Citroën Jumpy et Peugeot Expert. Prix explosif pour la version hydrogène
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Citroën Jumpy et Peugeot Expert. Prix explosif pour la version hydrogène

Leader européen du marché de l’utilitaire, Stellantis a récemment annoncé la production de 5 000 véhicules à hydrogène par an dès 2024. Solution dite propre, l’hydrogène n’en est pas moins coûteux. Les tarifs des utilitaires du groupe Stellantis dépassent les 110 000 € HT.

Par Vincent Foultier
Publié le Mis à jour le

Le site de Hordain, dans le nord de la France, assemblera une version hydrogène des VUL de Stellantis à compter de 2024.

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La mobilité hydrogène peut-elle être la solution de demain ? Alors que le pari du véhicule électrique pose toujours question, de plus en plus de constructeurs investissent dans l’hydrogène. C’est le cas notamment des marques françaises telles que Renault, Peugeot ou encore Citroën. En France, ce sont surtout les véhicules utilitaires qui profitent de cette technologie. Rappelons qu'elle dispose d’un atout de taille face à l’électrique : sa recharge rapide. Pour autant, en termes de prix, un véhicule à hydrogène peut vite faire déchanter. Chez Stellantis, ces utilitaires sont trois à quatre fois plus onéreux que les versions diesel comparables. Mais quel professionnel peut être capable de débourser une telle somme ? Majoritairement des flottes de grandes entreprises.

Tarifs explosifs pour les utilitaires à hydrogène

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La version hydrogène du Peugeot Expert est facturée à partir de 111 601 € HT.

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Quelle que soit la motorisation choisie, le Peugeot Expert propose des caractéristiques similaires. Environ 1 100 kg de charge utile, deux dimensions (M et XL)… Pourtant, côté tarifs, l’écart entre une version thermique et la version hydrogène est considérable. Un Peugeot Expert M 2.0 Blue HDi de 145 ch s’affiche à 34 100 € HT avec la boîte EAT8. Comptez 111 601 € HT (112 301 € HT en XL) pour le même fourgon en version hydrogène avec son bloc de 136 ch. À puissance égale, la différence s'élève à 77 501 € HT. Un tarif dissuasif qui s’ajoute au faible développement de cette mobilité. 

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L'autonomie des Peugeot Expert, Citroën Jumpy et Opel Vivaro dans leur version hydrogène s'élève à environ 400 km.

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L'avantage de l'hydrogène réside dans son temps de recharge. Un simple passage à la station suffit. Encore faut-il la trouver…

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Même traitement pour le Citroën Jumpy. L’utilitaire aux chevrons démarre à 34 100 € HT avec le 2.0 Blue HDi 145 EAT8 M. Il grimpe à 45 900 € HT dans sa version XL 100 % électrique. Quant à la version hydrogène, elle est proposée à 111 601 € HT en M et à 112 301 € HT en XL.

Pourquoi une telle différence ? 

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Le coût d'un « plein » d'hydrogène est aussi élevé que celui d'un véhicule thermique.

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Malgré ces nombreux avantages, le véhicule à hydrogène n'est qu'au début de son développement. De plus, toute la filière de production et de distribution d'un hydrogène vert est à construire. En France, on compte à peine une cinquantaine de stations publiques contre plus de 65 000 bornes de recharge électrique. Le prix de l'hydrogène est aussi bien plus cher que celui d’une recharge électrique. Entre 10 et 15 euros le kilo, soit le prix pour parcourir une distance de 100 km. Le coût des matières premières est également à prendre en considération. Nécessaire à la fabrication des piles à combustible, le platine s'élève à 28 € le gramme. Le lithium, matériau utile à la conception des batteries de véhicules électriques, revient quant à lui à 30 €… le kilo ! La voiture hydrogène est pour l'heure chère à l’achat, mais cette technologie sera incontournable sur le marché des véhicules utilitaires à l'avenir.

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sprinteur Le 23/11/2022 - 12:10
Vous ne risquez de faciliter la compréhension du lecteur: "un atout de taille face à l’électrique : sa recharge rapide": les véhicules à hydrogène objets de l'article SONT des modèles électriques, contrairement à des modèles thermiques alimentés à l'hydrogène par d'autres constructeurs. Ils ont donc un réservoir d'hydrogène et une pile à combustible en plus du moteur électrique pour charger la batterie. Mais le non-sens économique souligné par l'article doit être pondéré pour des prototypes expérimentaux plutôt destinés à rechercher un retour d'expérience, pour le cas où on pourrait un jour avoir des électrolyseurs à rendement correct alimentés par du solaire ou de l'éolien. Il se trouve aussi que des subventions labellisées "hydrogène" sont à prendre et que l'image "d'avenir" de ce combustible auprès du grand public n'a pas de prix...
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