Essai Hyundai Tucson hybride rechargeable face au Volkswagen Tiguan
habillage
banniere_haut

Essai Hyundai Tucson hybride rechargeable face au Volkswagen Tiguan

Le Hyundai Tucson remporte un succès inédit dans la catégorie des SUV compacts grâce à son style audacieux. Reste à savoir comment il se compare en version hybride rechargeable au Volkswagen Tiguan, qui vient d'être restylé.

Par Camille Pinet
Publié le Mis à jour le

La dernière génération de Hyundai Tucson a été lancée en 2020, peu avant le restylage du Volkswagen Tiguan.

CLEMENT CHOULOT

HYUNDAI Tucson Plug-In Executive

  • - Moteur : Hybride
  • - Puissance: 265 ch
  • - Lancement : Janvier 2021
  • - A partir de 50 100 €
  • - Ni bonus ni malus

VOLKSWAGEN Tiguan 1.4 eHybrid R-Line Exclusive

  • - Moteur : Hybride
  • - Puissance: 245 ch
  • - Lancement : Décembre 2020
  • - A partir de 52 270 €
  • - Ni bonus ni malus

Le succès d’un modèle se mesure parfois à sa présence sur nos routes. Dans le cas du Tucson, il est éclatant : on en croise à presque tous les coins de rue, et on y prête d’autant plus attention que son style se distingue résolument de la masse de ses concurrents. Hyundai ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction : il est parvenu au début de l’année 2021 à placer son champion à la quatrième place des SUV compacts les plus vendus en France, alors même que la version PHEV n'était pas lancée. Pour un modèle aussi imposant et coûteux, ce n’est pas un mince exploit. Et ce succès prend encore plus de relief si l’on considère qu’il se vend largement deux fois plus de Tucson que de Volkswagen Tiguan.

Sur le plan du style, le Tiguan apparaît conservateur en comparaison du Tucson.

Un vrai symbole quand on se souvient que Hyundai a toujours regardé Volkswagen comme l’exemple à suivre en termes de design et de conception, au point de recruter moult transfuges du groupe allemand. L’élève dépasse donc le maître, et c’est tout aussi vrai lorsque l’on compare les fiches techniques des deux SUV dans leurs versions hybrides rechargeables : le Tucson est en effet le mieux disant en termes de puissance avec 265 ch contre 245 ch pour le Volkswagen, tandis qu’il propose d’emblée les quatre roues motrices et la batterie la plus volumineuse avec 13,8 kWh contre 13 kWh pour le SUV allemand. Le Volkswagen Tiguan n’a cependant pas tout à fait dit son dernier mot. Il vient en effet de profiter d'un important restylage, qui lui permet de bénéficier de toutes les nouveautés technologiques du groupe. Et l'on sait combien Volkswagen joue le futurisme en matière de multimédia et d’aides à la conduite.
 

Prix Hyundai Tucson

Une Hyundai à plus de 50 000 €, voilà qui aurait fait tousser il n’y a pas si longtemps. Il existe pourtant encore plus cher dans la gamme avec le Santa Fe et la Ioniq 5 73 kWh. Un nouveau témoignage du chemin parcouru par le constructeur, qui reste cependant fidèle dans le cas du Tucson à sa politique de limiter les options. Dans ce haut de gamme Executive, tout ou presque est en série, y compris la sellerie cuir et le toit ouvrant panoramique, le hayon motorisé et la télécommande permettant de sortir le véhicule de son garage sans monter à bord. À noter d’ailleurs que le Tucson est proposé depuis peu dans une version N line Executive facturée au même tarif mais qui troque le toit ouvrant électrique contre une présentation extérieure plus alléchante. Comme toujours, le Tucson bénéficie de la fameuse garantie de 5 ans (8 ans pour sa batterie) et de la mise à jour gratuite de sa cartographie. Enfin, tout comme le Volkswagen, il rate de peu le bonus écologique de 1 000 € allouable aux hybrides rechargeables, mais seulement lorsqu'ils coûtent moins de 50 000 €. 

Hyundai Tucson Plug-in 2021


Prix Volkswagen Tiguan

Dépourvu de la transmission intégrale et un peu moins puissant, le Tiguan est tout de même facturé 2 260 € plus cher que son rival. Heureusement, son équipement est à la hauteur puisqu’il dispose dans la dotation R-Line Exclusive du toit ouvrant panoramique, de la sellerie cuir « Vienna », des sièges électriques ou encore des phares Matrix. Contrairement au Hyundai, il offre encore un généreux choix d’options, depuis l’affichage tête haute à la commande vocale en passant par le système de navigation haut de gamme Discover Pro avec écran 9,2 pouces dont était équipé notre modèle d’essai. De quoi faire monter la facture tout près des modèles équivalents de certaines marques de luxe. Quoi qu’il en soit, le Tiguan ne peut guère rivaliser avec le Tucson en matière de rapport prix/équipement.

