Casse moteur Renault 1.2 TCe : 107 000 Renault concernées
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Casse moteur Renault 1.2 TCe : 107 000 Renault concernées

Le moteur Dacia/Renault 1.2 TCe et Nissan 1.2 DIG-T a un talon d'Achille : la surconsommation d'huile jusqu'au 11 mai 2016. Ce problème connu sur les Clio 4, Captur, Mégane, Duster, Juke... fait tache d'huile puisque les constructeurs sont mis en demeure par l'UFC-Que choisir. L'argus fait le point.

Publié le Mis à jour le

Des propriétaires mécontents ont créé un collectif pour dénoncer l'attitude du constructeur face à ce problème pourtant connu sur les moteurs Dacia, Nissan et Renault 1.2 turbo qui mangent de l'huile.

Clément Choulot, CLEMENT CHOULOT

[Mise à jour le 17/01/2022] La grogne contre les casses à répétition du 1.2 TCe ne s'est pas calmée, même si elle touche aujourd'hui seulement des acheteurs de véhicules d'occasion. Début 2022, quatre avocats ont lancé une action collective conjointe contre Renault qu'ils accusent de tromperie et de mise en danger de la vie d'autrui.

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Maintes fois évoqué dans nos colonnes depuis 2016, le problème de surconsommation d’huile du moteur 1.2 TCe (ou 1.2 DIG-T chez Nissan) a pris une nouvelle tournure en mai. L'association de consommateurs UFC-Que choisir a décidé de mettre en demeure Dacia, Mercedes, Nissan et Renault pour malfaçons sur le moteur à essence 1.2 TCe ce qui est le cas. UFC avance une estimation de 400 000 véhicules (des quatre marques) potentiellement touchés, chiffre qui correspond au volume de ventes sur la période 2012 à 2016 et non aux voitures concernées par le problème.Or, selon nos informations issues des analyses internes menées par Renault, ce sont 107 000 Renault qui pourraient rencontrer le problème. Ces informations ont depuis été relayées par de nombreux grands médias mais avec une certaine "légèreté" technique et un manque d'informations.

Lancé en 2012, en quatre puissances (115, 120,125 et 130 ch), ce bloc a vu sa production cesser fin 2018, remplacé par le 1.3 TCe. Pour autant, le nombre de plaintes croît à mesure que les véhicules accumulent les kilomètres. Toutes décrivent les mêmes symptômes, à savoir l’allumage du voyant moteur (ou pas), un bruit suspect ou un dégagement de fumée à l’échappement, des anomalies liées à une consommation excessive d’huile en raison de son passage dans les cylindres.

A lire. Consommation anormale d'huile : la liste des moteurs à risque

 

Défaut de conception

 

En cause : une faible pression dans le collecteur d’admission qui, conjuguée à une forte dépression dans le cylindre, entraîne un manque d’étanchéité au niveau du 2e segment des pistons. Pour faire simple, le segment n’étant pas suffisamment plaqué contre la paroi du cylindre, l’huile est aspirée dans le cylindre puis brûlée lors de la combustion. Pour certains utilisateurs, l’absence de lubrifiant se solde hélas par une casse du moteur.

Par ailleurs, des casses de chaîne de distribution ont été relevées. Elles sont liées au manque d'huile qui génère une vibration du décaleur d'arbre à cames et provoque un allongement de la chaîne jusqu'à sa rupture.  

Ce défaut de conception sur les 1.2 TCe et DIG-T concerne les moteurs produits jusqu’au 11 mai 2016 et non pas le 20 juillet 2016 comme ont pu l'écrire certains. En effet, cette dernière date correspond à la fin de fabrication du moteur alors que la première est celle où les modifications sont intervenues en usine (la solution Actis 10575 est on ne peut plus claire). Par conséquent, ce vice-caché est bien connu des marques de l’Alliance Renault-Nissan. Dès 2014, les services techniques signalaient une hausse du nombre de cas, en faisant le constat suivant : ce sont principalement les véhicules circulant en ville ou sur route à faible vitesse, et avec de fréquents changements de régime, qui sont touchés par ce phénomène. Le groupe Renault n'est d'ailleurs pas le seul à rencontrer ce problème. Jusqu'en 2016, le moteur 1.2 PureTech de PSA a aussi tendance à manger de l'huile et jusqu'en février 2018, il est victime du phénomène d'auto-allumage. 

