L'arrivée de Volkswagen dans le poids lourd prend forme en haut lieu. Elle sera pilotée par Leif Östling, l'ancien PDG de Scania, et pourrait, un jour, intégrer l'américain Navistar.
La Chine et les véhicules commerciaux sont les deux axes du plan de développement de Volkswagen, appelé Stratégie 2018. Au niveau de l’état-major, le directoire du groupe, ces deux « pôles » ont dorénavant leurs hommes. Et le moins que l'on puisse dire c'est que Scania y est en force. C’est en effet le Suédois Leif Östling, 67 ans, PDG de Scania depuis 1994 (il le sera encore officiellement jusqu’au 31 août), qui pilotera la branche des véhicules utilitaires et industriels. Il remplacera Jochen Heizmann, qui fut le premier représentant de cette branche V.I./VU au directoire et qui, dorénavant, s’occupera de la Chine.
L’actuel patron du groupe Man, Georg Pachta-Reyhofen, prend aussi du galon, mais il s’éloigne du poids lourd. Il intègrera, à compter de septembre, le directoire de Volkswagen pour coordonner les activités moteurs industriels. Il abandonnera son poste de directeur général de la division camions et bus de Man, qu’il cumulait avec la présidence de Man SE, à Anders Nielsen, actuellement en charge de la production de… Scania. Enfin, Martin Lundstedt succédera à Leif Östling à la direction générale de la marque suédoise. Ce francophile de 45 ans, aujourd’hui à la tête des ventes du groupe, a dirigé l’usine d’Angers (49) de 2001 à 2005.
Man, la dixième marque
Dans la foulée de l’annonce de ce remaniement interne, Volkswagen a porté à 75 % sa participation dans Man. En avril, la firme était déjà montée à 71,08 % (contre 53,7 %) et avait augmenté sa part dans les droits de vote à 73 % (55,9 %). Peu importent les pourcentages, Man est officiellement une marque du groupe Volkswagen (la dixième au total et la deuxième en camions) depuis novembre 2011, une fois obtenu de Bruxelles, puis de Pékin (et oui…), le feu vert à ce rachat, entrepris il y a un an quand Volkswagen a lancé son offre sur Man et pour lequel la firme de Wolfsburg a payé 3,4 milliards d’euros afin de porter sa part du capital à 53,7 %, avec 55,9 % des droits de vote.
Avec lui se levait le dernier obstacle au dessein caressé dans les années 2000 par Ferdinand Piëch, le grand patron de Volkswagen : constituer une branche véhicules commerciaux associant Man et Scania (poids lourds, moteurs industriels, cars, bus) aux utilitaires légers de Volkswagen. Ce « VW Trucks », c’est immédiatement un numéro un européen et sud-américain sur le marché du camion et la troisième place dans les bus et les cars. C’est à l’avenir des économies d’échelle estimées à 200 millions d’euros par an, par l’effet des coopérations entre Scania et Man sur les achats et sur le développement produit.
Pas complémentaires
Sur ce plan, les deux constructeurs se marient parfaitement. Ils occupent les mêmes segments sur les mêmes marchés (Europe, Amérique Latine). Leur force vient du volume qu’ils pèsent, pas de leur complémentarité. Le potentiel de synergie semble ainsi plus important que celui des grandes alliances entre constructeurs de ces trente dernières années, Mercedes-Benz et Freightliner ou même Renault Trucks, Mack et Volvo Trucks.
Les deux grands grands groupes concurrents, Volvo AB et Daimler Trucks, ont, au contraire de Volkswagen, un pied en Amérique du Nord, avec Volvo Trucks North America et Mack pour le suédois et Freightliner et Western Star pour l'allemand. Navistar (marque International), un grand constructeur et motoriste américain resté seul à l'issue de la grande phase de consolidation de ces trente dernières années, a tout du complément idéal, surtout que Man et lui ont entamé une coopération sur des gros moteurs diesels il y a six ans. Selon la version allemande du Financial Times, Volkswagen songerait à entrer dans son capital. Navistar a vu son cours en Bourse chuter de moitié en quatre mois et sort de deux trimestres déficitaires. Volkswagen a qualifié de spéculation ces informations.
L’actuel patron du groupe Man, Georg Pachta-Reyhofen, prend aussi du galon, mais il s’éloigne du poids lourd. Il intègrera, à compter de septembre, le directoire de Volkswagen pour coordonner les activités moteurs industriels. Il abandonnera son poste de directeur général de la division camions et bus de Man, qu’il cumulait avec la présidence de Man SE, à Anders Nielsen, actuellement en charge de la production de… Scania. Enfin, Martin Lundstedt succédera à Leif Östling à la direction générale de la marque suédoise. Ce francophile de 45 ans, aujourd’hui à la tête des ventes du groupe, a dirigé l’usine d’Angers (49) de 2001 à 2005.
Man, la dixième marque
Dans la foulée de l’annonce de ce remaniement interne, Volkswagen a porté à 75 % sa participation dans Man. En avril, la firme était déjà montée à 71,08 % (contre 53,7 %) et avait augmenté sa part dans les droits de vote à 73 % (55,9 %). Peu importent les pourcentages, Man est officiellement une marque du groupe Volkswagen (la dixième au total et la deuxième en camions) depuis novembre 2011, une fois obtenu de Bruxelles, puis de Pékin (et oui…), le feu vert à ce rachat, entrepris il y a un an quand Volkswagen a lancé son offre sur Man et pour lequel la firme de Wolfsburg a payé 3,4 milliards d’euros afin de porter sa part du capital à 53,7 %, avec 55,9 % des droits de vote.
Avec lui se levait le dernier obstacle au dessein caressé dans les années 2000 par Ferdinand Piëch, le grand patron de Volkswagen : constituer une branche véhicules commerciaux associant Man et Scania (poids lourds, moteurs industriels, cars, bus) aux utilitaires légers de Volkswagen. Ce « VW Trucks », c’est immédiatement un numéro un européen et sud-américain sur le marché du camion et la troisième place dans les bus et les cars. C’est à l’avenir des économies d’échelle estimées à 200 millions d’euros par an, par l’effet des coopérations entre Scania et Man sur les achats et sur le développement produit.
Pas complémentaires
Sur ce plan, les deux constructeurs se marient parfaitement. Ils occupent les mêmes segments sur les mêmes marchés (Europe, Amérique Latine). Leur force vient du volume qu’ils pèsent, pas de leur complémentarité. Le potentiel de synergie semble ainsi plus important que celui des grandes alliances entre constructeurs de ces trente dernières années, Mercedes-Benz et Freightliner ou même Renault Trucks, Mack et Volvo Trucks.
Les deux grands grands groupes concurrents, Volvo AB et Daimler Trucks, ont, au contraire de Volkswagen, un pied en Amérique du Nord, avec Volvo Trucks North America et Mack pour le suédois et Freightliner et Western Star pour l'allemand. Navistar (marque International), un grand constructeur et motoriste américain resté seul à l'issue de la grande phase de consolidation de ces trente dernières années, a tout du complément idéal, surtout que Man et lui ont entamé une coopération sur des gros moteurs diesels il y a six ans. Selon la version allemande du Financial Times, Volkswagen songerait à entrer dans son capital. Navistar a vu son cours en Bourse chuter de moitié en quatre mois et sort de deux trimestres déficitaires. Volkswagen a qualifié de spéculation ces informations.
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