Essai Smart #1 : notre avis sur la Smart 2.0
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Essai Smart #1 : notre avis sur la Smart 2.0

Bien loin du concept de micro-citadine des débuts, la première Smart issue de la coentreprise de Mercedes et Geely est un petit SUV électrique. Son design a le mérite de l’originalité, mais ses prestations sont-elles à la mesure de son positionnement premium et sa fiche technique haut de gamme ? Notre premier essai tente d’en apporter la réponse.

Par Nicolas Valeano
Publié le

La Smart #1 est proposée à partir de 39 990 € et 47 490 € en version Brabus.

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Dans sa nouvelle définition, Smart s’éloigne bien loin de sa définition d’origine, tout en cherchant à conserver la personnalité forte de la marque. Résultat, voici un petit SUV un peu grand pour être purement urbain (4,27 m) et un peu petit pour se montrer réellement familial. Un compromis qui le positionne face à des berlines comme des SUV compacts électriques généralistes ou premium. Le design marqué, tout en rondeurs, avec une bouille sympathique et un arrière à la Mercedes a été mis au point par le studio de design de la marque allemande. Il reprend des incontournables des modèles électriques, comme les bandeaux de LEDs entre les feux, et joue l’originalité avec son toit enveloppant et ses portes sans montants, qui seront parfaites pour une future version coupé à l'automne 2023 (selon nos informations). Pour la partie technique, en revanche, ce sont les ingénieurs de Geely qui sont à la manœuvre, forts d’une grosse expérience électrique. Ainsi, la plateforme nommée SAE (Sustainable Experience Architecture) est amenée à être partagée avec 16 autres modèles sous 7 marques différentes du groupe dont Volvo (XC20 à l'été 2023). Elle est proposée ici avec une machine électrique de 272 ch, pas moins (du moins au début) pour s’assurer de donner de belles sensations dignes d’un modèle premium comme le vise la marque. La version Brabus, forte de deux moteurs et d’une puissance totale de 428 ch vient couronner cette nouvelle gamme dès le lancement.

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Des lignes tout en douceur et un toit épais façon haut de forme : la #1 impose un style bien à elle.

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Avec une longueur de 4,27 m, la #1 se situe entre une Renault Mégane E-Tech et un Peugeot e-2008.

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Prix et date de lancement Smart #1

Avec un tarif débutant tout juste sous la barre des 40 000 €, Smart rejoint de fait le niveau tarifaire des constructeurs premium. Heureusement, dès l'entrée de gamme, elle est proposée avec un équipement très généreux. En effet, les deux écrans, les sièges électriques, la caméra 360° et toute la modularité devraient être dans le package de base. La voiture ne sera livrable qu’au deuxième trimestre 2023, pour une ouverture des pré-commandes fixée au 18 octobre. Vendue en ligne et auprès d’un réseau d’une cinquantaine d’agents sélectionnés au sein du réseau Mercedes, la #1 ne devrait proposer aucune option avec sa gamme simplifiée de 4 versions, dont une série spéciale de lancement, sauf les choix de couleurs les plus sophistiqués. Elle est proposée avec 3 ans de garantie et de maintenance.

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Proche du concept-car qui donnait un avant-goût de la #1, l’intérieur de série impressionne visuellement, mais aussi par ses aspects pratiques bien pensés.

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Banquette reculée, l’espace arrière est confortable et la garde au toit suffisante pour les plus grands.

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Pro+ Premium/Launch Edition Brabus
39 990 € 43 490/44 790 € 47 490 €
Bonus - 2022 5 000 € 0
Malus au poids non
Puissance fiscale 5 8
Garantie voiture 3 ans, maintenance incluse
Garantie batterie 8 ans/160 000 km
Pays de production Chine

