L'importateur de Kia a décidé de mettre les bouchées doubles en France, et de rattraper son retard dans l'élargissement d'une gamme totalement renouvelée en quelques mois. Après la familiale Shuma II, le grand monospace Carnival et le break Rio, voici le monospace compact Carens, commercialisé depuis un an dans le reste de l'Europe.
Viendront rapidement s'y ajouter la berline de haut de gamme Magentis et le SUV (4 x 4 de ville) Sorrento. L'ambition est de détenir 1 % du marché français en 2005 ! Adoptant la stratégie commerciale de la « maison mère » qui souhaite sortir de son image de constructeur exotique « au rabais », la Carens s'aligne sur ses concurrentes nippones, autour de 107 000 F, soit à quelques encablures des européennes qui débutent à 110 000 F.
A ce tarif-là, Kia France a décidé de n'importer qu'une seule version équipée de la climatisation, des vitres avant et arrière électriques, des rétroviseurs à réglage électrique et de l'ABS. Mais, pas de condamnation à distance et, plus grave, une banquette arrière fixe dont seul le dossier se rabat et se fractionne. Du coup, la modularité est inexistante car on ne peut ôter cette banquette !
Il n'en reste pas moins que le volume de coffre affiché est proche d'un mètre cube, ce qui permet d'emporter tous les bagages des cinq occupants. Mesurant 4,45 m en longueur, la Carens ne pouvait faire moins pour un monospace dit « compact », mais dont les dimensions sont celles d'un... Peugeot 806 !
Les passagers seront donc à l'aise et confortablement installés dans des sièges bien étudiés. Le conducteur est aussi bien traité, et le réglage en hauteur de son siège compense l'absence de réglage en profondeur du volant.
La présentation, elle, se veut luxueuse avec des placages de faux bois assez kitsch et des habillages de sellerie en velours. L'ensemble ne démérite pas, mais le design coréen n'est décidément pas encore imprégné des canons européens. Une remarque valable également pour le dessin de la voiture, sans ligne de force et sans âme.
Sous le capot, si le 1.8 multi- soupapes de 110 ch délivre de bonnes performances (0 à 100 km/h en 13''1 et 185 km/h de vitesse maximale), il le fait savoir bruyamment au-dessus des 3 000 tr/mn. Une conduite plus sage permet de mieux apprécier sa vivacité dans les reprises, sans que le niveau sonore soit insupportable. Cela favorise aussi la baisse de la consommation car la Carens est assez gourmande : 12 litres aux 100 km en ville et plus de 9 l en usage mixte. Un moteur Diesel étant prévu pour le mois d'avril 2002, il est donc plus sage d'attendre cette motorisation, plus sobre mais pas forcément plus silencieuse !
La bonne surprise vient du comportement dynamique calibré pour les conducteurs européens, c'est-à-dire sans amplitude excessive des suspensions, avec une bonne directivité du train avant qui ne prend pas de roulis, et une bonne réactivité du train arrière. Le confort est préservé malgré la fermeté de l'amortissement et l'agrément de conduite séduisant. Dommage, la pédale de frein offre une mauvaise attaque, sans effet sauf à appuyer plus franchement. De même, on regrette une monte pneumatique exotique qui dégrade la tenue de route et le freinage, surtout sous la pluie.
La Carens remplit donc son office sans prétention, mais ne parvient pas à égaler ses rivales, surtout au niveau de la modularité intérieure et du silence à bord. Malgré un équipement correct, le prix est trop élevé par rapport à une concurrence plus homogène. Si Kia n'est plus une marque « au rabais », il lui faudra encore quelques efforts pour venir inquiéter réellement les japonaises ou les européennes.




































