Essai extrême : la 308 GTi au Nürburgring et sur autoroute allemande
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Essai extrême : la 308 GTi au Nürburgring et sur autoroute allemande

Si la Peugeot 308 GTi demeure sans doute la voiture française la plus efficace et performante, elle reste loin d'égaler la puissance des compactes sportives étrangères. De quoi l'handicaper sur le terrain le plus exigeant du monde ? Pas sûr ! En route pour le test extrême de la 308 GTi de 270 ch...

Publié le Mis à jour le

Apparue fin 2015, la Peugeot 308 GTi n'avait jamais foulé le Nürburgring... C'est désormais chose faite !

PEUGEOT 308 GTi by Peugeot Sport

  • - Moteur : Essence
  • - Puissance: 272 ch
  • - Lancement : Novembre 2015
  • - A partir de 37 400 €
  • - 250 € de malus.

Au service essais de L’argus.fr, cela devient une habitude : tester une sportive dans « l’enfer vert », la boucle nord du Nürburgring et ses 20,8 km d’asphalte tortillé. Pour l’heure, deux compactes GTI ont eu droit à ce traitement de faveur : la Honda Civic Type R, détentrice d’un joli chrono sur la Nordschleife, et la Ford Focus RS… qui y a fait mieux que se défendre.

Et les françaises dans tout ça ? Si la Mégane RS a inscrit au Nürburgring ses plus beaux records (Mégane R26R, Trophy, puis Trophy-R…), la plus récente 308 GTi ne s’y est jamais fait remarquer. Etrange : avec ses RCZ puis ses 208 GTi Proto, Peugeot Sport y a brillé moult fois en compétition (24H du Nürburgring, championnat VLN) et connaît donc les lieux comme sa poche !

Pour savoir si la 308 GTi by Peugeot Sport de série a hérité de leurs gènes, direction l’Allemagne, ses autoroutes non limitées, et son juge de paix en forme d’interminable toboggan…

 

Moteur Peugeot 308 GTi : 14/20

Le moteur en bref. Sous vos yeux, le plus petit moteur du segment des hyper GTI : quand la plupart cubent à 2 l de cylindrée (voire 2.3 pour la Ford Focus RS !), la 308 GTi by Peugeot Sport se contente du 1.6 THP, poussé à 270 ch et 330 Nm de couple.

Un moteur déjà vu sous le capot de feu le RCZ R, à une différence près : la « boîte à musique », qui renvoyait dans l’habitacle le bruit à l’admission, disparaît, faute de place sous le capot (plate-forme EMP2 plus compacte). Il faut donc se contenter d’une sonorité artificielle (renvoyée via les haut-parleurs !), qui apparaît uniquement en mode Sport.

Notre avis. S’il ne fallait retenir qu’un défaut de ce moteur, ce serait précisément sa sonorité. Quelconque et trop discrète en mode normal, la « voix » du 1.6 THP devient artificielle en mode Sport, au point de rappeler un mauvais jeu vidéo. A cet instant, la sonorité métallique de la Civic Type R ou les « pétarades » à l’échappement de la Focus RS manquent…

C’est dommage car, face à ces deux rivales, le moteur de la 308 GTi se défend bien malgré sa puissance et son couple en retrait (310 ch/400 Nm pour la Civic, 350 ch/470 Nm pour la Focus) : souplesse peu commune, montées en régime efficaces et constantes jusqu’à 6 500 t/min. Le poids réduit de la 308 GTi n’est pas étranger à cette belle santé : 1 280 kg avec conducteur, soit 200 kg de moins qu’une Civic Type R et… 300 de moins qu’une Focus RS !

La preuve en vidéo. Dans cette vidéo tournée sur autoroute allemande, la 308 GTi grimpe rapidement de 0 à 250 km/h… et atteint même 4 km/h de plus, en descente, avant un événement rare (voir bonus en fin de vidéo). Les compteurs éclairés en rouge montrent que le mode Sport est enclenché : il agit sur la réactivité de l’accélérateur, la fermeté de la direction et la sonorité du moteur. Enfin, il affiche les jauges de puissance et de couple, lesquelles déclinent au-delà de 6 000 tr/min.

