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Des résultats en demi-teinte pour Esso

Le pétrolier d'origine américaine a vu son résultat opérationnel reculer fortement, mais le résultat net demeure légèrement positif. Les marges de raffinage et la rentabilité du réseau sont en cause.

Par Arnaud Murati
Publié le Mis à jour le

Georges Cousseau

L'idée reçue voudrait que plus les prix à la pompe augmentent, et plus les pétroliers s'enrichissent. Si l'image n'est pas totalement fausse, elle semble difficilement s'appliquer à Esso France, dont le métier demeure le raffinage de pétrole brut, et sa distribution jusqu'au client final : "Nous sommes en marge négative, et nous ne pourrons pas continuer comme cela pendant des années" fait ainsi savoir Francis Duseux, directeur général d'Esso France lors de la présentation des résultats 2011 du pétrolier.

Esso France dévoile son bilan : une perte de 153 millions d'euros de son résultat opérationnel entre 2010 et 2011, qui demeure tout de même positif de 86M€, contre 239M€ en 2010 ! Les marges de raffinage sont en effet insuffisantes aux yeux d'Esso. L'an dernier, elles n'ont pas excédé 14€ par tonne de pétrole pour Esso, alors qu'elles étaient de 21€/t en 2010. Le concurrent direct Total demeure logé à la même enseigne, puisqu'il a déclaré une marge moyenne de 12,5€/t pour l'année dernière.

Mais outre des marges insuffisantes pour l'outil de raffinage, Esso tient à rappeler qu'au mieux, le groupe réalise 1 centime d'euro de profit par litre de carburant vendu ! Sollicité, le responsable du secteur carburant d'une enseigne de grande distribution confirme la réalité de ce chiffre, et révèle même que pour sa société, la rentabilité au litre est encore inférieure...

Malgré un résultat net positif de 46M€ pour 2011, Esso en a donc profité pour faire quelques annonces. Tout d'abord, il serait bon qu'il y ait "un rééquilibrage progressif de la fiscalité entre l'essence et le gazole" de la part des pouvoirs publics. La France raffine en effet essentiellement de l'essence, alors que son parc roule à plus de 55% au gazole, un carburant qui doit donc être importé.

D'autre part, le réseau de stations Esso va évoluer : "Nous voulons garder la marque, mais changer de mode opératoire" indique toujours Francis Duseux. S'il refuse d'en dévoiler plus pour l'instant, le récent exemple de BP, qui a confié la gestion de ses stations à la société israélienne Delek, semble avoir inspiré le pétrolier américain.
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