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Essai Cadillac CTS (2014) : le mirage américain

Photo de la Cadillac CTS essence de 276 ch à l'essai (2014)
Photo de la Cadillac CTS essence de 276 ch à l'essai (2014)

Malgré sa technologie et ses prestations à la hauteur des meilleures européennes, la Cadillac CTS devrait jouer les oiseaux rares en France. Et pas seulement parce que son quatre-cylindres essence turbo n'est pas adapté à notre marché. Explications.

Page 1Essai Cadillac CTS (2014) : le mirage américain 

Quand vous croiserez cette grande berline aux arêtes vives, faites un vœu ! Car la Cadillac CTS ne devrait pas courir les rues chez nous. Non pas que cette alternative exotique aux BMW Série 5, Audi A6 et Mercedes Classe E soit une mauvaise voiture, mais l’absence d’un diesel et un réseau squelettique la destinent à un anonymat certain.

Impossible en effet de percer avec trente-sept points de vente en Europe, dont trois en France. Les résultats commerciaux de 2013 le prouvent : 430 modèles écoulés sur le Vieux Continent (hors Russie) et 16 dans l’Hexagone, en dépit d’une gamme récente.


Tranchante et allégée

Autant dire que cette troisième génération de CTS aura bien du mal à se faire connaître. Et pourtant, elle le mérite. Avec ses formes tranchantes, à l’instar de sa petite sœur ATS, la CTS ressemble à aucune autre dans cette catégorie bien rangée.

Plus profilée qu’autrefois avec son gabarit de 4,97 m en hausse (+ 13 cm) et sa hauteur en baisse (– 2 cm), l’américaine a aussi entamé un régime drastique. Grâce à l’utilisation croissante d’aluminium, elle perd jusqu’à 128 kg.


Partition sportive

Un allègement qui profite au dynamisme et au plaisir de conduite, surtout avec un châssis aussi soigné : suspensions pilotées Magnetic Ride, direction paramétrable selon trois positions et freinage signé Brembo. Les velléités sportives sont d’ailleurs réelles : train avant tranchant et précis, direction directe, mouvements de caisse maîtrisés et freinage consistant.

D’ailleurs, cette propulsion équilibrée est plus dynamique que bien des rivales européennes. Dommage, ce dynamisme dessert le confort, qui se révèle un peu trop ferme, voire sautillant, même en mode normal. Un comble pour une berline américaine !

Facturée 2 521 € de plus, la version à transmission intégrale se montre davantage conciliante, grâce à des réglages moins extrêmes, tout en apportant un surcroît de motricité sur chaussée humide.

A lire. Essai de la CTS SW : 306 km/h... en utilitaire


Mauvais casting

L’unique moteur à essence sonne comme une erreur de casting. Déjà vu sur l’ATS, le quatre-cylindres 2.0 turbo de 276 ch ne donne certes jamais l’impression de manquer de tonus. Mais son manque de caractère et sa sonorité roturière dénotent sur une berline de ce standing.

Tant qu’à se passer de diesel et à écoper d’un malus pénalisant (de 6 500 à 8 000 €), autant profiter de la noblesse du V6 (320 ch ou 420 ch dans sa version biturbo), qui reste pourtant réservé au marché américain.

Enfin, à l’exception de rétrogradages convaincants, la boîte automatique à six rapports livrée en série marque le pas face aux références européennes : gestion imparfaite et réactivité moyenne.


Techno parade

Cela n’empêche pas la CTS de se montrer avancée au plan technologique, avec une pluie d’aides à la conduite montées d’office sur les finitions Performance et Premium : système anticollision, assistance au stationnement automatique, alerte de franchissement de ligne, avertisseur d’angles morts, caméra de recul, éclairage adaptatif.

L’habitacle de cette CTS valorise son propriétaire. La qualité de fabrication léchée, le souci du détail et le raffinement général étonnent de la part d’une américaine. La présentation sportive et la planche de bord aux angles vifs également. Les sièges à réglage électrique offrent un bon maintien, même s’ils se montrent un peu étroits pour de grands gabarits.


Equipement valorisant

Empruntée à l’ATS et montée en série sur les deux finitions Performance et Premium, l’interface CUE comprend une console centrale et un écran entièrement tactiles, regroupant toutes les fonctions du véhicule (climatisation, GPS, système audio, etc.).

Avec l’affichage tête haute et le combiné d’instrumentation personnalisable (sur Premium), l’ensemble est très complet, valorisant et vient justifier la signature d’un chèque d’au moins 55 613 € pour cette américaine, qui n’a, hélas, pas su écouter pleinement les besoins du marché européen.


Bilan de l'essai Cadillac CTS
En bonne américaine, la CTS offre une ambiance singulière et profite d’un équipement complet. Mieux encore, elle surprend par son style dynamique et ses qualités routières étonnantes. Dommage qu’elle passe à côté du sujet question moteur... Pas de diesel, mais un bloc à essence gourmand et sans âme lui enlèvent toute chance sur  notre marché. Du coup, ses tarifs pratiquement aussi élevés (près de 60 000 € pour une version bien équipée) que ceux du gratin européen tiennent de l’anecdote.

On aime
  • Châssis dynamique et plaisant
  • Présentation/technologie
  • Places arrière

On regrette
  • Boîte automatique décevante
  • Confort un peu ferme
  • Pas de diesel, réseau épars
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Commentaires
ggsicard649

....On en croisera pas beaucoup ! Pas du tout adaptée au marché français, avec un réseau quasi inexistant, c'est un échec annocé !

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