 

Boîte Peugeot 308 GTi : 16/20

La boîte de vitesses en bref. Comme pour le moteur, la 308 GTi emprunte sa boîte de vitesses mécanique à six rapports à l’ancien RCZ R. Elle transmet le couple aux roues avant via un différentiel à glissement limité Torsen, et reste l’unique transmission disponible : pas de boîte robotisée à double embrayage, surtout proposée chez les allemandes type Volkswagen Golf GTI et Golf R, ou Audi S3.

Notre avis. La commande pourrait être plus rapide en usage « circuit », mais la boîte de la 308 GTi séduit sur un point particulier : son étagement idéal. Loin de présenter des rapports supérieurs surmultipliés (comme toutes les GTi modernes obsédées par le CO2…), la 308 GTi limite les chutes de régime entre les vitesses et atteint même sa vitesse maxi, en descente, en butant sur le limiteur de régime en sixième. Rare !

Couplé au poids réduit de l’auto, voilà qui permet à la 308 GTi de ne pas (trop) se faire distancer, lors des relances, par des rivales bien plus puissantes sur le papier.

 

Châssis Peugeot 308 GTi : 14/20

Le châssis en bref. Abaissé de 11 mm par rapport à une Peugeot 308 classique, le châssis de la 308 GTi by Peugeot Sport reçoit logiquement des réglages spécifiques. Cette simple traction s’appuie également sur un différentiel autobloquant, et des gommes de premier choix : quatre Michelin Super Sport, montés sur d’immenses roues de 19 pouces.

Notre avis. Comme lors de notre premier essai, la 308 GTi s’est de suite caractérisée par sa facilité de conduite : le train avant suit la trajectoire imposée par l’agréable petit volant, les suspensions avalent les bosses en appui sans rompre l’équilibre général, et l’autobloquant assure une excellente motricité sans créer d’effets parasites dans la direction.

Aux limites d’adhérence, il manque toutefois à la 308 GTi ce soupçon d’agilité qui la rendrait plus amusante et efficace (le train arrière, rivé au sol, n’aide pas l’auto à tourner en entrée de virage serré), alors que notre exemplaire d’essai, plutôt « kilométré », n’a pas montré le côté impérial du premier modèle : sur certains délestages en appui à haute vitesse, cette 308 GTi perdait parfois soudainement l’adhérence du train arrière, chose qui n’était arrivée ni en Civic, ni en Focus, et que pourraient expliquer des amortisseurs fatigués.

La preuve en vidéo. Une fois cette dernière réserve intégrée, la 308 GTi nous a séduits sur un Nürburgring qui accueillait beaucoup d’apprentis-pilotes en cette période estivale. Globalement facile à emmener vite, elle laissera un petit goût amer à un conducteur de Porsche Cayman GT4… qui a fini par laisser passer notre 308 avant de la décrocher progressivement. Flatteur, pour notre GTI nationale !

Les derniers virages seront parcourus sous drapeau rouge, après qu'une voiture a perdu son huile... et nous occasionne une petite chaleur dans le virage précédent !

 

Freinage Peugeot 308 GTi : 18/20

Le freinage en bref. Si les disques arrière restent ceux d’une 308 classique, leurs homologues avant méritent le respect : étriers fixes à quatre pistons et disques de 380 mm montés sur bol, soit le diamètre des disques d’une Porsche 911 GT3 RS !

Mais la médaille a son revers : comme sur le RCZ R, le coût de remplacement des freins avant (disques + plaquettes) frise les 2 500 € ! A méditer, en utilisation circuit…

Notre avis. Rares sont les voitures de série à pouvoir enchaîner plusieurs tours de la boucle nord sans échauffer ses freins. La 308 GTi fait partie de cette caste. Grâce à ses disques avant surdimensionnés, le mordant à la pédale reste constant et les distances de freinage n’ont rien à envier à certaines Porsche...

Les amateurs de passage d’épingles au frein à main pesteront simplement contre l’absence de levier mécanique, remplacé par une commande électrique qui interdit toute manœuvre du genre !