A lire. Citroën, DS, Peugeot, Renault : les moteurs essence sont-ils fiables ?

 

Plusieurs solutions

Dès le printemps 2016, les réseaux ont reçu une note confidentielle destinée à traiter les plaintes des clients. 
Première solution : reprogrammer le calculateur moteur pour augmenter la pression dans le collecteur d’admission lorsque la charge du moteur et la vitesse sont faibles. Si après cette intervention, le niveau d’huile est au minimum (après 1 600 km), il faut remplacer les segments.

Seconde solution : vérifier si le moteur fait du bruit et réaliser un test de compression. Dès lors que la différence entre les valeurs minimale et maximale est inférieure à 25 %, le tendeur de chaîne de distribution doit être remplacé. Si la valeur est supérieure, le réseau remplace le bas-moteur ou le moteur complet.

 

L'union fait la force

Face à ce problème, un collectif (casse-moteur-renault.weebly.com) s’est créé en mars 2019, dénonçant l’indigence des constructeurs face à leur responsabilité et l’absence de rappel pour corriger les moteurs. Par ailleurs, il regrette la politique de prise en charge variable. Qui, soit dit en passant, est tout à fait normale car la participation varie selon l’âge et le kilométrage du véhicule. Reste que les marques de l’Alliance Renault-Nissan auraient dû, à titre préventif, reprogrammer les voitures concernées afin d’éviter le pire. Ce qui a été fait depuis la publication de la solution Actis le 5 juin 2015 mais uniquement sur plainte du client et non systématiquement. De plus, nombre de possesseurs ont déserté les réseaux à leur risque et péril.

 

Le témoignage d'une victime

Nombreux sont ceux à nous avoir contacté suite à nos différents articles. Tel est le cas de cette propriétaire d’un Nissan Juke de 50 000 km dont la garantie a expiré il y a quelques mois. Elle évoque une surconsommation d’huile (1,25 l aux 1 000 km) et un bruit du moteur. Verdict du concessionnaire : moteur dans le sac. Le service client Nissan lui a accordé une prise en charge de 95 %. Quel est le coût de la casse ? Environ 6 000 € pour le remplacement du 1.2 TCe par un moteur échange-standard. Sachez que la recharge de la climatisation reste à la charge du client.


Comment demander une prise en charge ?

Difficile pour les trois constructeurs de nier l’évidence. Outre les notes techniques confidentielles que nous nous sommes procurées, ils ont mis en place une politique de prise en charge dans le cadre de ce problème. Mais il y a des conditions qui font varier le montant à savoir le kilométrage, l’année du véhicule, le respect de l’entretien préconisé (tout dépassement des échéances sera un motif de refus) ainsi que celui de la qualité de l’huile (si l’entretien a été effectué en dehors des réseaux). S’ajoutent à cette liste la conversion du moteur au GPL et E85, et la fidélité aux réseaux.


La première démarche est de faire constater la surconsommation chez un concessionnaire grâce à une mesure. Si le problème est avéré, il fera une demande de prise en charge auprès du service technique du constructeur. Dans le cas contraire vous pouvez contacter le service client en précisant votre numéro de dossier.

 

Pourquoi n'y a t-il pas de rappel ?

