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Essai Hyundai Kona EV : Paris-Deauville en voiture électrique

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Paris Deauville en Hyundai Kona Electric
Aujourd'hui, nous prenons le volant du Hyundai Kona Electric pour rallier Deauville depuis Paris. Trop facile ?

Avec sa batterie de 64 kWh et une autonomie avoisinant les 500 km, le Hyundai Kona Electric dispose d'un confortable rayon d'action. Suffisant pour s'autoriser une petite virée au bord de la mer ? C'est ce que nous avons voulu vérifier en effectuant le trajet Paris-Deauville par l'autoroute.

Voiture à l'essai : Hyundai Kona Electric 204 ch Executive

À partir de
44 900 €
6 000 € de bonus

Page 1Essai Hyundai Kona EV : Paris-Deauville en voiture électrique 

Il y a encore quelques années, nous serions passés pour des fous à l’idée de faire Paris-Deauville en voiture électrique. Aujourd’hui, la peur de la panne a presque disparu grâce à des modèles « grand public » repoussant toujours un peu plus loin les limites de l’autonomie : 270 km pour la Renault Zoé R110, 285 km pour la nouvelle BMW i3 120 Ah ou encore 300 km pour la future DS3 Crossback E-Tense qui sera lancée à l’automne 2019.

Mais revenons à notre modèle du jour : le Hyundai Kona Electric. Premier petit SUV 100 % électrique du marché, il est disponible en deux versions : une première de 100 KW (136 ch) affichant une autonomie de 312 km (selon le nouveau cycle d’homologation WLTP) et une autre de 150 KW (204 ch) donnée pour… 482 km ! C’est avec cette dernière que nous allons tenter notre expérience. Trop facile, vu la distance à parcourir (environ 200 km) ? Pas si sûr, car nous allons emprunter essentiellement l’autoroute et rouler aux limitations de vitesse.

hyundai kona electric dans paris
Dans sa version la plus puissante, le Kona EV dispose d'un moteur de 150 kW, alimenté par une batterie de 64 kWh. Autonomie annoncée : 482 km !

 

Direction la Normandie

Nous quittons le parking de L’argus, situé à côté de la gare du Nord, avec une batterie pleine et un ordinateur de bord affichant plus de 415 km d’autonomie. Nous sommes un soir pendant les vacances scolaires. Du coup, c’est au ralenti que nous effectuons nos premiers tours de roues, bloqués dans le trafic parisien. Mais très vite, nous ressentons les bienfaits de la voiture électrique : aucun à-coup, aucune vibration ou bruit parasite, la voiture avance sans un bruit, si ce n’est un léger sifflement caractéristique des moteurs électriques. Ces conditions nous sont favorables car la consommation d’énergie est faible. Et encore plus faible après avoir sélectionné le mode « Eco + » permettant de gagner 20 km d’autonomie, en acceptant de se priver de climatisation ou de chauffage.

Julien Sarboraria au volant du hyundai kona electric
Comme toutes les voitures électriques, le Kona EV est agréable à conduire. Mais l'insonorisation manque de soin et la motricité est délicate sur le mouillé.

La circulation commence à se fluidifier en arrivant sur le périphérique. Nous testons alors certains équipements d’aide à la conduite, disponibles en série. Parmi ces derniers, nous apprécions le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction de maintien de voie et d’assistance dans les embouteillages. Vous n’avez plus qu’à tenir le volant, appuyer légèrement sur l’accélérateur après un arrêt prolongé (plus de 3 secondes) et la voiture fait le reste. Une conduite reposante à laquelle s’ajoute un bon confort de roulement, même quand la chaussée est dégradée.

Le Kona EV accélère suffisamment fort pour surprendre plus qu’un automobiliste à la sortie du péage

Nous prenons la sortie en direction de l’autoroute A13. La vitesse autorisée augmente progressivement : 70 km/h, 90 km/h… nous voici à 110 km/h au volant de notre Kona Electric. L’économètre indique que le moteur puise davantage dans les réserves de la batterie. L’ordinateur indique une consommation avoisinant les 19 kWh/100 km mais l’autonomie descend normalement malgré le paysage assez vallonné à hauteur de Porcheville (78).

vue arriÚre hyundai kona electric
Le système de récupération de l'énergie au lever de pied est perturbant au début car il freine la voiture. Il est réglable sur trois niveaux via les palettes au volant.

Nous arrivons à hauteur du premier péage. Mode Sport enclenché, la voiture part en trombe, l’antipatinage s’efforçant tant bien que mal de passer au sol la puissance qui arrive immédiatement. L’accélération ne nous colle pas au siège, mais le Kona EV accélère suffisamment fort pour surprendre plus qu’un automobiliste à la sortie du péage. C’est assez plaisant même si le mode Sport est à consommer avec modération car l’autonomie descend plus rapidement. A 130 km/h, la consommation s’établit à 22 kWh/100 km sur route plate. A cette vitesse, le voyage devient moins agréable à cause de bruits de roulement trop présents. Finalement après 200 km et quelques accélérations supplémentaires, nous arrivons à Deauville avec un compteur affichant 150 km restants. Expérience réussie !