Autonomie et temps de recharge de la #1

Avec une seule grosse batterie de 66 kWh bruts, la Smart #1 peut se targuer d’offrir de très belles autonomies homologuées, jusqu’à 440 km WLTP dans notre configuration Premium. Cependant, nos consommations relevées lors d’un essai ponctué de séances photos, et donc pas tout à fait représentatif d’une conduite normale, nous ont fait constater une valeur restant obstinément autour des 20 kWh/100 km. C’est très correct sur voie rapide, moins pour des trajets urbains... Nos mesures sur notre trajet de référence permettront de chiffrer plus précisément tout cela, avec une voiture en configuration finale. Le généreux chargeur embarqué de 22 kW est livré de série (à partir de la version Premium), permettant de repasser de 10 à 80 % en moins de 3h. Néanmoins, la marque prévoit d’équiper plus souvent ses clients de chargeurs de puissance plus modeste à domicile, suffisants pour une recharge de nuit, avec son partenaire ABB (offres en cours de mise au point).

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Les représentations de la voiture sur l’écran HD sont flatteuses visuellement.

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De série sur tous les modèles, la charge rapide DC de 150 kW permet de reprendre la route en moins de 30 min. Une carte fournie par Digital Charging Solutions donnera accès à de nombreuses stations mais il n’est pas sûr à ce stade qu’il y ait un accord avec Ionity pour des tarifs privilégiés, comme c’est le cas pour Mercedes.

Au volant

Avec une fiche technique aussi alléchante (272 ch et 343 Nm aux roues arrière), il nous tardait de prendre le volant du petit SUV Smart. Et dès les premiers mètres, on se sent à l’aise avec sa bonne position de conduite, son amortissement feutré sur les pavés de Lisbonne, notre terre d’essai, et sa belle vivacité. Mais surtout, attaquant les premiers virages, nous découvrons comment la voiture peut se montrer joueuse sur commande, pas aussi verrouillée dans ses assistances à la conduite que d’autres propulsions électriques comme celles du groupe VW. Il faut dire que le niveau de grip des Continental EcoContact en 19 pouces (de série) et les routes portugaises aident à provoquer de petites glissades à la demande, rattrapées en cas d’excès d’optimisme par l’ESP, même en position off et le mode Sport enclenché. Joueuse, mais pas du tout sportive : c’est surtout la définition souple des suspensions, très orientées confort, qui autorise cela et, à condition de ne pas trop hausser le rythme, on peut simplement se faire plaisir sur de petites routes sinueuses, malgré une masse conséquente de presque 1 800 kg. Le niveau de confort qu’elles autorisent est, par conséquent, élevé, malgré quelques sensations de percussions. Cela s’accompagne d’une insonorisation de bon niveau, mis à part du côté des bruits de roulement, assez présents.

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Sur route sinueuse, la #1 est amusante à défaut d’offrir une grande rigueur.

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Le petit SUV Smart fait tourner les têtes sur la route côtière de Caiscais, près de Lisbonne.

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La régénération au lever de pied, pas toujours facile à doser, est réglable sur 2 niveaux, mais il n’y a pas de position roue libre au programme. En revanche, un mode ”e-pedal” est proposé mais son fonctionnement nécessite de la mise au point : il manque de douceur à l’arrêt complet.

Les commandes au volant, classiques, sont très instinctives et permettent d'activer facilement l’excellent système de conduite semi-autonome sur autoroute. Dommage, Smart n’a pas inclus ici de volant capacitif, qui épargne au conducteur de petits mouvement du volant pour rappeler au système sa présence. Parmi les nombreuses assistances présentes, on regrette qu’il n’y ait pas d’accès direct à la désactivation de suivi actif de ligne, comme toujours agaçante sur petites routes. Le suivi d’attention du conducteur s’est révélé aussi trop sensible sur les modèles à l'essai.

Enfin, pour arriver à bon port, la navigation GPS proposée est correcte mais elle n’est pas au niveau des meilleures pour la précision des zooms à l’approche d’intersection ou pour son ergonomie. Les habitués à Google Maps ou Waze via Android Auto ou Apple CarPlay devront patienter jusqu’au 3e trimestre 2023 pour avoir la possibilité de l’intégrer dans le système de bord, via une mise à jour à distance (OTA).

