Essai Seat Arona 1.0 TGI : notre avis sur l'Arona qui roule au GNV
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Essai Seat Arona 1.0 TGI : notre avis sur l'Arona qui roule au GNV

Seat conforte son positionnement sur le GNV avec un second modèle en France pour 2019, l'Arona 1.0 TGI. Réservoirs bien intégrés, autonomie confortable, fonctionnement proche de l'essence : un modèle au coût d'usage concurrentiel mais limité par un réseau de pompes embryonnaire.

Par Nicolas Valeano
Publié le

La Seat Arona TGI est le premier SUV du marché à proposer ce type de motorisation au GNV/Essence. Elle est disponible au prix de départ de 21 070 € en finition Style.

SEAT Arona 1.0 TGI 90ch GNV Start/Stop Style

  • - Moteur : Gaz
  • - Puissance: 90 ch
  • - Lancement : Mars 2019
  • - A partir de 21 070 €
  • - Ni bonus ni malus

En France, le GNV (gaz naturel véhicules) reste un carburant méconnu. On le confond facilement avec l’autre carburant gazeux, le GPL (gaz de pétrole liquéfié), qui est stocké sous forme liquide, dont la formule chimique est différente (butane et propane), qui reste un produit pétrolier et dont les points de distribution sont plus nombreux. Le GNV peut avoir pour sa part différentes origines : gisements gazeux ou, surtout, bioGNV issu de la fermentation de déchets organiques, ce qui en fait une source d’énergie renouvelable. Dans tous les cas, il s’agit de méthane (CH4) stocké sous forme gazeuse avec une pression de 200 bars.

Seat Arona 1.0 TGI (2019)

Avantage du GNV, le carburant est vendu moins cher que le diesel (il se mesure au poids, avec 0,99 à 1,30/kg TTC dans la centaine de stations publiques en France, 1 kg équivalent à 1,3 l de gazole) et ses émissions polluantes sont très réduites (- 95 % de particules fines et jusqu’à - 75 % d’oxydes d’azote par rapport à un diesel). En outre, il présente un excellent bilan carbone du puits à la roue lorsqu’il s’agit de bioGNV, - 80% par rapport à un véhicule diesel de même génération selon l’AFGNV, l’association de promotion de la filière, dont fait partie Seat. La marque espagnole du groupe Volkswagen est forte de deux modèles GNV avec la Leon et surtout, cette Arona TGI essayée ici, qui a été dévoilée au dernier Mondial de l’Auto à Paris. Elles sont construites sur la même ligne d’assemblage que les autres motorisations à Martorell en Catalogne.

 

Au volant de la Seat Arona 1.0 TGI

Seat Arona 1.0 TGI (2019)

Si l’Arona TGI peut tourner indifféremment à l’essence ou au GNV, elle est conçue pour rouler au quotidien au gaz (360 km d’autonomie WLTP) et, si besoin, elle est capable de repasser en essence pour prolonger son autonomie d’environ 150 km avec les 9 l de SP95 qu’elle embarque. Il n’y a pas de bouton permettant un passage manuel pour se remettre à l’essence et tout a été fait pour que le GNV offre un fonctionnement en tout point similaire à son équivalent essence, le TSI 95. Sauf que le moteur bénéficie ici d’une boîte à 6 rapports au lieu de 5 et le couple et la puissance ont été retravaillés : leurs valeurs maximales sont un peu plus faibles, mais disponibles sur une plus grande plage.

De nombreux éléments du moteur ont par ailleurs été renforcés pour résister aux contraintes particulières au gaz, comme les pistons, les soupapes, les chambres de combustion, les segments, etc. Au-delà du traitement des pièces en mouvement, le bloc de la Seat adopte différents éléments qui lui sont propres, comme le régulateur de pression électronique qui fait passer le gaz de 200 bars à une pression de 5 à 9 bars avant d’être injecté dans le moteur. L’échappement est lui aussi spécifique pour ce modèle tandis que le turbo est d’un diamètre inférieur.