Le constructeurs n'ont pas diligenté de rappel officiel d'une part parce qu'ils n'y sont pas obligés légalement (le problème ne touche pas la sécurité même si on vous laisse imaginer la casse d'un moteur sur l'autoroute) et d'autre part, tous les véhicules ne sont pas concernés. Néanmoins, suite à notre dernière immersion dans les ateliers Renault, notre spécialiste a pu mettre la main sur une OTS (Opération Technique Spéciale) datant d'octobre 2018. Cette action dite curative est appliquée par les réseaux Dacia et Renault lorsqu'un véhicule présente une surconsommation d'huile. Dans ce cas, les ateliers mesurent la consommation d'huile après 1 000 km et remplacent le moteur si la consommation est supérieure à 0,5 l aux 1000 km. La prise en charge concerne les véhicules de moins de 10 ans ou de 100 000 km, au premier terme échu.

 

Les moteurs concernés*

DACIA

  • 1.2 TCe 115 et 125 ch (Duster I, Lodgy et Dokker)

NISSAN

  • 1.2 DIG-T 115 ch (Juke, Pulsar et Qashqai II)
  • Les Juke portant le n° de châssis SJN*E*F15U700001 à 7210197, les Qashqai (SJN*E*J11U1000001 à 1572966) et les Pulsar (VSK*D*C13U0000001 à 00665235).

RENAULT

  • 1.2 TCe 115, 120 et 130 ch (Clio IV, Captur, Mégane III, Scénic III, Kangoo II et Kadjar)

(*) Tous ceux produits jusqu’au 11 mai 2016.

 

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khaakaag Le 09/05/2022 - 15:41
Très bon article qui pointe la responsabilité TOTALE du constructeur !
Lolo33 Le 04/05/2022 - 11:30
Bonjour, Je suis propriétaire d'un RENAULT Scénic 3 (millésime 2015), équipé d'un moteur 1.2 L TCE. En Novembre 2019, à 48 000 kms, j'ai du faire changer la chaine de distribution, ce qui ne doit jamais arriver à priori. Renault a pris en charge la réparation à 90 % si ma mémoire est bonne. Je devais faire périodiquement des apports d'huile et mon véhicule était entretenu depuis le début dans le réseau RENAULT. Avril 2022, sur autoroute, des voyants qui s'allument de partout, perte de puissance, drôle d'odeur dans l'habitacle, rideau sur le départ en vacances...............Verdict, moteur cassé ! Après recherches, ce moteur 1.2 L TCE pose beaucoup de problèmes à beaucoup de gens ( chaîne de distribution, casse moteur....). Il s'agit d'un moteur qui a de gros problèmes de fiabilité, c'est un problème connu (reconnu par Renault ?). Avec mon garagiste, on a fait une demande de prise en charge à RENAULT, pour l'échange standard du moteur (environ 6 000 €), j'attends la réponse. Aussi, n'hésitez pas à rouspéter et à demander une prise en charge en cas de pépins, car nous n'avons pas à supporter des vices constructeur. Cordialement
Lolo33 Le 04/05/2022 - 11:19
Bonjour, Je suis propriétaire d'un scénic 3 millésime 2015, équipé d'un moteur 1.2 L TCE. En novembre 2019, j'ai du faire changer la chaine distribution ( ce qui ne doit jamais arriver à priori ), réparation prise en charge par Renault à 90% si ma mémoire est bonne. Je devais faire régulièrement des apports d'huile car la consommation était assez importante, et le véhicule était régulièrement entretenu dans le réseau RENAULT.. Avril 2022, panne sur autoroute (voyants qui s'allument de partout, perte de puissance), rideau pour le départ en vacances. Verdict : moteur cassé............ Après recherches, le moteur en question ( 1.2 TCE ) pose beaucoup de problèmes à beaucoup de gens ( chaine de distribution, casse moteur...). Une demande est en cours auprès de RENAULT pour la prise en charge de l'échange standard du moteur car il s'agit d'un problème connu (reconnu ?) Ce moteur a de gros problèmes de fiabilité, autant n'hésitez pas à rouspéter et à demander une prise en charge en cas de pépins, car on n'a pas à supporter ce genre de vices constructeur.
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