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Essai Jeep Cherokee 2018 : notre avis sur la Jeep Cherokee restylée

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Moins futuriste qu'auparavant, la face avant du Cherokee restylé, désormais plus verticale, correspond mieux à l'idée que l'on se fait d'une Jeep. Les tarifs démarrent à 36 450 € pour la version diesel de 150 ch à deux roues motrices.

La première Jeep conçue depuis le rachat par Fiat a entrepris début 2018 une remise en forme substantielle esthétique et mécanique. Elle arrive enfin en France, mais ne suffit pas à remettre le Cherokee au niveau d'un segment qui a fait le plein de nouveautés.

Voiture à l'essai : Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2WD

  • Moteur Diesel | Puissance : 195 ch
  • Lancement : septembre 2018
À partir de
39 950 €
4 253 € de malus

Page 1Essai Jeep Cherokee 2018 : notre avis sur la Jeep Cherokee restylée 

Pour la marque Jeep, le rachat de Chrysler par Fiat a été une petite révolution. Le groupe italien lui a en effet permis de surfer enfin sur la vague des SUV, ce qu’elle avait eu le plus grand mal à faire jusque-là malgré sa légitimité en matière de 4x4. L’histoire a commencé avec le Cherokee en 2013. Construit sur une plateforme modifiée d’Alfa Romeo Giulietta, ce modèle a introduit de nombreuses nouveautés à commencer par le moteur transversal et la disponibilité d’une transmission deux roues motrices.

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)

Malgré son style atypique, il a remporté un succès considérable aux Etats-Unis mais n’a pas convaincu en Europe. Son restylage de mi-carrière intervient alors que la concurrence s’est singulièrement étoffée. Pour autant, ses évolutions sont mineures : le moteur diesel 2.2 Multijet dépollué n’est désormais proposé qu’en version 195 ch, mais il peut être commandé pour la première fois en version deux roues motrices. Son habitacle a été légèrement remanié mais c’est finalement sa face avant, plus virile, qui se fait le plus remarquer.  
 

Un malus dévastateur pour le Cherokee

Selon Jeep, le rapport prix/équipement du Cherokee restylé est nettement plus favorable qu’auparavant. La comparaison est cependant difficile à faire puisque la version précédente n’existait pas en version deux roues motrices et que les puissances du 2.2 Multijet ont été unifiées : il n’existe plus qu’en version 195 ch contre 185 et 200 ch auparavant. Quoi qu’il en soit, les tarifs du Cherokee restylé sont dynamités par les montants du malus écologique. Il atteint en effet 4 250 € sur le modèle 195 ch deux roues motrices et 6 053 € sur la version 4x4.

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)

Le tarif plancher du nouveau Cherokee est donc de 44 203 € malus inclus, à comparer aux 44 990 € d’un Peugeot 5008 GT EAT8 (malus inclus). La version 4x4, disponible à partir de la finition Limited, démarre elle à 53 003 €, que l’on peut opposer aux 49 173 € d’un Audi Q5 2.0 TDI 190 ch quattro S tronic, toujours en incluant le malus. Et ne croyez pas que la version 150 ch à transmission manuelle améliore significativement les choses : celui-ci est en effet redevable de 3 853 €. Difficile avec un tel boulet de remonter la pente. Le Cherokee peut faire valoir tout de même un équipement généreux, qui inclut en série dès la finition Longitude l’ouverture mains libres, la caméra de recul ou encore les phares à LED. Notre modèle d’essai Limited y ajoute la sellerie cuir, le GPS avec écran de 8,4 pouces ou encore les jantes de 19 pouces. Il faut au moins ça pour faire passer la pilule…

 

Essai de la Jeep Cherokee restylée

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Le 2.2 diesel s'accommode bien de la masse du Cherokee. Sa consommation avoisine les 8 litres aux 100 km sur un parcours mixte.

Nous avons d'abord pu prendre en main la version deux roues motrices 195 ch qui constitue la principale nouveauté de la gamme. Jeep a profité de l'absence de transmission intégrale pour rabaisser son SUV de 5 cm, de quoi améliorer l'aérodynamique et réduire considérablement le centre de gravité. Malheureusement, les ingénieurs semblent s'être arrêtés en chemin. Très fermement suspendu, le Cherokee deux roues motrices rebondit sur les bosses et offre un comportement de SUV des premiers temps, incapable de proposer un compromis satisfaisant entre confort et efficacité.

La version deux roues motrices de la Jeep Cherokee restylée est à éviter...

Certes, le roulis apparaît bien maîtrisé et le comportement sûr, mais beaucoup de défauts nuisent à l'expérience de conduite, à commencer par la masse considérable. S'y ajoute une transmission à neuf rapports à la gestion très perfectible. Elle tarde trop souvent à rétrograder, notamment au freinage, ce qui provoque une résistance du moteur à la décélération. Trop ferme, la direction n'offre qu’une précision très moyenne, tandis que l'antipatinage se révèle paresseux et brutal. Enfin, des effets de couple assez violents peuvent se faire sentir à l'accélération.

