Après le moteur de 1,6 l, c'est au tour de la version de 2 litres de bénéficier d'une boîte automatique. Cette dernière permet à la Mégane de s'inscrire dans un créneau très étroit (celui des compactes automatiques), mais constitué de fidèles. Car ceux qui ont goûté à l'automatisme font rarement marche arrière.
Le moteur de 2 litres et la transmission automatique forment ici un ensemble idéal pour faciliter la conduite. Un couple d'amis sympa qui permet de flâner en toute décontraction, sans se soucier de l'accord pied gauche et main droite entre deux rapports.
A première vue, le levier de vitesse semble exagérément haut, mais il a l'avantage de bien tomber sous la main. Outre la grille classique (P, R, N et D), il suffit de le basculer vers la gauche pour profiter du verrouillage manuel des quatre rapports. On monte les vitesses en poussant, et l'on rétrograde en tirant. Le maniement est agréable, et le passage des rapports assez rapide, mais on revient vite au mode automatique, tant ce dernier propose un fonctionnement agréable. Cette boîte automatique DP0 (déjà vue sur les Clio et Laguna) du type Proactive décrypte en effet avec promptitude les volontés du conducteur. C'est fort agréable, et la douceur du passage des rapports apporte la touche d'agrément supplémentaire. Dans ce contexte, on regrette de ne pas disposer d'un cinquième rapport qui aurait permis de mieux exploiter les capacités du moteur. La consommation s'en serait mieux portée, et les relances auraient été plus vigoureuses.
Car, si ce couple d'amis est agréable à fréquenter, il est onéreux à l'entretien, et il manque de fougue. La consommation moyenne s'établit à 10 l aux 100 km sans forcer le rythme, et le 2 litres n'offre pas en retour d'inoubliables performances malgré ses 136 ch.
Accélérations et vitesse de pointe sont de bon aloi, mais les reprises manquent de répondant. Autre grief, ce bloc émet une sonorité peu engageante et il faut composer avec des résonances désagréables aux environs de 130 km/h.
Pour le reste, les qualités de la Mégane restent intactes : qualité des liaisons au sol, confort de la suspension, freinage puissant et nombreux rangements. La qualité de la finition, sans être ébouriffante, ne prête pas le flanc à la critique. On reste simplement sur sa faim devant l'aspect de certains plastiques. On sera plus sévère envers le volume du coffre. Dommage pour les familles qui craqueraient pour le style de la Mégane, mais c'est justement ce dernier qui désavantage le coffre.
Enfin, la direction électrique à assistance variable demandera un temps d'adaptation, car elle engage trop de rappel à basse vitesse et ses variations de consistance sont trop perceptibles. Pour le conducteur lambda qui se soucie peu du train avant, tout rentrera vite dans l'ordre. En revanche, pour celui qui estime que l'agrément de conduite passe par un bon ressenti du travail des roues avant, la frustration sera de mise.
Bertrand BELLOIS

























































































































































































































































