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Bornes de recharge électrique. Une étude juge la qualité du réseau

Si les ventes de véhicules électriques s'envolent, le réseau de borne de recharge se développe de manière moins significative. Quant à l'état des points de charge actuellement disponible, il laisse à désirer. Comme le dévoile une étude de l'AFIREV, un quart des bornes sont inutilisables.

Publié le Mis à jour le

L'Association Française pour l'Itinérance de la Recharge Électrique des Véhicules (AFIREV) s'est penchée sur l'état du réseau de bornes de recharge français.

Cédric Lecocq, CEDRIC LECOCQ

Les véhicules électriques connaissent un succès sans précédent. En 2020, près de 120 000 voitures utilisant cette énergie (VP + VUL) ont été vendue en France, soit 135 % de plus en un an. La part de marché de ces autos a atteint près de 7 %, du jamais vu ! Ajoutons à cela, l’essor des véhicules hybrides rechargeables : + 304 %, sur la même période, avec 74 993 immatriculations l’an passé. Si les français mettent la main à la poche pour s’équiper, grâce aux conditions avantageuses mises en place par le gouvernement (Bonus + PAC), sur le terrain les bornes de recharge ne connaissent pas le même développement.
 

Nombre de véhicules électrifiés en circulation
Nombre de véhicules électrifiés en circulation depuis 2010

 

Près de 30 000 points de recharge public en France

Fin 2020, d’après l’Avere France, il y avait près 30 000 bornes de recharge publiques en France pour 470 000 véhicules électrifiés en circulation (EV + PHEV). L’Etat vise 100 000 bornes d'ici à fin 2021. En attendant, le déploiement de nouvelles infrastructures, attardons nous sur le réseau existant. Selon la 1ère édition de l’Observatoire de la qualité des services de recharge électrique accessibles au public, qui a étudié 22 000 points de charge en France (75% du parc français)*, un quart des bornes sont inutilisables. Et quand elles fonctionnent, il arrive que certaines aient des défaillances.

bornes de recharge en voirie
Les bornes de recharge en voirie sont celles sur lesquels les utilisateurs pestent le plus.

 

Sur près de 600 000 recharges analysées, 1 sur 4 a connu des défauts : câble bloqué, arrêt soudain ou connexion impossible  (problème d’identification ou de branchement). 

principaux défauts rencontrés
Voici les principaux défauts rencontrés par les utilisateurs

Selon l’étude, 58 % des Français déplorent des bornes trop souvent en panne, particulièrement en voirie. Or, « la qualité du service sur ces infrastructures d’accès public est déterminante pour l'adoption massive des véhicules électriques » rappelle l’Association Française pour l’Itinérance de la Recharge Électrique des Véhicules (AFIREV) qui a mené l’étude.

« Le service d’infrastructures de recharge d’accès public en France a une marge importante d’amélioration ».


Un réseau satisfaisant dans les parkings publics

Près de 9 propriétaires sur 10 de véhicules électrifiés utilisent les bornes de recharge publiques. Les autres s’en détournent car ils considèrent qu’elle ne sont pas bien situées (trop loin du domicile ou d’un point d’intérêt) ou qu’elle sont trop souvent occupées ou squattées. C’est le cas, notamment, dans les centres commerciaux où les véhicules thermiques s’y garent sans vergogne. Pour autant ces installations situées dans les parking publics sont celles qui satisfont le plus les utilisateurs (85%), car « la recharge est souvent un produit d’appel, qui peut être à bas prix voire gratuite » explique l’étude. Le réseau sur autoroute est également plébiscité, malgré ses prix prohibitifs.

borne parking public
Les bornes dans les parkings publics (supermarchés ou centre commercial) sont plébiscitées...
borne rapide autoroute
... comme celles sur autoroutes. Mais ces bornes rapides n'affichent pas du tout les mêmes tarifs !

A l’inverse, les « prises » en voirie mécontentent les utilisateurs alors qu’elles constituent pourtant une recharge principale ou une recharge d’appoint en complément d’une recharge à domicile. Enfin, tous les usagers s’accordent à dire que la protection de la borne et de l’utilisateur contre les intempéries n’est guère prise en compte à ce jour.

A LIRE. Les autoroutes APRR s'équipent de stations de recharge Fastned
 

Une expérience utilisateur pas toujours convaincante

Ce 1er Observatoire a également passé au crible la qualité du service de la recharge en itinérance. L’étude révèle que 85 % des utilisateurs sont satisfaits par les interfaces (sur smartphone ou embarquée dans les voitures) qui permettent de géolocaliser, contrôler la disponibilité d’une borne et planifier une éventuelle charge. Mais, sur le terrain, « les utilisateurs expriment un mécontentement face à l’indisponibilité de places équipées en bornes à cause de la présence de véhicules thermiques ou de véhicules électriques chargés » détaille l’étude.

borne en panne
85 % des utilisateurs sont déjà tombés sur une borne en panne.

En outre, les utilisateurs pointent des problèmes techniques récurrents sur les bornes de recharge. 85 % sont tombés sur une borne de recharge hors service au cours des 6 derniers mois et plus d’une personne sur deux considère que ce phénomène arrive régulièrement.
 

Des disparités selon les régions

Soulignons que selon les régions, les utilisateurs ne sont pas servis de la même manière. Le taux de charge réussie est plus important en Ile-de-France (88%) ou en région Occitanie (83%) que dans les Hauts de France (55%) et de Bourgogne-Franche-Comté (55%). « Cela peut s’expliquer par la différence d’âge entre certains réseaux opérés par les contributeurs majeurs de cet observatoire » détaille l’étude qui précise également que le parc de bornes installé est parfois plus ancien (matériel et logiciels de première génération) ce qui conduit à davantage de dysfonctionnements.

