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460 distributeurs communs

En Europe, Renault et Nissan partageront un système de 460 plaques territoriales communes. Celles-là devraient permettre aux deux alliés de réaliser 1,5 milliard de francs d'économies à l'horizon de 2005.

Par Jean Pierre Genet
Publié le

Le vaste plan de restructuration de la distribution des Renault et des Nissan en Europe se précise. Le système sera constitué de plaques territoriales appelées pivots ou « hubs » chez Renault. Au sein de celles-là, un opérateur unique orchestrera, sur des sites séparés, la commercialisation des deux marques. Cette ambitieuse restructuration devrait être pratiquement achevée en 2005. A cette date, 90 % des distributeurs de Renault et de Nissan seront organisés en 460 plaques. Ces opérateurs communs pourraient alors représenter les trois quarts des ventes de la marque française et les deux tiers de celles de la japonaise en Europe.

Quelque 3 000 distributeurs européens actuels des deux réseaux seront concernés par cette redistribution des cartes : 1 400 chez Renault, animant 1 800 concessions, et 1 600 chez Nissan, détenant 1 600 concessions (*). A l'issue de cette mutation, le volume moyen de ventes d'un distributeur de Renault devrait plus que doubler pour atteindre 2 200 véhicules par an, et celui d'un distributeur de Nissan tripler, à 700 ventes annuelles. Ce système de plaques communes permettra aux deux alliés d'économiser quelque 230 millions d'euros (1 500 millions de francs) d'ici à 2005.

Les investisseurs auxquels seront confiées les plaques seront retenus notamment en fonction de leurs qualités de dirigeant et de leur potentiel financier, qui devra leur permettre d'acquérir d'autres affaires. Dans un second temps, chaque nouveau territoire ainsi constitué sera rationalisé. Toutes les activités qui ne sont pas liées à l'image des marques seront mises en commun (gestion, administration, informatique, logistique des pièces de rechange, etc.). Dans certains grands centres urbains européens jugés stratégiques, Renault intégrera ses succursales à ce dispositif.

Dans la majeure partie des cas, le responsable de plaque sera l'investisseur Renault. Seuls 10 % seront des concessionnaires Nissan. « Mais leur nombre sera variable d'un pays à l'autre », est-il précisé. Que deviendront les concessionnaires qui ne pourront pas s'intégrer au dispositif ? « Cette opération se déroulera dans le dialogue. Il n'y aura pas de révolution brutale. Nous avons d'abord des discussions avec les groupements de concessionnaires des deux marques du pays concerné, assure François Hinfray, directeur commercial de Renault. Puis nous discutons avec les concessionnaires eux-mêmes. »

Dans l'Hexagone, Renault et Nissan devraient, à terme, compter une centaine de « pivots » communs, dont une vingtaine seront animés par les succursales de Renault France Automobile (RFA). Le constructeur, qui avait dans un premier temps écarté RFA comme acteur dans ce remodelage, est revenu sur sa décision « suite au redressement plus rapide que prévu de sa filiale de distribution. Mais cela ne se concrétisera pas avant un ou deux ans ». En France, sur les 165 concessionnaires Nissan, seuls une vingtaine devraient rester indépendants à l'issue de la restructuration.

Parallèlement à cette réorganisation des réseaux, Renault et Nissan vont rationaliser leur structures commerciales, au niveau européen et au niveau de chaque pays, ce qui permettra de réaliser encore 460 millions de francs d'économies d'ici à 2005. Toutes les fonctions européennes de « back office » (fonction qui ne concernent pas l'image des marques : administration, logistique, etc.) seront placées sous la responsabilité de Renault. A partir d'octobre prochain, elles seront progressivement regroupées en région parisienne et incluront les services de marketing non lié aux marques. Nissan conservera cependant son siège social européen à Amsterdam, qui continuera d'exercer la responsabilité des opérations commerciales de Nissan en Europe.

En France, en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne, chaque marque conservera sa propre direction commerciale qui s'appuiera sur des services communs placés sous la responsabilité de Renault : études de marché, finances, contrôle de gestion, services juridiques, pièces et accessoires, ressources humaines, etc. En Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas, l'ensemble des opérations commerciales de Renault et de Nissan seront placés sous la responsabilité de Renault, avec toutefois un directeur pour la marque Nissan.

Enfin, en attendant que les deux constructeurs produisent des véhicules à partir de plates-formes communes, ils « échangeront » des modèles. Ainsi, Nissan adaptera et commercialisera sous sa propre marque des véhicules utilitaires issus de la gamme Renault. De son côté, Renault élargira sa gamme en proposant sous sa marque un 4 x 4 d'origine Nissan. La décision sur les modèles concernés sera prise en octobre prochain. Les ventes additionnelles ainsi engendrées dans chacun des réseaux représentent un autre gain de l'ordre de 400 millions d'euros (2,62 milliards de francs).

Au total, 230 millions d'euros réalisés par les pivots de distribution, 460 millions grâce à la rationalisation des structures européennes et nationales, et 400 millions résultant des échange de produits (« cross badging »). Les synergies commerciales mise en oeuvre par Renault et Nissan en Europe, si l'on combine économies réalisées et gains supplémentaires escomptés, produiront 1 milliard d'euros, soit 5,7 milliards de francs d'ici à 2005. Cette rationalisation devrait aider Renault Nissan dans la réalisation de ses objectifs commerciaux : porter la part du marché européen du tandem de 14,2 % en 1999 à 17 % à terme, dont 12 % pour la marque française et 5 % pour le japonais.

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