Volkswagen Tiguan eHybrid 2021

 

À conduire

Avec 265 ch, le Hyundai revendique une puissance plus que confortable, mais il ne faut pas oublier de lire la fiche technique jusqu’au bout. Le coréen souffre en effet d’un déficit de 50 Nm de couple par rapport à son rival. Lorsqu’il s’agit de déplacer 2 tonnes, ce chiffre a son importance. De fait, même si le score de 8,2 s affiché au 0 à 100 km/h apparaît satisfaisant, on reste toujours un peu sur sa faim lorsque l’on écrase l’accélérateur. Pas question de rechercher la moindre once de sportivité dans ce SUV, qui préfère une conduite apaisée permettant de tirer le meilleur de son mode roue libre. Tout comme pour le Volkswagen, ce dernier préfère laisser la voiture progresser sur son inertie plutôt que de jouer sur la récupération d’énergie au freinage, d’autant plus qu’il ne propose pas de mode B.

Avec 265 ch mais « seulement » 350 Nm de couple, les accélérations sont correctes, sans plus.

Le comportement routier du Tucson apparaît satisfaisant, même si la sensation de masse est constante au volant. Il se révèle pourtant plus souplement amorti que la version hybride simple, ce qui correspond bien à sa vocation familiale. Mais, là encore, la masse dicte sa loi et les trépidations à basse vitesse ne manquent pas. Nous avons naturellement tenté d’évaluer l’autonomie en tout-électrique, mais notre exemplaire s’est révélé incapable de maintenir ce mode sur la durée malgré un départ avec une batterie pleine. Nous pouvons estimer cependant le rayon d’action électrique à 40 km sur un parcours mixte, ce qui est satisfaisant compte tenu de la masse de l’engin. Enfin, batterie vide, la consommation s’établit à 6 l/100 km sur route et à 8 l/100 km sur autoroute. Nous avons également mis à l’épreuve les aides à la conduite du coréen, qui ne brillent pas par leur efficacité. Le maintien actif dans la voie souffre en effet d’un effet ping-pong marqué, et la réactivité du régulateur adaptatif n’est pas vraiment au meilleur niveau.
 

Un Volkswagen plus tonique  

Même si visuellement le Tiguan apparaît moins imposant que le Tucson, il mesure à quelques millimètres près la même longueur. Il revendique en revanche 3 cm de moins en largeur et offre des contours plus faciles à appréhender : il se révèle dès lors nettement plus simple à manœuvrer lorsqu’il s’agit de le stationner dans une place de garage exiguë. Certes, le Hyundai dispose de la télécommande permettant de le sortir, mais les conditions nécessaires pour que le dispositif fonctionne sont rarement réunies. À la première accélération, la différence de tonicité avec le coréen est flagrante, bien plus que le 0 à 100 km/h en 7,5 s ne le laisse entendre. Il y a fort à parier que sa nature de traction lui fasse perdre quelques dixièmes de seconde dans l’exercice, d’autant plus que les effets de couple dans la direction sont très perceptibles ; on se croirait presque au volant d’une Opel Corsa GSI des années 1980 ! Néanmoins, lorsqu’on déclenche le mode GTE, le Tiguan est capable de donner l’illusion de la sportivité grâce à ses accélérations et à son amortissement piloté optionnel relativement efficaces. Il se montre également plus confortable que le coréen même si le bilan n’est pas parfait, notamment à basse vitesse.

Grâce à ses 50 Nm supplémentaires, le Volkswagen Tiguan apparaît bien plus nerveux que son rival.

L’autonomie en mode électrique apparaît moins éblouissante. Le moteur thermique s’est en effet déclenché au bout de 40 km d’un parcours urbain beaucoup moins exigeant que celui que nous avons imposé au Hyundai. Toutefois, il apparaît là aussi plus agréable à rouler dans ce mode grâce, une fois encore, au couple de son moteur électrique. Batterie déchargée, le Tiguan étonne par son appétit élevé alors qu’il pèse presque 200 kg de moins que son rival. Nous avons pointé certes 6,4 l sur route, mais les choses se gâtent sur autoroute, où il réclame 8,5 l/100 km. Pourtant, le SUV allemand propose la même stratégie que le Hyundai et privilégie la roue libre – bien que disposant d’un mode B – toujours agréable pour ceux qui aiment voyager en utilisant au minimum les freins. Enfin, les aides à la conduite de notre exemplaire d’essai se sont révélées peu efficaces, même si elles offrent les mêmes fonctions que celles de l’ID.3 et de la Golf. La lecture de panneaux très fantaisiste, ainsi que des interventions intempestives de l’assistant de conduite en virage, conduisent à rapidement tout couper.
 

