BMW 740 d : la reine des diesels
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BMW 740 d : la reine des diesels

Au royaume du Diesel, la 740 d est maîtresse incontestée, et fait même de l'ombre à ses homologues équipés de V8 à essence. Car, derrière le petit « d » bien timide, se cache le premier V8 Diesel de série.

Par Fabrice Dal'Secco
Publié le Mis à jour le

D'après les premières évaluations des motoristes, un moteur Diesel turbo V8 à injection directe de 200 ch permet à une limousine bien étudiée sur le plan aérodynamique d'accélérer de 0 à 100 km/h en moins de 10" et d'atteindre une vitesse nettement supérieure à 200 km/h. » Voilà ce qui se disait dans les allées du Salon de Francfort de 1993. Une tirade extraite d'un dossier de presse, celui d'Audi, pour son tout en alu, l'ASF, équipé d'un V8 TDi de 3,4 l. Les motoristes étaient dans le vrai. Sauf que la confirmation n'est pas venue d'Audi, mais de BMW. Confirmation quant à sa faisabilité, mais infirmation quant au potentiel : il est nettement supérieur aux prévisions.

Injection directe à double rampe commune à haute pression, double turbo, double échangeur thermique et quatre soupapes par cylindre : n'en jetez plus ! La 740 d utilise le meilleur de la technique Diesel. Mais y ajoute cette architecture inédite. Une disposition en V de huit cylindres d'un volume total de 3,9 l.

A la clé, 245 ch, mais, surtout, 57 mkg de couple disponibles dès 1 750 tr/min. Oublié les deux tonnes de l'ensemble, emmenées allégrement de 0 à 100 km/h en 8"4, avant de se stabiliser à une vitesse de pointe de 242 km/h.

Mais, davantage que les performances pures, le plus surprenant est la façon dont elles sont réalisées. Sur les premiers mètres, rien ne laisse présager de cette vigueur. Au démarrage, la voiture montre une certaine paresse. Mais, dès que l'aiguille du compte-tours atteint 1 750 tr/min, elle s'affole. Une envolée magistrale, imperturbable, avalant les côtes avec une facilité déconcertante. Un agrément hors du commun, une onctuosité jamais rencontrée, accentuée par une boîte de vitesses automatique d'une extrême douceur.

Les suspensions souples allient confort et précision de conduite. Toutefois, n'exigez pas de la 740 d les aptitudes d'une GT. Même si le freinage est performant, même si la motricité est gérée par l'électronique, la grande BMW reste une « propulsion » pesant deux tonnes.

A l'intérieur, c'est la classe « Palace ». Le confort est de premier ordre pour tous les occupants. Même le moteur fait sourdine, si bien qu'il faut ouvrir les fenêtres pour l'entendre vociférer : quel plaisir ! Dix airbags, double commande de climatisation, le tout électrique, sellerie en cuir, ABS... Plus que dans l'opulence des équipements proposés, c'est dans les petits détails que la 740 d montre à son propriétaire qu'il est quelqu'un d'important. Comme les lampes intégrées dans les poignées de porte qui éclairent le sol à l'approche du véhicule, ou le coffre à ouverture et à fermeture électriques...

Les rares défauts de cette 740 d se situent au niveau de sa boîte séquentielle « semi-adaptative », un peu lente et rétrogradant tardivement, et, surtout, de son prix. Pour acquérir la « reine des diesels », il faut, en effet, débourser 82 000 F de plus que pour la 735iA, de performances comparables mais demandant un budget carburant deux fois plus élevé, et 165 000 F de plus que pour la récente 730 d, en finition Pack, moins performante mais moins gloutonne, et d'un agrément de conduite comparable.

Près de 510 000 F, c'est le prix d'une exclusivité, celle d'être au volant de ce qui se fait actuellement de mieux en matière de diesel de luxe. En attendant les prochaines Audi A8 V8 TDi de 225 ch et Mercedes S 400 V8 CDi de 238 ch, prévues respectivement au début et à la mi-2000. Qui a dit que le Diesel n'avait plus d'avenir ?

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