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)

La bonne surprise vient du moteur, très coupleux et volontaire, qui s'accommode très bien de la masse de l'auto. Hélas, il se montre beaucoup trop bruyant à l'accélération, où il fait entendre quelques notes de moteur diesel d'autrefois. Enfin, même en tout chemin, l’engin n’apparaît pas à son avantage par rapport à d’autres modèles deux roues motrices dont certains sont pourvus d'un système électronique de type  Grip Control inexistant sur le Cherokee. Bref, dans cette configuration, il paraît avoir dix ans de retard par rapport à ses concurrents directs. Le bilan est moins négatif en 4x4. Le confort de suspension est en effet supérieur sans que le comportement routier soit dégradé. Enfin, avec cette transmission, il offre des compétences hors piste avec lesquelles peu de SUV compacts peuvent rivaliser.

 

Dans l’habitacle du Jeep Cherokee restylé

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
L'habitacle du Jeep Cherokee n'évolue qu'à la marge, en adoptant de nouveaux matériaux, une console centrale redessinée et un système multimédia inédit. L'ensemble offre une finition honorable mais des assemblages moyens, surtout à ce niveau de tarif.
Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Le système multimédia est à la page, mais le Jeep Cherokee ne dispose pas des dernières aides à la conduite comme ses concurrents allemands.
Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Grâce à la banquette coulissante, l'espace à l'arrière est très généreux. Le tunnel de transmission est bien présent, mais moins gênant que chez certains concurrents.
Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Grâce à ses dimensions généreuses, le Cherokee offre un volume de coffre très correct de 448 l, qui peut passer à 570 l lorsque la banquette est avancée au maximum.
Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Le Cherokee n'offre pas de banquette rabattable en plancher totalement plat ou de sièges individuels. Il n'existe pas non plus de version sept places.


Concurrence Jeep Cherokee restylé

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)
Jeep Cherokee
Audi Q5

On peut dire que la partie n’est pas facile pour le Cherokee puisqu’il s’oppose au gratin des SUV compacts premiums qui ont pour la plupart été renouvelés récemment. En dehors de l’Audi Q5 déjà cité, on peut évoquer bien entendu le BMW X3 20d (à partir de 45 900 €), qui n’est disponible qu’en transmission intégrale mais dont le malus de 613 € est encore tolérable. Qui dit BMW X3 dit également Mercedes GLC, dont les qualités routières sont infiniment supérieures à celles de la Jeep. Lui aussi n’est disponible qu’avec la transmission intégrale en version 220D 170 ch. Comme toujours, la marque à l'étoile tape fort avec des tarifs démarrant à la frontière des 50 000 € mais ses émissions de CO2 de 129 g/km lui permettent d’afficher un malus raisonnable de 253 €.

BMW X3
BMW X3
Mercedes GLC

En dehors des références allemandes, la concurrence est également rude au sein du groupe FCA : l’Alfa Romeo Stelvio 2.2 180 ch (à partir de
42 300 €), 350 kg plus léger, apparaît à la fois plus plaisant à conduire, beaucoup plus sobre et plus confortable tout en se montrant moins coûteux à l’achat. On l’aura compris, le Cherokee ne se justifie qu’en version 4x4. Ce n’est qu’ainsi qu’il trouve à qui parler en matière de malus : le Land Rover Discovery Sport 2.0 TD4 BVA 180 ch réussit à faire pire avec 7 340 € d'écotaxe, à ajouter à son tarif d’accès de 43 271 € !  Il s’avère néanmoins plus confortable et mieux fini que le Jeep.

Land Rover Discovery Sport
Alfa Romeo Stelvio
Land Rover Discovery Sport

 

Bilan essai Jeep Cherokee 2018

Jeep Cherokee 2.2 Multijet 195 2 WD (2018)

Le restylage du Cherokee ne fait pas de miracle. Ce modèle reste le plus ancien de la gamme Jeep et son malus pénalisant n’est malheureusement pas son seul défaut. Bruyant, inconfortable et doté d’une transmission peu efficace, le modèle deux roues motrices ne fait pas le poids face à des concurrents profilés, allégés et dotés des dernières aides à la conduite. Seule sa version 4x4, bien plus compétente que la moyenne de ses concurrents dans les sous-bois se justifie. Malgré ses prétentions, il reste donc un modèle de niche à réserver aux spécialistes des escapades hors piste. Heureusement, Jeep compte d’autres modèles plus adaptés au marché européen dans sa gamme !

On aime

  • Ligne plus consensuelle
  • Version 4x4 efficace en tout-terrain
  • Equipement généreux

On regrette

  • Masse trop élevée
  • Inconfort de suspension
  • Transmission inadaptée
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