A REVOIR. Nos meilleurs essais extrêmes au Nürburgring
 

Bilan de l’essai extrême Peugeot 308 GTi

Bien sûr, la 308 GTi ne possède pas le moteur démonstratif d’une Honda Civic Type R, ou la tendance à survirer d’une Focus RS en mode de conduite « Drift ». Mais elle ajoute à sa belle efficacité (moteur performant, châssis sûr, freinage indestructible) une polyvalence que ses rivales n’ont pas montrée lors de cet essai extrême : sur longs trajets, la 308 GTi mêle confort, silence et sobriété (à peine 8 l aux 100 km à 130 km/h), avant d’aller corriger quelques Porsche sur leurs terres puis de revenir, docile et discrète, dans la circulation encombrée du lundi matin.

Cette étonnante polyvalence impressionne moins qu’une bonne dose de sensations « immédiates », mais séduira davantage le client, le vrai, qui utilise sa GTI tous les jours. Si ce dernier habite près d’autoroutes allemandes libres et qu’il aime rouler à haute vitesse, une réserve toutefois : au-delà de 210 km/h, l’air s’engouffre dans le haut des portières et la soufflerie devient franchement lassante jusqu’à 250 km/h. Une sorte de limiteur de vitesse naturel…

A LIRE > La Peugeot 308 GTi 2017 à l'essai !


On aime

  • Le rapport puissance/performances du moteur
  • Le freinage puissant et endurant
  • Le confort (sauf à basse vitesse), l’insonorisation et la sobriété préservés
  • Le châssis efficace…

On regrette

  • …mais sous-amorti sur route bosselé à haute vitesse
  • La sonorité quelconque en mode normal, artificielle en mode Sport
  • L’afficheur central caché par le haut du volant dans certaines positions de conduite
  • Les bruits d’air lassants au-delà de 220 km/h
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nadegedegre579 Le 15/10/2016 - 18:35
Bien vu, pour le contre-braquage ;)
julienbaugnies385 Le 15/10/2016 - 08:43
Pour avoir testé la voiture sur routes ouvertes, je trouve que le train arrière n'est pas si sage qu'il parait lorsque les limites d'adhérence s'approche. C'est d'ailleurs le même comportement sur une simple 308 HDI (dont je suis propriétaire). L'arrière se laisse complètement aller au lever de pied, et c'est d'autant plus vrai sur chaussée humide. Amusant pour l'apprenti pilote, surement moins pour papy qui évite un hérisson au milieu de la route... D'ailleurs, il me semble qu'à la fin de la vidéo (pneumatiques à température?), l'arrière enroule plus généreusement lors de virages assez rapides. Sinon, je trouve cet article très complet et très objectif. Mais je suis assez mitigé sur le fait que sa discrétion soit un avantage... Car acheter une 308 près de 40.000 € pour qu'elle ressemble à s'y méprendre à une simple 308 1.6 HDI 20.000 € moins cher... A part la police pour se fondre dans le trafic, qui achète une telle GTi pour passer inaperçu? Seuls les jantes (et gros disques avant pour les gens attentifs, la double sortie et les sièges (uniquement le dossier) diffèrent d'une simple GTline... Si la Civic est trop voyante, et qu'on lui reproche, je trouve que la 308 l'est trop peu. Un juste milieu aurait été sympathique... Ou éventuellement un pack "Design" en option aurait été le bienvenu. Je finirai simplement en vous apportant mon retour d'expérience du système multimédia, identique à celui de ma 308 HDI : une catastrophe ! Plantages divers, Coyote intégré avec la clef internet complètement inutile (il lui faut parfois près de 100 kms parcourus pour enfin se lancer).
brunodu13342 Le 14/09/2016 - 12:22
Je rajouterai qu'elle est testée dans le dernier numéro hors série de " l'Automobile magazine" sur les 40 meilleures sportives. Je vous laisse chercher où elle se positionne... Aigris passez votre chemin. Aucun intérêt d'aller pinailler sur la vitesse de pointe, elle est limitée par le rupteur... les 270ch ne sont nullement à remettre en cause. Une belle leçon à des voitures aux moteurs nettement plus volumineux. C'est une voiture performante et très homogène (chassis / moteur / plaisir / équipement) qui reste largement utilisable au quotidien, et qu'un cadre quadragénaire n'aura pas honte de garer sur son lieu de travail. Un point important, vu son tarif et donc sa clientèle potentielle. Après, ça reste une voiture-vitrine, les concessions Peugeot en ont vendu très peu, en France, et les modèles récents et peu kilométrés ne partent pas. Bonjour la future décote. Mais les concurrentes généraliste ne font de toute façon pas mieux.
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