Arrêt du thermique en 2035. Quels constructeurs seront exemptés ?
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Arrêt du thermique en 2035. Quels constructeurs seront exemptés ?

Un amendement au projet d’interdiction des véhicules thermiques neufs dans l’Union Européenne en 2035 doit permettre aux constructeurs vendant moins de 10 000 voitures par an de continuer à proposer des modèles essence (ou diesel) au-delà de cette date.

Par MaxK
Publié le Mis à jour le

Certains constructeurs de petite série pourraient continuer à proposer des modèles thermiques après 2035.

Lamborghini

Les députés européens réunis à Strasbourg en séance plénière le 8 juin 2022 ont voté en faveur d’une réduction de 100 % des émissions de CO2 des véhicules vendus neufs dans l’UE d’ici 2035. Cette mesure doit encore être entérinée par les gouvernements des États membres pour entrer en vigueur. Elle revient à bannir les thermiques du marché, hybrides compris, au profit du 100 % électrique qui est actuellement la seule technologie suffisamment développée pour respecter les critères et délais impartis à cette échelle. Le Parlement a donc validé cette proposition de la Commission européenne publiée en juillet 2021, non sans y apporter toutefois quelques modifications par amendements. L’un d’eux doit permettre à quelques constructeurs très haut de gamme (ou artisans) de bénéficier d’une dérogation.

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Bugatti vend moins de 1 000 voitures par an et garderait donc les coudées franches en matière de CO2.

Bugatti

Des supercars thermiques après 2035

L’amendement n°121, déjà surnommé « amendement Ferrari » car il a été en grande partie porté par des députés italiens ayant visiblement à cœur de défendre les constructeurs de supercars qui font la fierté de leur industrie automobile, ouvre la voie à des exemptions pour les marques dont entre 1 000 et 10 000 voitures par an font l’objet d’une première immatriculation (ou entre 1 000 et 22 000 utilitaires légers). Plus précisément, le texte laisse à ces entreprises jusqu’au 31 décembre 2035 pour déposer une demande de dérogation aux quotas de CO2 des flottes imposés par la réglementation européenne. Dans la version initiale du texte, la fin de ce régime spécial était prévue pour le 31 décembre 2029. Rien n’est dit sur la durée des dérogations qui seraient accordées, donc sur la période pendant laquelle ces constructeurs pourraient continuer à proposer des véhicules thermiques après 2035. Soulignons que ces modèles devraient probablement être électrifiés pour respecter la future norme environnementale Euro 7 qui s’annonce très contraignante en matière d’émissions de gaz polluants à l’échappement.

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L'amendement dit "Ferrari"... ne s'applique pas à Ferrari.

Ferrari

Une petite poignée de grandes marques concernées

En l’état actuel des choses, ce fameux amendement ne concernerait pas Ferrari, qui dépasse de peu les 10 000 ventes annuelles depuis 2019 (11 155 ventes en 2021). La firme de Maranello pourrait décider de revoir ce nombre à la baisse pour profiter d’une dérogation mais cela semblerait incompatible avec les objectifs commerciaux liés au lancement imminent de son premier SUV, le Purosangue. À suivre donc. Les grands constructeurs à même de bénéficier de l’exemption sont :

  • Aston Martin (6 178 ventes en 2021)
  • Lamborghini (8 405 ventes en 2021)
  • McLaren (2 138 ventes en 2021)
  • Rolls-Royce (5 586 ventes en 2021)
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Aston Martin pourrait profiter de la dérogation prévue par l'amendement n° 121.

Aston Martin

Alpine et Lotus pourraient aussi figurer dans la liste, mais ces deux constructeurs ont déjà annoncé qu’ils passeraient au « zéro émission » d’ici la fin de cette décennie. Notons par ailleurs que certaines marques prestigieuses auxquelles on pourrait penser comme Porsche, Bentley ou Maserati vendent largement plus de 10 000 voitures par an et ne sont donc pas concernées. En outre, les deux dernières prévoient d’arrêter le thermique bien avant 2035 (du moins en Europe pour ce qui est de Maserati).

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Avec 2 659 ventes en 2021, Alpine profiterait théoriquement de l'amendement mais prévoit d'arrêter le thermique en 2026.

Alpine

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Lotus a vendu 1 710 voitures l'an passé, mais sera passé au tout électrique d'ici 2030.

Lotus

Les plus petits constructeurs toujours libres

Les constructeurs de niche vendant moins de 1 000 voitures par an ne sont pas concernés par ces nouveaux projets de règlements européens et continueront donc à bénéficier de leur exemption actuelle à se soumettre aux quotas de l’UE même si le projet est adopté en l’état. Parmi ces marques figurent entre autres :

  • Ariel
  • Bugatti
  • Caterham
  • Donkervoort
  • Morgan
  • Pagani
  • Koenigsegg
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Morgan pourrait continuer à proposer ses véhicules atypiques en thermique avec la future réglementation.

Morgan

Un impact symbolique plus qu’environnemental

Compte tenu des faibles chiffres de ventes des constructeurs produisant moins de 10 000 voitures par an, et de la fréquence d’utilisation généralement tout aussi faible de ces véhicules vendus pour beaucoup à prix d’or, l’impact de ceux-ci sur les émissions de CO2 automobiles de l’UE est très limité. Il est à mettre en perspective avec les quelque 10 millions de voitures vendues sur ce territoire en 2021 et les 280 millions d’automobiles qui y circulent. Et pour ceux qui ne conduisent pas ces modèles rares, ces derniers peuvent demeurer des objets de rêve. Toutefois, ces dérogations paraissent difficiles à porter de concert avec des idéaux affichés de justice sociale alors que l’orientation du marché vers le tout électrique sera synonyme de voitures plus chères pour la plupart des automobilistes.

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Rolls-Royce, qui vend bien moins que Bentley en nombre, pourrait demander une exemption.

Rolls-Royce

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