Hyundai kona electric rouge deauville
Nous sommes arrivés à Deauville avec une batterie affichant encore une centaine de kilomètres d'autonomie.

 

Où sont les bornes rapides ?

Nous avons réussi l’expérience, mais un nouveau défi s’offre à nous : trouver un point de recharge. Selon Hyundai, le Kona EV peut récupérer 80 % de son autonomie en moins d'une heure sur une borne de recharge rapide (100 kW). Problème : ces fameuses bornes sont introuvables aujourd'hui.

Julien Sarboraria recharge le hyundai kona electric
La prise de recharge se situe au niveau de la calandre.

Dès lors, nous devons nous contenter d'un chargeur « accéléré » délivrant 22 kW, mais bridé à 7,2 KW par le câble de la voiture. Résultat ? Le temps de charge complet de la batterie passe à 9h35 ! Notre batterie n'étant pas complètement à plat, nous n'aurons pas à attendre aussi longtemps. Mais suffisamment pour flâner dans le centre-ville de Deauville et sur les fameuses planches en bord de mer. Nous regrettons d'ailleurs qu'il n'existe aucune application mobile pour suivre la charge à distance et connaître le temps restant.

Julien Sarboraria attend charge du hyundai kona electric
Comptez près de 10 heures pour recharger le véhicule sur une borne de 7,2 kW.

Durant notre essai, nous avons été amenés à recharger le véhicule à plusieurs reprises, non sans rencontrer des problèmes. Car hormis les rares bornes gratuites, la plupart sont payantes et nécessitent un abonnement. Abonnement pour lequel il faut créer un compte sur Internet ou télécharger une application qui ne fonctionne pas toujours. Plusieurs fois, nous avons dû appeler l'assistance car la borne ne fonctionnait pas. Au mieux, ils ont pu nous activer la charge à distance, au pire nous renvoyer vers une autre station en nous expliquant que le client précédent a planté la machine car « il n'a pas suivi la procédure d'arrêt de la charge ».

Certes, un client du modèle achètera une carte d'abonnement (type Chargemap) pour éviter ces désagréments, mais cela n'évitera pas toujours les problèmes des bornes. Sans oublier que toutes les bornes ne sont pas compatibles avec toutes les prises (Type 2 et Combo sur le Kona EV)... Des problèmes qui peuvent vous faire regretter la facilité d'utilisation d'une station-service…

 

Bilan essai Hyundai Kona Electric

feux arriÚre hyundai kona electric rouge
Notre version d'essau coûte près de 39 000 euros, bonus déduit.

Oui, le Hyundai Kona Electric est parvenu à rallier Deauville depuis Paris en roulant normalement et sans craindre la panne. Oui, le Kona Electric est agréable à conduire, confortable, sain malgré son poids (1 760 kg à vide) et capable de surprendre le conducteur d'une petite GTI au feu rouge. Mais ces qualités indéniables ne peuvent masquer le temps de recharge trop important dû à l'absence d'une infrastructure de recharge rapide.

Les qualités indéniables du Kona Electric ne peuvent masquer ces deux gros défauts : le temps de charge et le prix d'achat

Mais le véritable frein reste à ce jour le prix d'achat. Notre Kona Electric 64 kWh en finition haut de gamme Executive, certes richement équipé (climatisation automatique, phares à LED, sellerie cuir, sièges électriques et chauffants ou encore peinture métallisée), coûte la bagatelle de 44 900 euros. Le bonus écologique de 6 000 euros permet de ramener le prix à 38 900 euros, mais cela reste tout de même plus de 10 000 euros plus cher qu'un Kona thermique de puissance équivalente (1.6 T-GDi 177 essence).

 

On aime

  • Autonomie confortable
  • Performances
  • Equipement de série très riche

 

On regrette

  • Motricité délicate sur sol mouillé
  • Insonorisation sur voies rapides
  • Pas d’application mobile pour suivre la charge
  • Prix trop élevé malgré le bonus écologique

 

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Commentaires
Voir tous les commentaires (12)
JMT64

45 minutes pour 80% de charge, non? Avez vous calculé de façon précise le coût de la recharge et que pensez vous de ceux qui affirment qu'en recharge on est sensiblement au delà des 64 kWh de la batterie? Autour de 80 kWh?

JMT64

"..capable de surprendre le conducteur d'une petite GTI au feu rouge." Oui bon.. on n'est tout de même pas au niveau des perfs d'une Ford Fiesta ST de 200 ch.. quel intérêt d'ailleurs? Une question tout de même. Arrivé à Deauville l'autonomie restante annoncée est de 150 km. A 130 km/h?

Georges Braissant

Je m’aperçois que personne ne connaît un vrai véhicule électrique et encore moins de le conduire. J’ai un kona électrique qui donne toutes satisfactions. Autonomie 510 km. Voir jusqu’à 545 km. Le temps de charge aux bornes rapides 45 minutes. Aux bornes accélérées 1h45. Ne démarrez pas en mode sport. Ma borne à domicile le temps de charge 32A = 7h35 = 480 km. Par temps froid aucune perte d’autonomie. Exemple le Jura et les Alpes 5 degrés. Un parcours que je fais souvent. Croyez moi, Tesla que je connais très bien n’en fait pas autant.

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