En descendant de la Lupo GTi, on a vraiment le sentiment d'avoir conduit la plus plaisante de la gamme. Et pour cause, cette Lupo-là est une sportive qui fait oublier les principaux défauts de la petite Volkswagen. Alors, bien sûr, en voyant son prix, certains penseront que c'est la moindre des choses ! Il est vrai que, à 107 900 F, la Lupo GTi coûte 10 600 F de plus que la Sport 16V de 100 ch, et ne reste en retrait que de 2 000 F par rapport à la Polo GTi qui développe également 125 ch. Volkswagen ne fera donc certainement pas un « carton » en termes d'immatriculations.
La Lupo GTi devrait néanmoins donner satisfaction à ceux qui peuvent se la payer. Elle revalorise même l'image de la petite citadine. Car la Lupo GTi force la sympathie. Surtout en rouge, une couleur qui va bien aux petites GTi, mais qui se monnaye 690 F en option chez Volkswagen. Sinon, il faut se contenter du noir, la seule teinte proposée en série sur cette voiture.
Dans la rue, les sportifs ne manqueront pas de détourner le regard sur cette Lupo prête à bondir, tout comme les amateurs de tuning ainsi que les jeunes cadres dynamiques. La présentation est, en effet, très soignée et très branchée. La face avant arbore une calandre noire siglée GTi, entourée de petits projecteurs ronds à longue portée, et le bouclier redessiné comporte des prises d'air agrandies.
A l'arrière, on remarque la présence d'un becquet, peint en rouge, et d'une double sortie d'échappement centrale, chromée, du plus bel effet. Les jantes de quinze pouces sont naturellement en alliage, et la carrosserie est abaissée de 10 mm par rapport à la version Sport 16 V.
Ce que l'on voit moins, c'est les voies élargies - de 33 mm à l'avant, de 16 mm à l'arrière - et l'aluminium des portes, du capot et des arches de roue. Dérivé du moteur de 1 600 cm3 de 100 ch, le quatre-cylindres de la Lupo GTi développe 125 ch, comme sur la Polo GTi.
Il fait bonne impression dès les premiers tours de roue, et, pour être franc, dès les premiers coups d'accélérateur, mais pour une autre raison que sa disponibilité : son bruit, très agréable et qui donne envie d'en tirer la quintessence. Pour cela, il ne faut pas hésiter à le faire grimper en régime. Il aime ça, et c'est un vrai plaisir que de pousser les rapports jusqu'à 7 000 tr/min. Les accélérations sont très correctes, les vitesses passent avec douceur et précision, bref, on se croit vraiment au volant d'une GTi.
Les portions de routes sinueuses sont donc abordées avec envie au volant de cette petite puce, qui se montre très équilibrée et très accrocheuse. La motricité est bonne, et les réglages de châssis font que le comportement reste toujours très sain. Trop même pour l'amateur de conduite sportive qui ne retrouvera pas du tout le tempérament très vif d'une Saxo VTS 1.6 16 V, par exemple. ESP débranché, la voiture reste docile et facile à contrôler. Avec ce système de stabilité en fonction (il est monté de série), toute amorce de débordement est annihilée par une action sur les freins - parfois surprenante mais pas dangereuse - ou sur l'accélérateur : l'élan est alors coupé, ainsi que le plaisir.
Efficace, le freinage souffre toutefois d'une course à la pédale un peu longue qui nuit à la progressivité en ville, et d'une endurance moyenne. Quant au confort, il est conforme à ce que l'on peut attendre d'une sportive polyvalente. Il est ferme sans être dur, et ne gênera que ceux qui sont attirés exclusivement par l'aspect de la voiture et non par ses capacités. Reste la consommation, plus élevée de 0,4 l aux 100 km en moyenne que celle de la Lupo Sport 16 V, mais qui grimpe en utilisation sportive, et qui est de toute façon importante en ville. L'ennui, c'est que la capacité du réservoir est restée figée à 34 litres. L'autonomie en prend un coup.
Soigné, l'intérieur de la Lupo GTi comprend des sièges sport, un peu fermes au niveau du dossier. Ils sont tous deux réglables en hauteur, comme le volant. On peut donc trouver une bonne position de conduite, et s'installer très bas si on le désire. Une note sportive est aussi apportée par le cerclage chromé des cadrans et la couleur rouge des ceintures. Cette Lupo n'est donc pas triste, mais elle conserve son petit coffre et est dépourvue de roue de secours. A la place, on trouve un kit de gonflage et... la batterie. Très bien équipée, la Lupo GTi reçoit l'air conditionné, l'ABS et l'ESP, mais l'autoradio reste en option.
En définitive, cette GTi « propre sur elle » peut donner l'image d'une GTi de salon. En fait, elle suit simplement les tendances de son temps. Elle est sûre et rigoureuse, mais pas dénuée d'attrait. On la quitte avec regret.
















































