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Essai Fiat Fullback 2.4 Multijet 181 (2016) : en plein dans la cible !

vue avant Fiat Fullback (2016)
Rien d'inédit sur le Fiat Fullback, qui arrive ce mois-ci en concession (à partir de 34 350 €). Mais son modèle, le Mitsubishi L200, connaît parfaitement le métier d'un pick-up. Et l'offre Fullback est convaincante : excellent rapport prix/équipement, garantie 5 ans ou 150 000 km.

Fiat entre dans la course des pick-up en empruntant beaucoup au Mitsubishi L200. Bonne pioche : Mitsubishi est l'un des spécialistes du genre. Le Fullback reprend toutes les qualités d'un L200, avec un tarif plus serré et une garantie plus longue.

Page 1Essai Fiat Fullback 2.4 Multijet 181 (2016) : en plein dans la cible ! 

Dès qu’ils se lèvent le matin, les pick-up remercient le malus. D’abord, parce qu’ils n’en paient pas, à titre de véhicule utilitaire. Ensuite, parce que l’écotaxe leur a amené une nouvelle clientèle : la clientèle des 4x4 traditionnels, torpillés par une amende de 8 000 €. Nés pour le labeur, les pick-up se sont adaptés à ce nouveau public et mènent désormais une double vie : travaux de force la semaine, loisirs le week-end.  Voire pas de travaux de force du tout pour les versions Double Cabine : quatre vraies portes, habitacle tendu de cuir.

Cette extension du genre pick-up a à la fois renchéri leur prix et élargi leur territoire : 13 500 ventes en France en 2015, plus de 15 000 en vue en 2016. Dès lors, des marques généralistes s’intéressent à leur cause : Volkswagen est venu en 2011 avec l’Amarok, Fiat débarque avec le Fullback, Renault et Mercedes suivront bientôt le mouvement en reprenant la plate-forme du Nissan Navara. Mais n’entre pas qui veut au royaume des pick-up, car il faut posséder une double expertise : 4x4, véhicules utilitaires. Fiat connaît bien les exigences de la clientèle professionnelle. Le 4x4, beaucoup moins…  Alors, le constructeur italien est allé frapper à la bonne porte : Mitsubishi, spécialiste historique du pick-up.

Lire notre essai Volkswagen Amarok (2016) : un pick-up « high luxe »

 

Prix Fiat Fullback

Le Fullback ne dissimule pas ses origines Mitsubishi : une copie conforme du dernier L200, lancé l’automne passé. Même format XXL : 5,29 m de long, 1,78 m sous toise. Même moteur diesel 2.4 DI-D, rebaptisé Multijet sur le Fullback afin de respecter le langage Fiat. Même design, sauf pour la partie intérieure de la calandre : lames verticales sur le L200, horizontales sur le Fullback. C’est pratique : une seule pièce en plastique à changer pour passer d’un L200 à un Fullback dans l’usine où ils sont tous deux produits, en Thaïlande.

vue arrière Fiat Fullback (2016)

Le Fiat Fullback est modeste. Ses rivaux aiment à graver leur nom en hautes lettres sur toute la largeur de leur ridelle : pas lui. Sa benne est haut perchée :
85 cm. Un marchepied, fourni de série, aide à y accéder.

Limiter à ce point les coûts de développement et de construction d’un nouveau modèle permet d’en réduire le prix. Même si son diesel monte haut en puissance (181 ch), le Fullback se pose dans la moyenne basse des tarifs de la catégorie. Il débute en Double Cabine à 34 350 €, avec un bel équipement : climatisation automatique, écran multimédia tactile, caméra de recul, volant cuir, Stop&Start, jantes en alliage. Sa finition la plus coquette, avec GPS, feux xénon et régulateur de vitesse, culmine à 38 910 €, quand nombre de ses rivaux dépassent la barre des 40 000 €. Il peut même descendre à 33 750 € en 2.4 diesel 154 ch. Voire 29 310 € avec ce même moteur en version Cabine Approfondie, à demi-portes arrière et strapontins au second rang.

 

Au volant du Fiat Fullback

vue avant fiat fullback 2016

Il ne faut pas rêver : avec leur châssis échelle et leur suspension arrière à lames, de surcroît tarée pour la charge, les pick-up ne peuvent offrir le même comportement qu’un SUV. Ils se sont toutefois civilisés ces dernières années, pour plaire à leur nouvelle clientèle. Traverser la France en Fullback n’est pas une punition. Ses suspensions sont fermes, mais ne ricochent pas sur les inégalités du bitume, même benne vide.

