CO2. Fiat, Ford, Mercedes et Volkswagen pénalisés par l'Europe
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CO2. Fiat, Ford, Mercedes et Volkswagen pénalisés par l'Europe

L'Europe a durci sa politique en matière d'émissions polluantes. Depuis janvier 2020, les constructeurs doivent respecter une moyenne de rejets de CO2 stricte sous peine de lourdes sanctions financières. Les premières amendes vont tomber pour FCA-Tesla-Honda, Ford-Volvo, Mercedes et Volkswagen.

Publié le Mis à jour le

La Commission européenne impose des normes d'émissions de CO2 très strictes aux constructeurs.

Les émissions de CO2 sont plus que jamais dans le viseur de la Commission européenne. En 2020, elle a instauré la norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui limite le taux moyen de dioxyde de carbone des véhicules neufs vendus, tous constructeurs confondus. En cas de dépassement, l’Europe a décidé d’appliquer des sanctions financières sévères : 95 € par gramme excédentaire et par véhicule vendu.

À LIRE. Les émissions de CO2 de nos voitures surveillées par l'Europe
 

Des objectifs différents selon les constructeurs

En raison de la diversité des modèles proposés par les constructeurs et du rassemblement de certaines marques sous forme de pools pour mutualiser les émissions de CO2 et limiter le montant des amendes, les objectifs ont été pondérés de la manière suivante :

  • PSA-Opel/Renault : 92 g
  • Hyundai/Kia/FCA-Tesla-Honda : 94 g
  • Nissan/Toyota-Mazda : 95 g
  • Groupe VW : 97 g
  • Ford-Volvo : 101 g
  • Daimler : 102 g
  • BMW : 103 g

Ces objectifs drastiques ont donné quelques sueurs froides aux constructeurs, d’autant que la crise sanitaire est venue jouer les trouble-fête. Pour abaisser leurs émissions de CO2, les constructeurs ont développé des gammes électrifiées (électrique ou PHEV) et mis le paquet sur les offres commerciales pour ces modèles en surfant notamment sur les incitations financières des gouvernements locaux (bonus…). Les constructeurs ont également reçu des incitations supplémentaires de la part de l'Europe sous forme notamment de :

  • Super crédits : toute voiture immatriculée émettant moins de 50 g/km de CO2 compte deux fois dans le total du constructeur. Le plafond est fixé à 7,5 g/km par constructeur sur la période 2020-2022.
  • Éco-innovation : elle promeut les technologies innovantes (projecteurs LED, mild-hybrid...) pour réduire le CO2. Le maximum de crédits d'émission pour ces éco-innovations par constructeur est de 7 g/km par an.
objectifs Co2 europe

Moyenne des émissions de CO2 des groupes/pool en 2020 VS les objectifs fixés par l'Europe.

 

Les perdants de la traque au CO2... 

Au regard des ventes de l'année 2020, plusieurs constructeurs n'ont pas réussi à remplir les objectifs. Pour autant, les résultats sont meilleurs qu'attendu. Le plus à la traîne, c'est Volkswagen. Le groupe dépasse de 4 grammes l’objectif fixé, malgré une explosion des ventes de véhicules électrifiés de 335 % en Europe en 2020.

mercedes gle eq power
Le groupe Daimler fait partie des lanternes rouges...
volkswagen ID3
... au même titre que le groupe Volkswagen d'après les documents publiés par l'ICCT.

Également hors des clous, le groupe Daimler. Il était le plus à la peine à l'été 2020. Pourtant le constructeur a accéléré sur les ventes de véhicules électriques, passées de 3 % en 2019 à 21 % en 2020. Rien qu'en décembre, le groupe allemand a réalisé 46 % de ses ventes avec des autos « zéro émission à l'échappement ». Malgré cela, Daimler rate de 3 grammes l'objectif fixé. 

Les pools Ford-Volvo et FCA-Tesla-Honda manquent aussi la cible à respectivement 2 et 3 grammes près. Les résultats étant toutefois assez proches de l'objectif fixé, les sanctions financières ne seront pas exorbitantes. Le montant total de l’amende pourrait toutefois s’établir aux alentours de 500 millions d’euros. Les calculs font toujours l’objet de discussions, d'après nos confrères d'Autos Infos.
 

... et les gagnants !

peugeot e-208
Le groupe PSA-Opel est le meilleur élève en matière d'émissions de CO2.

Si certains constructeurs pleurent, d'autres rient. C'est le cas de PSA-Opel. En plus d'afficher des émissions de CO2 légèrement en deçà des objectifs fixés (– 2 g) sans avoir artificiellement gonflé ses ventes d'électriques, le groupe peut se targuer ne pas avoir utilisé tous ses super crédits. C'est aussi le cas du pool Toyota-Mazda, qui atteint sa cible (– 1 g) avec peu de véhicules 100 % électriques commercialisés (2 %), mais un gros volume de véhicules hybrides !

BMW affiche également des moyennes d'émissions de CO2 sous la cible (– 2 g), tout comme Renault, Hyundai et Kia. Nissan remplit tout juste son contrat en respectant au chiffre près sa moyenne de 95 g/km de CO2. Mais tous ces constructeurs ont épuisé leurs super crédits. Ils vont donc devoir mettre les bouchées doubles en 2021 pour répondre aux objectifs demandés et lancer encore plus de véhicules branchés ! 

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ChristophedeN Le 12/02/2021 - 16:53
"« zéro émission à l'échappement »" dit comme cela cela distille un doute dans l'esprit des lecteurs. Doute totalement justifié. Et oui, les émissions de GES ne sont pas seulement directes (combustion d'énergie dans les véhicules), elles sont aussi indirectes. Dans les émissions indirectes, il y a notamment l'utilisation d'énergie fossile pour - la fabrication et le transport de l'énergie utilisée à bord du véhicule (production d'électricité, d'H2 ou raffinage du pétrole et transport), - la fabrication du véhicule. Il se trouve que les émissions à la fabrication du véhicule sont directement fonction de la masse du véhicule. A ce titre, PSA a l'objectif le plus faible parce qu'il a la masse moyenne la plus faible, ce qui veut dire les émissions les plus faibles à la fabrication du véhicule, en plus d'avoir les émissions les plus faibles à l'usage (là aussi fonction de la masse en mouvement). Le deuxième bénéfice de cette masse la plus faible est en terme de pollution. En effet la pollution est directement fonction de la masse en mouvement du fait que l'essentiel de la pollution provient des phénomènes d'abrasion (usure des pneus, usure des freins, usure du revêtement et remise en suspension). Donc la performance de PSA est à signaler. C'est là que l'on voit toute l'absurdité de la règle CAFE votée par nos chers élus européens. Elle devrait prendre en compte les émissions directes et indirectes. Tout comme la norme EURO devrait prendre en compte l'ensemble de la pollution (dont particules d'abrasion). Cela ferait baisser la masse des véhicules, plutôt que de la faire augmenter, ainsi que la pollution et les émissions de CO2. Nota : dans le 2ème alinéa, j'aurai du écrire combustion d'énergie fossile dans les véhicules, mais je ne l'ai pas fait pour la bonne raison que émettre du CO2 biogénique ou du CO2 fossile est pris en compte de la même manière par cette règle débile.
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