À vivre

Audacieux à l’extérieur, le Tucson l’est aussi à l’intérieur et n’imite en rien le Volkswagen. Très épurée, sa planche de bord propose une ergonomie assez personnelle avec notamment une boîte de vitesses à boutons et des touches tactiles pour la climatisation et les menus multimédia. La qualité de finition est correcte, mais ici le Volkswagen reprend nettement l’avantage. Même si depuis le restylage il fait appel à des touches tactiles et haptiques peu agréables, ses plastiques sont de bien meilleure facture ; un petit reste des Volkswagen du monde d’avant. Pour autant, le Tiguan bénéficie du nouveau système multimédia et de l’instrumentation numérique déjà vus sur la Golf 8. Nettement plus évolués que ceux du Hyundai, ces équipements souffrent hélas des mêmes défauts observés depuis maintenant plus de deux ans : une lenteur au démarrage et des saccades régulières qui peuvent se manifester y compris dans l’affichage de la caméra de recul.

Le dessin de la planche de bord du Tucson est novateur et épuré.
La qualité de finition reste au niveau de celle des VW d'avant l'ID.3.

Plus simple, le système du Hyundai a au moins le mérite de fonctionner de manière fluide, même si son ergonomie n’a rien d’irréprochable. Nos deux rivaux perdent évidemment du volume de coffre en raison de leurs batteries, mais dans l’exercice c’est le Volkswagen qui souffre le plus en concédant 82 litres à son rival. Le Tiguan se rattrape cependant en proposant une banquette coulissante en deux parties indisponible sur le Tucson, qui se contente de dossiers réglables. Tous les deux font jeu égal en termes d’habitabilité à l’arrière, excellente, sauf pour le passager du milieu qui doit composer chaque fois avec un console proéminente accueillant les aérateurs dédiés. On ne peut pas tout avoir. À noter enfin que le Tiguan propose bien plus de rangements, notamment au niveau de la planche de bord. 

Un exemple des problèmes d'ergonomie du système multimédia Hyundai : pour accéder à la liste des stations de radio, il faut non pas appuyer sur la station affichée, mais aller chercher un menu caché en haut à gauche.
À la fois haptiques et tactiles, les nouveaux boutons du volant du Tiguan s'avèrent beaucoup moins agréables à utiliser que les anciens et sont facilement marqués par les traces de doigt. Une dépense inutile...

A LIRE. Le Hyundai Tucson hybride défie le Kia Sportage 2022

Tags
Soyez le premier à réagir
Envoi en cours
Manimu Le 02/07/2021 - 10:57
J'ai ma Tucson PHEV depuis quinze jours et je reste impressionné par l'harmonie de l'offre dans son ensemble. Je suis assez d'accord avec l'analyse, sauf sur la qualité de finition dont la différence avec l'allemande est désormais minime (et, en partie, affaire de goût). Je confirme que la motorisation n'est pas des plus toniques, par contre on sent très bien la puissance de l'ensemble thermique/électrique admirablement synchronisé dégageant une impression de maîtrise parfaite des éléments en adéquation avec la conception harmonique globale du véhicule. Ceci dit, sur la Tiguan il y a peut-être un mode GTE rappelant le temps (bientôt?) révolu de la sportivité à l'allemande et l'esprit de gaspillage énergétique, néanmoins il existe sur la Tucson un mode sport qui est fort sympathique et dont vous ne parlez même pas dans l'article. J'avais une Mini JCW de 2017 avant (rien à voir évidemment), mais c'est pour dire que je sais ce qu'est une conduite plus sportive ;-) Eh bien, cette Tucson, si l'on a la patience d'apprendre à bien l'utiliser, offre encore de beaux moments de conduite qui peuvent tout à fait être amusants! Après, c'est vrai, le goût des sportives et autres voitures de l'excès m'est personnellement un peu passé et j'apprécie aujourd'hui davantage la sensation d'équilibre technologique et l'épure futuriste.
Haredras Le 02/07/2021 - 10:08
Le Tiguan a vraiment un problème de surconsommation en version essence ou hybride, ça ressort de tous les comparatifs
Voir tous les commentaires (2)