L’habitacle est plutôt bien insonorisé. Le Multijet 181 ch a suffisamment de souffle pour qu’un dépassement ne devienne pas une aventure. Enfin, il ne se dandine pas dans les changements de cap. Certes, un titan de 1 950 kg à centre de gravité élevé exige d’être mené avec respect. Ses freins ne supportent pas longtemps un autre traitement. Et il faut prendre le réflexe d’enclencher le mode 4x4 dès que l’adhérence devient précaire, surtout quand la benne n’est pas chargée : propulsion, empattement très long (3,00 m), et arrière train léger sont les trois mamelles du survirage.

Fiat Fullback (2016) dans la boue
Châssis échelle, garde au sol de 21 cm : le Fiat Fullback va loin sur les chemins. Boîte courte, blocage de différentiel central voire arrière (option à 300 €, de série sur Escalade) l'extraient de toutes les ornières.

Le Fullback aurait gagné à imiter l’Amarok : transmission intégrale enclenchable à ses premiers niveaux de finition, a priori destinées à un usage professionnel, permanente au-delà. C’est plus sûr, dans le cadre d’une utilisation familiale. Mais un pick-up, par sa masse et sa position haute de conduite, amène naturellement à une conduite apaisée. A rythme paisible, le Fullback avère plaisant à mener, au point de faire oublier sa taille et son poids. En ville, c’est une autre histoire. Heureusement, la caméra de recul aide à ne pas se garer sur une Smart.

Le Fullback n’oublie cependant pas le premier métier d’un pick-up : charger, grimper, franchir. Garde au sol de 21 cm, boîte courte, suspensions à large débattement, blocage de différentiel central, voire de différentiel arrière en finition haute ou en option (300 €) : ainsi armé, il continue de rouler quand la route s’arrête, même avec une tonne de matériel sur la benne.

 

Dans l’habitacle du Fiat Fullback

tableau de bord Fiat Fullback (2016)
Exactement la même planche de bord que sur le Mitsubishi L200 : moderne, bien agencée, fonctionnelle. L'écran central de 6 pouces vient de série.

Le dernier Mitsubishi L200 a modernisé le style de sa planche de bord : large console centrale à aérateurs verticaux encadrant l’écran multimédia de 6 pouces, ambiance biton, joli mouvement de vague côté passager, deux gros cadrans à bords chromés côté conducteur. Elle est visiblement du goût du FullBack : il l’a reprise intégralement, plaçant juste un logo Fiat au centre du moyeu du volant. A l’examen, la bonne impression d’ensemble baisse d’un cran : plastiques durs, quelques vis apparentes.

places arrière Fiat Fullback (2016) double cabine
L'espace ne manque pas au rang arrière, mais pour deux passagers seulement. Même replié, l'accoudoir rend la place centrale inutilisable.
places arrière Fiat Fullback (2016) cabine avancée
Les deux strapontins arrière de la version Cabine Approfondie ne peuvent servir que sur une courte distance : leur dossier est vertical...

Mais chez un pick-up, une dose de rusticité fait partie du contrat, et la belle dotation de base du Fullback Double Cabine fait oublier ces menus détails, d’autant que ses sièges sont confortables. Au rang arrière, les passagers latéraux ne manquent pas d’espace, ni pour la tête, les jambes ou les épaules. Mais s’asseoir sur la place centrale requiert un goût certain du sacrifice : assise dure et bombée, accoudoir central qui ne disparaît pas entièrement dans le dossier et rentre dans le dos. Autre défaut, inhérent au genre pick-up : la verticalité de la paroi de la cabine limite l’inclinaison des dossiers de la banquette. Sur long parcours, les reins de ses occupants en souffrent : le symptôme classique d’un dos en position trop droite.

benne chargée Fiat Fullback (2016) double cabine
La première fonction d'un pick-up, c'est le transport d'objets lourds et volumineux. Longue de 1,52 m, la benne du Fiat Fullback supporte une charge de 1 030 kg.
benne Fiat Fullback (2016) cabine avancée
La benne est plus longue (1,85 m) sur le Fiat Fullback Cabine Approfondie. A mêmes moteur et finition, cette version coûte 2 640 € de moins que la Double Cabine.

