Essai Audi A4 Avant 35 TDI : notre avis sur l'Audi A4 restylée
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Essai Audi A4 Avant 35 TDI : notre avis sur l'Audi A4 restylée

Le groupe Volkswagen nous a habitués à des restylages mineurs à décrypter à la loupe. Rien de tout cela avec l'A4 dont le style et les prestations évoluent en profondeur. Nous avons pu en faire l'expérience à bord de la 35 TDI Avant.

Par Camille Pinet
Publié le Mis à jour le

L'Audi A4 restylée devrait encore se vendre très majoritairement en version diesel, surtout avec son nouveau 35 TDI désormais calibré à 163 ch.

Tobias Sagmeister

AUDI A4 Avant 35 TDI 163 ch S line S tronic 7

  • - Moteur : Diesel
  • - Puissance: 163 ch
  • - Lancement : Septembre 2019
  • - A partir de 50 825 €
  • - Ni bonus ni malus

Avec 7,5 millions d’exemplaires écoulés depuis 1994, l’Audi A4 reste un modèle phare pour Audi, qui constituait encore un cinquième de sa production en 2018 malgré la diversification de la gamme du constructeur allemand. Pas question de se laisser tailler des croupières par la nouvelle BMW Série 3 et la Mercedes Classe C restylée, toutes deux lancées l’an dernier. C’est sans doute pourquoi l’Audi A4 change beaucoup plus profondément qu’à l’habitude pour une remise en forme de mi-carrière. Non seulement les faces avant et arrière sont modifiées, mais les flancs, les ailes arrière et les phares ont été resculptés, ce qui occasionne de lourds investissements industriels.

Etonnamment, la berline d’Ingolstadt semble avoir été très influencée par l’Audi A1, qui lui prête sa calandre Single Frame et sa fente d’aération de bout de capot (en une partie au lieu de trois sur la petite Audi). Les passages de roues reprennent le coup de gouge des A6 et le modelage des bas de portes s’intensifie. Réussi, le résultat est incontestablement plus sportif et un peu moins guindé : on risquerait presque de se retourner au passage de l’A4 restylée.

 

Un diesel profondément modifié

Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)

Il n’y a pas que la ligne extérieure qui évolue. Non seulement l’attirail technologique de l’A4 est mis à jour, mais certains moteurs ont pris une petite cure de vitamines, à commencer par le plus vendu de la gamme en France, le 35 TDI. De 150 ch il passe en effet à 163 ch et gagne rien moins que 60 Nm de couple. Le résultat de nombreuses modifications internes parmi lesquelles un nouveau vilebrequin en aluminium.

Plus intéressant encore, il se voit doté d’une hybridation légère, basée sur une petite batterie au lithium-ion et un alterno-démarreur. Il ne s’agit pas d’assister le moteur thermique dans son rôle de propulsion mais plutôt de le décharger de la mission d’alimenter les systèmes de bord (assistance de direction par exemple). De quoi rendre possible l’extinction du moteur en mode « roue libre » et permettre de gagner 0,3 litre de consommation moyenne en cycle WLTP. Audi annonce des chiffres provisoires d’émission de CO2 particulièrement intéressants, l’A4 35 TDI étant capable de descendre jusqu’à 100 g de CO2 par km. Une valeur qui promet aux entreprises une TVS réduite. 

Côté tarif, le break Avant 2.0 TDI 150 ch « de base » s'échange désormais contre 40 400 € et le prix grimpe à 50 825 € pour notre version d'essai Avant 35 TDI de 163 ch en finition s line. Voir tous les prix et les équipements de l'Audi A4 restylée.
 

Au volant de l’Audi A4 Avant 35 TDI

Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)

Le quatre cylindres TDI 150 ch a toujours été l’un des moteurs diesels les plus convaincants du groupe Volkswagen et son passage à 163 ch ne change pas la donne. Assez vibrant au ralenti, il se montre particulièrement vigoureux et apparaît même plus convaincant que le 40 TDI de 190 ch (disponible uniquement en quattro) que nous avons pu essayer par ailleurs. Un constat d’autant plus marquant que notre essai, réalisé dans des conditions peu favorables en montagne mettait à dure épreuve la mécanique… et la boîte à double embrayage S tronic, qui nous a dispensé quelques à-coups peu agréables.

