D'envahisseurs redoutés, les constructeurs japonais vont-ils devenir des sauveurs de l'emploi ? C'est un peu ainsi qu'est considéré le premier d'entre eux, Toyota, au moins dans le nord de la France, depuis l'annonce de la construction d'une unité de production à Onnaing. La marque est ainsi devenue plus sympathique au consommateur français. Le produit qui sortira de cette usine, en 2001, devrait conforter cette situation. En attendant, la Yaris, proposée sur notre marché à partir du début d'avril, sera importée du Japon. Nous avons pris le volant d'une version presque définitive.
Cette Toyota européenne ambitionne de se mêler au concert des petites voitures polyvalentes. Pour ce faire, elle affiche un gabarit légèrement inférieur à celui d'une Peugeot 206 ou d'une Renault Clio : 3,61 m de long contre, respectivement, 3,84 m et 3,77 m. En revanche, elle est aussi large (1,66 m, contre 1,65 m et 1,64 m) et plus haute (1,5 m, contre 1,43 m et 1,42 m). Cela lui permet d'offrir une silhouette râblée rassurante et une habitabilité très satisfaisante.
La hauteur importante de la voiture a permis d'augmenter celle de l'assise de siège par rapport au plancher. Outre un accès à bord grandement facilité, cette disposition procure une position de conduite assez élevée et une posture verticale propice au confort. La garde au toit reste généreuse, procurant une agréable sensation d'espace.
Une fois le volume déterminé, restait à l'aménager. Comme celle de la Twingo, la banquette arrière est coulissante. Une astuce qui permet de privilégier, au choix, le volume du coffre ou l'espace pour les jambes à l'arrière. En revanche, ce sont les constructeurs européens qui pourront s'inspirer de l'aménagement de la planche de bord. En dépit de la présence d'un airbag pour le passager, elle recèle deux boîtes à gants fermées, deux larges espaces de chaque côté du bloc de chauffage, un vide-poches sous le volant, deux porte-cannettes en avant du levier de vitesse, un emplacement à côté du frein à main capable d'accueillir un téléphone, et encore un petit volume sous l'autoradio. Les portières sont munies de bacs respectables, et un tiroir de rangement est dissimulé sous le siège du passager avant. Un record !
L'instrumentation est disposée en position centrale sur le haut de la planche de bord, mais orientée vers le conducteur. Il s'agit d'un afficheur numérique tridimensionnel très agréable, exception faite du compte-tours, peu lisible.
La Yaris utilise un tout nouveau moteur à quatre cylindres de 1 litre à seize soupapes, deux arbres à cames en tête et avec distribution variable. Il développe 50 kW (68 ch). Soit 8 ch de plus que le Peugeot de 1,1 l, et 10 ch de plus que le Renault de 1,2 l. Installé dans une voiture légère (820 kg) et bien profilée (Cx : 0,3), il procure des performances satisfaisantes pour une consommation réduite. Tout juste peut-on lui reprocher un certain manque de « coffre » lors des reprises à bas régime. Les très classiques moteurs français, avec seulement huit soupapes et de cylindrée supérieure, se montrent alors plus vigoureux. Il faudra plus souvent jouer de la boîte avec la Toyota. Mais, loin d'être une punition, cette manoeuvre se révèle un plaisir délicat. La commande à très faible course présente une douceur et une précision jamais rencontrées sur une voiture de série, surtout à ce niveau de gamme.
Les mêmes qualificatifs, douce et précise, conviennent à la direction, au moins quand elle est assistée, et, par extension, au comportement routier. Tout en préservant un confort de bon aloi, les suspensions démontrent une grande rigueur de guidage. Bien que ce soit en dehors de ses prétentions, la Yaris se prête volontiers à la conduite sportive. Sa maniabilité est au moins équivalente à celle de la 206, et sa sérénité n'a pas grand-chose à envier à celle de la Clio.
Au lancement, la Yaris sera disponible en trois ou en cinq portes, et en deux niveaux de finition, Linea Terra ou Linea Sol. Ultérieurement, un embrayage piloté sera disponible en option, en attendant une vraie boîte automatique qui sera associée à un moteur de 1 300 cm3. Le premier prix devrait se situer aux environs de 60 000 F, avec une radio et avec des vitres avant à commandes électriques. Soit 4 000 F de moins que les modèles de base proposés par Peugeot et par Renault. Toyota ne va pas se faire que des amis !




























