Seat Arona 1.0 TGI (2019)

Résultat, le petit 3-cylindres est toujours onctueux et souple, il suffit à assurer une conduire tranquille tandis que si l’on cherche à le faire monter dans les tours, on sera vite déçu tant sa sonorité devient rauque et les gains en performances modestes. Il faut dire que petit SUV espagnol embarque ici 128 kg supplémentaires, notamment à cause de ses trois bonbonnes de gaz en acier épais. Les accélérations sont suffisantes mais n’offrent rien d’ébouriffant, avec plus de 13 s de 0 à 100 km/h. Des prestations qui correspondent à la vocation de cette petite auto polyvalente et sage, à l’aise en ville où sa vignette Crit’air 1 lui donne accès dans tous les cas. Pour un usage routier plus intense et souvent en charge, mieux vaudra se tourner vers la Leon TGI, forte de 130 ch.


Dans l’habitacle de la Seat Arona 1.0 TGI

Seat Arona 1.0 TGI (2019)
La planche de bord est bien connue, rien n'y change pour cette version TGI. Seuls les plus observateurs pourront remarquer les compteurs avec 2 jauges, une pour chacun des carburants.
Seat Arona 1.0 TGI (2019)
Les places arrière sont intégralement préservées. Elles abritent sous leur assise une des trois bonbonnes de gaz en acier.
Seat Arona 1.0 TGI (2019)
Dans le coffre, le volume pâtit de l'encombrement des bonbonnes. Le volume perd 111 l pour atteindre désormais 282 l.
Seat Arona 1.0 TGI (2019)
Un voyant vert confirme le fonctionnement au GNV. Il s'éteindra si la voiture venait de repasser en essence.
Seat Arona 1.0 TGI (2019)
Le régulateur de pression profite de la chaleur du liquide de refroidissement pour éviter le givre dû à la chute de pression du gaz.

 

Prix et concurrence Seat Arona 1.0 TGI

Vendu à partir de 21 070 €, le modèle TGI est placé à peu près au niveau du TDI 95 ch équivalent, soit 1 820 € de plus que le TSI 95 essence. Mais c’est surtout à l’usage que le GNV est économe, avec un prix à la pompe de moins de 1,30 €/kg et une consommation officielle selon la norme WLTP autour de 4 kg/100 km. Nous avons relevé lors de notre journée d’essai dans la région de Madrid entre 4,8 kg/100 km en usage mixte tranquille et 5,8 kg/100 km avec de l’autoroute rapide. A noter, les intervalles de vidange sont fixés à 15 000 km, pour s’assurer de la bonne lubrification du moteur, le GNV étant particulièrement sec. Enfin, de nombreuses aides à l’achat locales peuvent aider à franchir le pas, tandis que les entreprises, premières intéressées par l’excellent TCO offert ici, peuvent récupérer entièrement la TVA sur le carburant et bénéficient d’exonérations de TVS avantageuses.

Seat Arona 1.0 TGI (2019)

En France, l’offre de véhicules équipés en première monte pour rouler au GNV est extrêmement limitée. Face à l’Arona TGI, difficile de trouver un modèle directement concurrent. Il y a bien la Fiat 500 L avec le moteur bicylindre TwinAir de 80 ch, à l’agrément inférieur. Elle est affichée à un tarif proche d’un peu plus de 20 000 euros. On note aussi la présence de la Volkswagen Polo TGI équipée du même moteur que sa cousine de chez Seat, et vendue elle aussi sensiblement au même prix. Quant aux Audi G-Tron, Skoda G-Tech et autres Opel roulant au gaz, elles ne sont pas importées chez nous.

 

Bilan essai Seat Arona 1.0 TGI

Seat Arona 1.0 TGI (2019)

L’offre proposée par Seat avec cette Arona TGI est convaincante mais elle s’inscrit dans un marché à la grande majorité destiné aux flottes captives, séduites par le coût d’usage particulièrement compétitif face aux autres énergies, à condition d’avoir une station à proximité. Et c’est là que le bât blesse, car avec un réseau d’à peine quelques pompes par département, impossible de réellement pouvoir toucher le grand public. Heureusement, la situation va changer : d’ici à la fin de l’année le nombre de points de recharge devrait doubler et, à moyen terme, 300 à 400 stations publiques pourraient mieux mailler le territoire. De quoi permettre de faire évoluer les mentalités autour de ce carburant alternatif et, surtout, lorsqu’il s’agit de bioGNV, renouvelable.


On aime

  • Excellente intégration
  • Fonctionnement identique à l’essence
  • Coût d’usage

On regrette

  • Performances un peu justes en charge
  • Coffre amputé et roue de secours supprimée
  • Réseau de distribution trop limité
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