L’augmentation de la puissance et du couple se traduit d’ailleurs par un 0 à 100 km/h réalisé en 8,5 s, soit 0,5 s de mieux qu’auparavant. Difficile cependant de se faire une idée des mérites de l’hybridation légère qui apparaît parfaitement imperceptible pour le conducteur, sinon par une plus grande douceur du Stop&Start au démarrage. Nous avons relevé une consommation de 6,3 l aux 100 km mais, encore une fois, les conditions de roulage n’étaient pas des plus propices : nous n’avons jamais été en mesure de tester la fonction roue libre.

Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)
L'Audi A4 n'est pas la plus dynamique de sa catégorie mais elle se montre raisonnablement alerte en version deux roues motrices.

Si la mécanique de l’A4 est certainement au niveau, on ne peut pas tout à fait en dire autant de son châssis, qui ne transcrit pas en sensations de conduite l’agressivité nouvelle de la ligne. Honnête traction, elle offre toujours une direction un poil caoutchouteuse et avare en retour d’information. Elle apparaît cependant raisonnablement agile en version deux roues motrices, bien plus alerte en inscription de virage que la quattro. Lorsqu’elle est dépourvue de la suspension pilotée, son filtrage se révèle cependant assez sec. Le bilan s’améliore nettement avec la suspension pilotée mais on ne peut s’empêcher de noter que la BMW Série 3 dotée de sa suspension « de base » à butées hydrauliques fait beaucoup mieux en confort et en dynamisme. Notons enfin que l’A4 hérite d’aides à la conduite refondues. Dans notre cas, celles-ci se sont en effet montrées plus réactives et performantes qu’auparavant et n’ont jamais réagi à mauvais escient. Nous attendrons cependant une prise en main plus longue sur les routes françaises pour évaluer leur efficacité.

 

A bord de l’Audi A4 35 TDI S tronic

Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)
L'habitacle de l'Audi A4 restylée n'évolue qu'à la marge : le plus grand changement concerne l'écran tactile du système multimédia qui entraîne la disparition de la molette sur console, remplacée par un rangement fermé.
Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)
Le combiné d'instrumentation numérique a été renouvelé au profit d'un modèle à la définition améliorée.
Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)
L'Audi A4 restylée reprend le système multimédia, rapide et plutôt bien conçu, inauguré par la grande Audi A8.
Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)
L'habitabilité n'évolue pas à l'arrière de l'A4. L'espace est suffisant pour deux grands adultes, mais le passager central est moins favorisé.
Avec 495 l de volume, le coffre de l'Audi A4 Avant s'est fait volé la vedette par celui du nouveau BMW Série 3 Touring, fort de 500 l.

 

Concurrence de l’Audi A4 35 TDI S tronic

BMW Série 3 Touring
BMW Série 3 Touring
Mercedes Classe C Break
Mercedes Classe C Break

Les principales concurrentes de l’Audi A4 Avant restylée sont bien connues. Il s’agit en premier lieu de la BMW Série 3 Touring, qui vient tout juste d’être renouvelée. Elle se montre un peu plus pratique avec sa lunette ouvrante et son coffre plus volumineux. Il faudra cependant attendre novembre prochain pour la commander avec le moteur 318d de 150 ch comparable à la 35 TDI : pour l’instant la 320d de 190 ch proposée à partir de 43 450 € est la plus proche.

Chez Mercedes, la Classe C break 200d offre un niveau de puissance équivalent grâce à ses 160 ch, mais il faut débourser 46 599 € pour se l’offrir en version Avantgarde !  La concurrente française la plus directe est la Peugeot 508 SW facturée 40 350 € en version BlueHDi 160 EAT8 dont les émissions de CO2 de 118 g/km sont cependant supérieures. Citons enfin la Volvo V60 proposée à partir de 37 500 € en version D3 de 150 ch, peu nerveuse et également frappée par des émissions relativement élevées (117 g/km).

 

Bilan essai Audi A4 Avant 35 TDI S tronic

Audi A4 35 TDI S Tronic 7 (2019)

L’A4 n’a pas entrepris un restylage pour rien. Plus performante, plus intéressante à regarder et toujours pertinente sur le plan fiscal, elle se donne les moyens de figurer en bonne place dans les catalogues des loueurs de voitures de société. Pour autant, elle cède toujours le pas à la BMW Série 3 en matière de dynamisme et à la Mercedes Classe C en ce qui concerne le confort de suspension. Il lui reste un sens inné de l’homogénéité et des équipements technologiques parfaitement au point. De quoi entamer sa deuxième partie de carrière avec sérénité.

On aime

  • Homogénéité
  • Moteur vigoureux
  • CO2 maîtrisé

On regrette

  • Moteur vibrant au ralenti
  • A-coups de transmission
  • Amortissement perfectible
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