein. Quatre airbags, le tout électrique, toit ouvrant, climatisation automatique, barres de toit, condamnation centralisée, jantes en alliage, radiocassette, chargeur de CD, condamnation centralisée, garantie trois ans : il ne lui manque que la sellerie en cuir et la peinture métallisée, proposées en option. Moins cher de quelque 5 000 F, le Toyota RAV4 ne peut pas s'aligner. Pas d'airbags latéraux, pas de climatisation à réglage automatique, un simple lecteur de CD et pas de toit ouvrant. Le plus cher de tous, le Freelander, ne fait pas mieux que le Toyota. Il échange simplement le lecteur de CD contre un toit ouvrant entrebâillant. C'est bien peu.
Bilan
Il était temps que le RAV4 s'arme d'une motorisation Diesel. Le Nissan X-Trail a les dents longues, la concurrence s'organise. Et, si le Renault Scénic RX4 semble encore intouchable, commercialement parlant, il n'en est pas de même du Land Rover Freelander. Avec son look de baroudeur et ses aptitudes trop typées, il ne semble plus coller à la vogue des 4 x 4 de loisirs, dont le modèle est assurément le X-Trail. Confort de berline dans des habits d'école buissonnière, le Nissan fait un pas de plus dans l'évolution au sein de ce segment. Le RAV4, lui, est encore un stade en dessous. Son confort de conduite est à rapprocher de celui d'une berline, mais il garde un soupçon, pas désagréable, de 4 x 4.
Alors un peu, beaucoup ou pas du tout 4 x 4 ? Vous n'avez jamais eu autant le choix !
Un projet à concrétiser ? |
COMPAREZ les tarifs de 54 assureurs |









Tous les services LAND-ROVER Freelander







Articles les plus partagés