A bord de la #1

Approchant la #1, l’animation des phares et les poignées de portes motorisées se déployant accueillent son heureux propriétaire amateur de high-tech, avec juste sa clé en poche. Un avant-goût de l’expérience très digitale proposée par cette auto, livrée avec une petite instrumentation électronique de 9,2’’ un peu étriquée, avec des indications de consommation/régénération bien petites pour être réellement lisibles. À partir de la deuxième finition (Premium), un affichage tête haute de 10’’ vient faciliter la lecture des informations de base. Mais l’attention est surtout attirée par le bel écran central de 12,8’’ et son affichage... iconoclaste, avec une mappemonde au dessin très chargé en fond d’écran et un petit renard animé dans le coin en bas à droite, qui amusera certainement les enfants mais n’apporte guère plus. L’interface proposée est riche et on se perd dans les différents menus pour accéder aux très nombreux réglages. Si les graphismes sont parfois peu lisibles, nous avons apprécié la qualité de la caméra à 360° avec représentation en 3D de la voiture. Nous ne pouvons juger de la qualité de la version française, pas encore disponible sur notre voiture d’essai.

Les voitures dont le design de l’habitacle est réellement en ligne avec celui de la carrosserie sont rares. La #1 est de celles-là. Ainsi sa bouille ronde est-elle prolongée dans le traitement de sa planche de bord et son originale console centrale haute aux formes douces. Celle-ci permet une ergonomie bien pensée avec de nombreux rangements (et un emplacement pour remiser sa carte de recharge), sans nuire à l’habitabilité, généreuse aux places avant. Le tout baigne dans la lumière autorisée par le vaste toit transparent, ce qui permet d’apprécier la qualité des matériaux et ajustages de notre modèle de pré-production. 64 tonalités lumineuses au choix permettront de trouver la bonne ambiance de nuit.

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Avec 313 litres en comptant l’espace sous son plancher, le coffre n’est pas le point fort du petit SUV sino-allemand.

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Aux places arrière, l’empattement généreux de 2,75 m se ressent et les passagers sont à l’aise (sauf à la place du milieu, au dossier trop raide), bénéficiant aussi d’une garde au toit largement suffisante. La banquette coulissante sur 13 cm permet de privilégier le volume de coffre en cas de besoin : avec 313 l à peine et un vaste espace perdu sous le plancher, ce n’est pas un luxe.

Concurrence de la #1

À ce jour, le petit SUV Smart tout électrique ne possède pas de réelle concurrente directe sur notre marché. Mais il pourra se trouver dans la même liste d’achat qu’une Renault Mégane E-Tech par exemple, d’un gabarit proche (4,21 m), à partir de 41 700 € en version 220 ch, moins performante. On peut penser aussi à la Mercedes EQA, mais son tarif est un étage au-dessus, à partir de 55 750 €. Plus raisonnable, la Peugeot e-2008 est proposé à partir de 38 750 €, mais avec des prestations en retrait avec ses 136 ch et sa batterie de 50 kWh. Plus proche en terme de prestations électriques, le Hyundai Kona électrique est à partir de 41 700 € en version 64 kWh, fort de 204 ch pour des performances un peu en retrait. Mais il est en fin de vie et ne peut rivaliser avec la présentation très contemporaine de la Smart. Elle trouvera sur son chemin de nouveaux sérieux concurrents dès l’an prochain, avec notamment les futures Mini Aceman et surtout, Countryman électriques, tandis que les constructeurs chinois sur le pas de notre porte auront des arguments design et prix redoutables.

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La version Brabus se distingue visuellement avec son bouclier plus agressif et de fausses prises d’air devant le capot. Elle développe 428 ch grâce à ses deux moteurs.

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Bilan essai Smart #1

Pour un coup d’essai, Smart réussit une redéfinition de sa marque avec une #1 encore un peu brouillonne sur certains aspects, mais bien née. Bien évidemment, il faut se résoudre à oublier (du moins momentanément) la géniale micro-citadine Fortwo. Rentrant dans le rang avec un format SUV d’une taille compacte, Smart se démarque en revanche côté design, avec un intérieur en harmonie avec les formes douces et ludiques de l’extérieur. Ses prestations sont de bon niveau, avec des performances rendant la conduite plaisante, un confort léché, des interfaces originales et un équipement complet. Mais à partir de 40 000 €, il va falloir convaincre les clients, une fois passé l’effet de mode envisageable à son lancement, alors que la concurrence ne cesse de s’étoffer.

