Deux postes Mig au banc d'essai
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Deux postes Mig au banc d'essai

Entre le chalumeau, les postes Mig traditionnels et les modèles à courant pulsé, sans oublier les Tig, les professionnels disposent d'un vaste choix pour souder les tôles d'alliage.

Par Texte et photo Daniel Descamps
Publié le

Les gammes de Migatronic renferment de nombreux postes capables de souder les tôles d'alliage utilisées dans la carrosserie. Le Mig BDH 400, le plus cher, est parfaitement adapté à ce matériau léger. L'Automig 273 est dédié aux tôles d'acier. Il peut, moyennant un kit d'adaptation « alliage », s'utiliser en dépannage. Enfin le Tig, qui a ses partisans, a l'inconvénient de trop chauffer les tôles et de nécessiter un apprentissage long et délicat.

Le Mig BDH 400 à courant pulsé de Migatronic a été initialement conçu pour répondre à des besoins industriels. Ferrari et Audi l'ont cependant homologué pour souder les tôles en après-vente, notamment pour les modèles F360 Modena et A8.

Les 42 programmes du BDH 400 permettent de souder pratiquement tous les métaux : acier, différentes qualités d'alliage, inoxydable, cuivre... Selon la configuration retenue, le poste est équipé d'une bouteille d'argon (aluminium) ou d'atal (acier), et de la bobine de métal d'apport appropriée. Un kit, comprenant deux dévidoirs, deux gaines - dont une en Téflon - et deux bouteilles de gaz, rend ce poste polyvalent.

Pour le profane, le tableau de commande de ce poste s'apparente à celui d'un Airbus... D'autant que le carrossier soudeur n'utilise qu'un faible pourcentage des 42 programmes disponibles. Ces derniers sont établis à la livraison du matériel. Les tôliers les plus avertis réclameront une fonction « zinc », pour le brasage des tôles protégées à l'aide d'un fil en cuproalu. La modification d'un poste dédié à deux métaux - alliage et acier - nécessite le remplacement de la bobine de métal d'apport. Contrairement au Mig traditionnel (dit à courant lisse), le dévidoir du MDH 400 utilise quatre galets. En effet, le soudage de l'alliage, plus malléable que l'acier, demande une grande souplesse d'acheminement du métal d'apport. Pendant une phase de soudage, si le fil se bloque dans la buse, la prudence impose de ne pas insister, car un bouchon de fil se forme à l'entrée de la gaine. Cinq minutes sont alors nécessaires pour relancer la machine. Pour réduire cet insupportable problème, le réglage de la pression des galets d'entraînement sur le fil de soudage doit permettre un léger patinage.

Notre essai a été réalisé en soudage en bord à bord d'une tôle d'aluminium type magnésium A 65 de un millimètre d'épaisseur. Torche en main, le soudage diffère peu de celui de l'acier. Les soudeurs professionnels conseillent de pousser le métal d'apport suivant un angle de 45° entre la tôle et la torche. Cette solution engendre une plus forte pénétration dans le bain en fusion. Nous lui préférons un « cordon tiré », bien plus facile à contrôler.

En réalité, les exigences de la carrosserie diffèrent de celles de l'industrie. Les tôles des automobiles sont très fines, car elles sont souvent diminuées par l'action d'une disqueuse ou par l'écrouissage d'un martelage. La carrosserie ne se traite pas en laboratoire !

La torche intègre un potentiomètre. Il permet au soudeur de modifier l'intensité du soudage, préprogrammée selon une vitesse de défilement du métal d'apport. A la différence de l'acier, l'aluminium demande plus de température au départ, paramètre qu'il faudra réguler pendant la phase de soudage. L'idéal est de démarrer à 45 ampères, puis de réduire par étapes la puissance pour atteindre progressivement 30 ampères. Pour y parvenir, l'opérateur programme jusqu'à quatre séquences de puissance dans un temps donné.

Comme avec une boîte de vitesse de moto, le carrossier changera de rapport en donnant une impulsion rapide sur la gâchette de la torche, sans jamais arrêter de souder. En cas d'arrêt, le soudeur peu redémarrer à 45 A, puis reprendre ce principe régulateur. A l'inverse des postes Mig à courant lisse, le MDH 400 ne dispose malheureusement pas de mode intermittent.

L'Automig 273 est bien connu des carrossiers réparateurs. Ses 200 ampères délivrés à 35 % et son courant lisse conviennent parfaitement aux soudages des tôles d'acier. Une petite modification, comprenant la mise en place d'une gaine en Téflon et de deux galets d'entraînement, permet de l'adapter au soudage de l'alliage léger. Reste à louer une bouteille d'argon, indispensable au traitement de ce métal.

Contrairement au BDH 400, la torche de l'Automig 273 n'est pas refroidie par eau. Ses galets d'entraînement ne sont pas biétagés. Le soudage s'exécute en utilisant au choix une séquence intermittente, manuelle ou programmée.

Une fois le bon réglage trouvé, le cordon de soudure s'envisage d'une seule traite. Mais l'impossibilité de modifier la puissance de soudage en cours de soudure rend délicat le début du cordon de soudure. Un bourrelet disgracieux trahit les premiers centimètres. Ensuite, la soudure s'étale mieux, toujours en la tirant. Pour éviter ce désagrément au départ, la tôle d'alliage a besoin d'être préchauffée, à l'aide d'un chalumeau par exemple.

Ces deux postes permettent de souder sans problème particulier les alliages légers. Le BDH 400 convient à une utilisation intensive, l'Automig s'utilisera en dépannage.

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