Un pick-up se juge aussi à la profondeur de sa benne : 1,52 m pour le Fullback Double Cabine, voire 1,85 m en Cabine Approfondie. Pas le record du monde : Navara (1,58 m), Amarok (1,56 m) et Ford Ranger (1,55 m) font mieux, mais pour quelques centimètres seulement.

 

Concurrence Fiat Fullback

Fiat Fullback (2016) en franchissement

Au bal des pick-up, on prend les mêmes, et on recommence, depuis des années : Toyota Hilux, Nissan Navara, Mitsubishi L200, Ford Ranger, Isuzu D-Max. Plus le Volkswagen Amarok, dernier entrant avant le Fullback. Le D-Max (5,30 m) est le moins cher : à partir de 28 800 € en 2.5 TD 163 ch. Mais il en est resté (confort, équipement, agencement) à la définition ancienne d’un pick-up.

Positionnement inverse pour l’Amarok (5,25 m), qui n’est pas né pour fréquenter la boue des chantiers. A preuve, sa dernière version, V6 224 ch BVA8... Mais ses tarifs s’en ressentent : 35 470 € en TDI 180. Le Ranger aime impressionner : 5,36 m, forte calandre venue droit du F-150, pick-up vedette aux Etats-Unis, goût pour le luxe intérieur. Dès lors, il ne saurait être le moins-disant : 33 310 € en TDCI 160, pour un moindre équipement que le Fullback.

Le Navara (5,33 m) coûte 34 160 € en dCi 160, 36 160 € en dCi 190. Le Hilux la joue modeste : ligne sans fioritures, 2.4 D 150 ch. Mais rappelle par ses tarifs qui est le leader mondial des pick-up : 35 000 €. Enfin, le L200 n’a pas ri quand il a vu les prix du Fullback : à mêmes moteur et équipement, le pick-up Mitsubishi coûte 35 800 €, soit 1 450 € de plus que son jumeau…

 

Bilan essai Fiat Fullback

vue latérale Fiat Fullback (2016)

Fiat a choisi pour base le plus beau des pick-up, le L200. De profil, tout au moins : plateau enchâssé en virgule dans une cabine de Mitsubishi Pajero. De face, le Fullback est plus discret qu’un Ranger ou un Amarok. Mais sa calandre à lames horizontales le rend sympathique.
Par la philosophie, il est proche du Hilux : pas prétentieux, hospitalier, compétent. Sa singularité, il l’affiche par son rapport prix/équipement : le meilleur de la catégorie, à l’exception d’un D-Max techniquement passé de mode. Et frappe un grand coup avec sa garantie de 5 ans ou 150 000 km. Nul ne fait mieux, sauf le Navara, mais à peine : 5 ans ou 160 000 km… Là encore, le L200 est battu : 5 ans ou 100 000 km. Au total, la proposition Fullback est très forte. A un élément près : chez les pick-up, le client est souvent sensible à la légitimité historique d’une marque. Fiat n’en a pas.

On aime

  • Le design, puissant mais sans agressivité
  • Le prix : 1 450 € de moins que son jumeau, le Mitsubishi L200
  • La garantie : 5 ans ou 150 000 km 

On regrette

  • Une copie, sans véritable trait saillant :
       un handicap pour un nouveau venu
  • Les concessionnaires Fiat ne connaissent
       pas le langage des pick-up
  • La place centrale de la banquette est inutilisable
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Commentaires
nicolas.reeb623

Juste un détail qui a échappé à l'auteur de l'article! J'ai essayé le véhicule, et j'ai failli avoir un accident.. en voulant manipuler l'ordinateur de bord pour voir la consomation !!! En effet le bouton pour passer de la temperature au km, puis à la consomation, puis à l'autonomie se situe au mileu du bloc compteur, il faut donc se contorsionner pour y acceder, ou comme moi passer la main dans le volant, et freiné dans le virage !!! C'est vraiment une conception aujourd'hui completement depassé, et soyons clair, vraiment merdique ! La banquette arriere aurait pu se relever, comme sur le nissan ! Sinon, l'article reflette bien mon sentiments après l essai. Apres 4 pick up nissan, cela pourrait bien être le suivant !

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