Taux de charge réussies par région

Taux de charge réussies par région selon l'Observatoire de la qualité des services de recharge électrique accessibles au public.

 

Le coût de la charge

Pour procéder au paiement de la recharge (ainsi qu'à l’authentification), près de 40 % des répondants utilisent au moins 2 pass mobilité afin de ne pas se retrouver coincé devant une borne. « L’interopérabilité au travers de plateformes ou via des accords inter opérateurs permet d’éviter en partie la multiplication des abonnements » détaille l’AFIREV. Concernant le prix de la recharge, 78 % des utilisateurs estiment que les tarifs sont cohérents d’un opérateur à l’autre. En revanche, ils ne comprennent pas que différents tarifs puissent être appliqués à prestation équivalente.
 

bornes recharges inutilisables

Plus d’un usager sur deux estime avoir déjà effectué une ou plusieurs réclamations de facturation en raison, notamment, de charges interrompues prématurément. L’étude ne fait pas de mention spécifique sur les tarifs pratiqués. En revanche, Stéphane Semeria président de FFAUVE, fédération d’associations d’utilisateurs, estime qu’avec « les tarifs appliqués par certains opérateurs, des voitures se voient exclues des autoroutes et devront se rabattre sur le réseau secondaire ».
 

Une amélioration du réseau indispensable

Grâce à cette étude, l’AFIREV espère voir passer la disponibilité et le taux de réussite des recharges « de 75% à nettement plus de 90% » en réparant en priorité les bornes défectueuses, en entretenant de manière préventive les installations, en adoptant une connexion filaire pour limiter les pertes de communication et chasser les véhicules ventouses pour améliorer l’expérience utilisateur.

places recharge VE

« L’offre de bornes de recharge électriques accessibles et performantes est devenue l’un des enjeux majeurs de 2021. Avec l’abaissement des coûts d’installation de bornes à domicile et l’annonce de 100 000 points de recharge publics, tous les signaux politiques sont au vert pour accélérer l’investissement et la mobilité électrique française », conclut  Arthur Jouannic, de Delta-EE, cabinet européen de recherche et de conseil spécialisé dans la transition énergétique.

*comptabilisés au sein de la plateforme d’interopérabilité GIREV

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ChristophedeN Le 14/02/2021 - 13:01
@sprinteur Les pires incivilités que j'ai eu à subir sur les bornes de recharge ne sont pas le fait de conducteurs de thermiques mais de conducteurs de voitures électrifiées : - stationnement sans même recharger, - voiture chargée à 100 % restant des heures branchée, - squattage pendant toute la journée sur des bornes gratuites - cela a tendance à disparaître maintenant que la charge payante est généralisée, - utilisation d'une borne sans besoin réel parce que la recharge coûte moins chère que le stationnement, - utilisation d'une borne sans besoin réel parce que la borne est bien placée en centre-ville, etc. Ces comportements m'ont fait prendre du temps à plusieurs reprises dans mes rares déplacements en voiture dont la majorité nécessite une recharge en route.
sprinteur Le 13/02/2021 - 11:14
Et si les pouvoirs publics considéraient le stationnement d'un véhicule thermique sur une place de recharge comme un stationnement irrégulier, comme c'est le cas pour les places "handicapé" où la campagne "si tu prends ma place", prends aussi mon handicap" a eu un certain succès? Pour l'instant l'absence de sanction fait que dans les centres commerciaux ces places souvent vides et près des portes sont souvent occupées par des véhicules qui n'ont rien à faire, les réclamations auprès du magasin se soldent au mieux par un appel au micro (on attendra que l'indélicat ait fini ses courses), au pire par "on n'y peut rien, faut attendre". Signalons les disques de stationnement double face zone bleue d'un côté, et "recharge en cours, fin prévue à" avec numéro de téléphone du propriétaire, pratiques et courtois. On pourrait aussi proposer des affiches "Qui aurait l'idée de stationner devant une pompe à essence?"
ChristophedeN Le 11/02/2021 - 15:52
Pour mon cas personnel pour un usage personnel et professionnel au départ de chez moi la voiture électrique du même segment que ma voiture nécessite une ou plusieurs recharges en route : - pour plus de 45 % des sorties pour celle ayant la batterie la plus grosse, - pour plus de 78 % des sorties pour celle ayant la batterie la plus petite, avec pourtant moins d’une sortie par semaine (utilisation qui tend à diminuer avec le développement des TC). Concernant le seul usage personnel de la seule voiture du foyer (le pro représentant 77% des usages mais seulement 63% des km) la voiture électrique du même segment que ma voiture nécessite une ou plusieurs recharges en route pour plus de 60 % des sorties quelque soit la taille de la batterie, avec pourtant moins d’une sortie par mois (utilisation qui tend à diminuer avec le développement des TC). Alors quand je lis cette étude je me dis que décidément la voiture électrique ne peut pas remplacer la voiture thermique. Par contre ma trottinette électrique en intermodalité la remplace de plus en plus. Pire avec plus de 300 kg de plus sur la balance, la voiture électrique émettrait plus de particules, et serait de ce fait plus polluante, lorsque je rentre ou je sors de ma ville. Pour les émissions de GES, le kilométrage nécessaire pour annuler les émissions à la fabrication par rapport à ma voiture, qui carbure à 75 % grâce au soleil, dépasse la durée de vie escomptée de la voiture électrique. Décidément la voiture électrique est une aberration en terme de pollution et environnementalement. Quand les décideurs auront le courage de dire que la seule solution pour réduire la pollution et atteindre la neutralité carbone est de réduire drastiquement l'usage de la voiture ?
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