Bien que méconnu à l'intérieur de nos frontières, l'Isuzu Trooper y avait déjà fait une courte carrière sous les traits du très familial Opel Monterey. Esthétiquement rajeuni, il retrouve aujourd'hui les chemins de l'Hexagone, animé par un moteur Diesel turbo étoffé, qui tient tête à la concurrence. Dans la famille de 4 x 4 « orthodoxes », le Trooper dispose de bons atouts. Il paraît bien armé pour les exercices forestiers, les promenades exotiques et les travaux champêtres.
Conscient des forces en présence, Isuzu France aborde sa future clientèle avec un catalogue démultiplié qui trouve un bon équilibre entre les châssis courts et longs, ainsi qu'entre les versions « civiles » à cinq places et les versions utilitaires à deux places. La gamme débute sur une finition Aventure, destinée aux vrais amateurs de tout terrain qui, soucieux d'économie, sacrifieront volontiers les vitres électriques, le verrouillage centralisé et l'alarme. Mais ils regretteront sans doute le différentiel à glissement limité des versions supérieures. La finition Duty propose, elle, un équipement et un prix intermédiaires, donnant la priorité aux éléments de confort, mais laissant tout de même le privilège de l'ABS, des deux airbags et de la climatisation au Trooper Citation, de haut de gamme, dont le tarif flirte avec celui des autres 4 x 4 lourds.
D'une manière générale, le Trooper ne s'embarrasse pas de coquetterie. Sobre et pratique, la présentation met en relief les rangements, la fonctionnalité des commandes et de l'instrumentation. Les portes arrière asymétriques, un bon rapport entre le volume utile et l'encombrement hors tout, ainsi qu'un poids total roulant généreux prédisposent l'engin aux activités laborieuses. La capacité d'accueil est intéressante en dépit d'un accès discutable aux places arrière.
Les Trooper de la dernière génération héritent d'un quatre-cylindres Diesel turbo de 3 litres aux caractéristiques ambitieuses. En introduisant le common rail (rampe commune d'injection) dans la catégorie des 4 x 4 de franchissement et en prenant de court les autres marques, Isuzu entend bien faire respecter son titre de premier fabricant mondial de moteurs Diesel. Mais, contrairement aux très hautes pressions qui accompagnent par définition le principe d'alimentation à rampe commune, la mécanique du Trooper se contente d'une valeur tout à fait classique, de l'ordre de 600 bars. Ce moteur se distingue toutefois par un capital technique avancé qui fait appel à une injection électronique intégrale, à deux arbres d'équilibrage, à deux arbres à cames en tête et à une distribution multisoupapes.
Avec sa forte cylindrée unitaire, ce Diesel est, bien évidemment, comparable au 3.0 TD des Toyota Land Cruiser. Le Trooper l'emporte en vigueur, il domine très nettement en vitesse de pointe, mais, handicapé par son poids et par sa cinquième longue, il signe des accélérations et des reprises assez proches de celles de son compatriote nippon. La brutalité coutumière d'un moteur aussi généreux est néanmoins tempérée par son insonorisation, ainsi que par une mise au point indéniablement favorable à la souplesse d'utilisation et au rendement énergétique.
Le Trooper 3.0 TD recherche le compromis difficile entre les servitudes utilitaires et les agréments du tourisme iti-nérant. La suspension avant à roues indépendantes et les quatre freins à disques ventilés s'inscrivent dans le courant moderne des 4 x 4 complices du bitume, alors que la transmission 4 x 2 et 4 x 4 et les réactions parfois vives du châssis nous rappellent un peu les temps héroïques et l'esprit pur et dur des anciens Toyota KZJ-73. Quoi qu'il en soit, une telle nature attire encore les sympathies.