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Les livraisons débuteront au 2e trimestre 2023.

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Fiche technique Smart #1

Pro+ Premium/Launch Edition Brabus
Dimensions et poids
Longueur (m) 4,27 4,3
Largeur sans rétros (m) 1,82
Hauteur (m) 1,64
Empattement (m) 2,75
Volume du coffre (l) 323 (+15 à l'avant) 313 (+15 à l'avant)
Poids à vide (kg) 1 800 1 788 1 900
Puissance et performances
Type de moteur arrière, synchrone à aimant permanent (PSM) avant et arrière PSM
Puissance (ch) 272 428
Couple (Nm) 343 543
Transmission aux roues arrière intégrale
Boîte de vitesses 1 rapport
0 à 100 km/h (s) 6,7 3,9
Vitesse maximale (km/h) 180
Batterie, consommation et autonomie
Type de batterie Lithium-ion
Capacité brute - utile de la batterie (kWh) 66 bruts
Puissance du chargeur AC - DC (kW) 7,4 - 150 22 - 150
Conso. mixte WLTP (kWh /100 km) 17 16,7 17,9
Autonomie mixte WLTP (km) 400 440 420
Temps de charge
Prise domestique 8 A (h) 0 à 100 % NC
Borne AC de 10 à 80 % 7,5 h (7,4 kW) 3 h (22 kW)
Borne DC 150 kW de 10 à 80 % 0,5 h

Équipements de série Smart #1 (données provisoires)

Pro+ (39 990 €)

  • Toit panoramique
  • Phares LED avec feux de route automatiques
  • Sièges en similicuir
  • Caméra 360° avec capteurs de stationnement
  • Éclairage intérieur d’ambiance – 64 couleurs réglables
  • Écran central de 12,8’’ et combiné d’instruments digital conducteur 9,2"
  • Chargeur à induction
  • Jantes 19"
  • Poignées de porte affleurantes électriques
  • Sièges conducteur et passager électriques et chauffants
  • Banquette coulissante, 1/3-2/3 et trappe à skis
  • Hayon électrique
  • Climatisation automatique 2 zones
  • Régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go
  • Avertisseur de changement de voie
  • Système de détection d’angles morts
  • Conduite assistée sur autoroute et dans les embouteillages

Premium (43 490 €)

En plus de Pro+

  • Aide au stationnement automatique avec 12 capteurs
  • Chargeur embarqué 22 kW
  • Sièges en cuir
  • Affichage tête haute 10"
  • Système audio Beats 13 HP
  • Pompe à chaleur
  • Feux de route adaptatifs

Launch Edition (44 790 €)

En plus de Premium

  • Sièges en cuir, coloris Blanc Intense
  • Badge édition de lancement « 1 of 1000 »
  • Jantes exclusives 19"
  • Combinaison de peintures exclusive blanc/doré métallisés

Brabus (47 490 €)

En plus de Premium

  • Eléments intérieurs et extérieurs spécifiques Brabus
  • Volant en Alcantara et sièges en suède microfibre
  • Couleurs exclusives Brabus

Option. Peintures mates (prix nc)

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ManuLille Le 30/09/2022 - 23:19
si on pouvait avoir une version avec 150 cv et 10000€ de moins ce serait vraiment bien ... Parce que 40 000€ le ticket d'entrée, ce n'est pas pour tout le monde, et c'est dommage, que les VE ne ciblent que les plus riches !
ChristophedeN Le 30/09/2022 - 09:10
"Longueur (m) 4,27" "Poids à vide (kg) 1 788" Soit 10 cm de moins et 534 kg de plus qu'une Peugeot 308 II. Qui croit encore que cette voiture pollue moins qu'une voiture plus grande de 10 cm et plus légère de 534 kg ? Qui croit encore qu'une voiture électrique fabriquée en Chine permettra d'atteindre la neutralité carbone ?
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