A moins de 120 000 F, les 4 x 4 de pure race sont relativement rares. Quelques-uns abandonnent leurs prétentions utilitaires pour un profil touristique, et, d'une manière générale, les motorisations Diesel se limitent à des cylindrées inférieures ou égales à deux litres.
Dans cette catégorie, Hyundai joue pour ainsi dire cavalier seul. Le Galloper GL reprend, à peu de choses près, les caractéristiques des Mitsubishi Pajero de la fin des années 80. Il occupe un créneau commercial qui, sans lui, serait resté vide. C'est un véhicule économique, construit selon des critères éprouvés, susceptible de tracter, assez puissant pour courir les routes, et parfaitement crédible dans le rôle de tout terrain de randonnée. Dans ces conditions, les adversaires du Galloper GL se comptent sur les doigts d'une seule main.
La formule implique nécessairement quelques sacrifices. Le constructeur fait, par exemple, l'impasse sur l'échangeur d'air qui accompagne aujourd'hui tous les Diesel étoffés. Ce choix donne malgré tout de bons résultats sur une carrosserie à trois portes naturellement plus légère que la version longue. De facto, il faut faire son deuil d'un volume utile important ou d'une capacité d'accueil familiale. L'aspect pratique du Galloper à trois portes dépend avant tout de sa garde au toit, de son poids total roulant et d'une charge utile très avantageuse. Malgré certaines lacunes, le niveau d'équipement - unique dans une gamme qui, par ailleurs, ne comprend que des finitions GLS - reste acceptable. L'ABS et les sacs gonflables figurent parmi les grands absents, mais les vitres avant électriques et la condamnation centralisée des ouvrants montrent le bon rapport entre l'aménagement et le prix d'appel de cette version. Cela étant, les jantes en alliage apparaissent comme un luxe superflu, auquel on aurait pu préférer une réfrigération simple ou une radio.
Quoi qu'il en soit, l'engin n'est pas trop candide dans sa simplicité. La finition intérieure est satisfaisante, la présentation en vaut bien d'autres, et l'habitacle bénéficie d'une surface vitrée généreuse. L'ambiance intérieure est propice à une utilisation intensive, et la banquette arrière fractionnable est rationnelle en regard des dimensions réduites du coffre en configuration normale. En résumé, la vie à bord supporte, toutes proportions gardées, la comparaison avec des 4 x 4 beaucoup plus onéreux.
Sympathique au premier abord, le Galloper GL mérite l'attention pour d'autres raisons. Son profil de « franchisseur » civilisé ne lui interdit pas les expéditions citadines, ni le stationnement à ciel ouvert ou en sous-sol.
Loin d'être lymphatique, son tempérament permet de rouler à bon rythme. Il est évidemment moins performant que la plupart des châssis courts dopés par une suralimentation interrefroidie, mais, à titre de comparaison, il est plus souple et plus nerveux qu'un Galloper GLS à cinq portes. Les ressources du moteur acceptent une conduite coulée lorsque la circulation s'y prête, et un style plus rapide sur route sinueuse qui, faute d'un rendement énergétique de premier ordre, se ressent fatalement sur la consommation.
Compte tenu du prix d'achat, la raison devrait l'emporter sur la fougue. D'ailleurs, le Galloper GL donne le meilleur de lui-même aux vitesses de croisière, aux régimes intermédiaires où il reste silencieux et confortable. Il vrai que l'insonorisation est assez satisfaisante, et que la suspension, mixte par barres de torsion à l'avant et ressorts hélicoïdaux à l'arrière, ne s'accommode pas si mal des chaussées bosselées et déformées. Qu'il s'agisse du châssis, de son comportement, de la direction ou de la commande de boîte, l'engin est indiscutablement maniable. Il n'a rien perdu des qualités qui faisaient le charme des Pajero d'il y a dix ans.
Malgré une mécanique un peu poussiéreuse, Hyundai apporte la preuve qu'une conception ancienne peut rester crédible, et que la construction automobile n'est pas nécessairement une surenchère permanente.













