Essence, diesel... les usagers de la route paient-ils le juste prix ?

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cout usage auto
L'usage d'une auto a un coût, certes différents selon les motorisations, mais il pourrait encore s'alourdir selon la Direction générale du trésor.

Rouler coûte cher, entre achat, carburant, entretien... Pourtant, cela pourrait coûter davantage encore. La Direction générale du trésor a estimé les coûts engendrés par les usagers de la route à la communauté : ils sont loin d'être couverts par les taxes et impôts supportés par les automobilistes.

Tout propriétaire de véhicule le sait : la voiture et son usage ont un coût non négligeable. Mais, selon la Direction générale du trésor, ce coût pourrait – voire devrait – être plus élevé encore. En effet, outre le prix d'achat d'un véhicule, les dépenses liées au carburant, à l'assurance et à l’entretien, il existe d’autres coûts, dits externes, que subit l'ensemble de la communauté : usure des routes, pollution de l’air et sonore, accidents, embouteillages… Autant d’éléments qui ne sont pas répartis de façon optimale selon les usagers.

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Le diesel coûte plus cher à l'État que l'essence...

couts des vehicules diesel
Les coûts externes des diesels sont plus élevés que ceux engendrés par les véhicules essence.

En moyenne*, l’écart entre ces coûts externes engendrés par les déplacements et les prélèvements (fiscalité sur les carburants, carte grise, péages…) subis par les usagers est négatif. Comprenez par là que chaque déplacement coûte 12,5 centimes d'euro par kilomètre et par véhicule à la communauté. Or les prélèvements ne couvrent que 36 % de ces coûts. Dans le détail, l’usage d’un véhicule diesel coûte plus cher qu’un véhicule essence (12,7 centimes contre 9 centimes). Une différence qui s'explique par des coûts externes issus des polluants plus élevés sur le diesel et par des prélèvements moindres de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) sur le gazole. En milieu urbain très dense (plus de 4 500 hab/km2), ce montant grimpe à 58,5 centimes par kilomètre, avec un taux de couverture des coûts externes de 8 % seulement. À noter que, plus la densité de population diminue, plus l’équilibre entre coûts et prélèvements se fait, jusqu’à devenir positif pour les véhicules essence (pas pour les diesel).

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... mais les électriques sont encore plus chers

cout vehicule electrique
Les voitures électriques coûtent actuellement plus cher à la communauté qu'un véhicule diesel en raison des aides de l'État.

Le cas des véhicules électriques est à prendre avec des pincettes. En effet, malgré des coûts externes environnementaux nuls, le bilan d’un VE est en moyenne plus élevé pour la communauté qu’un véhicule thermique : 25 centimes d'euro par kilomètre. C'est deux fois plus qu'un véhicule diesel. La raison : les subventions accordées par l’État sous forme de bonus induisent des prélèvements encaissés négatifs. Toutefois, la Direction générale du trésor estime qu’il s’agit d’un investissement à long terme, puisque ces aides viennent compenser un surcoût à l’achat des véhicules électriques. Ce faisant, elles permettent d’accroître le parc et de faire baisser le prix de ces modèles « zéro émission ». L’objectif est d’être à l’équilibre lorsque ces subventions disparaîtront.

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La solution : augmenter les taxes !

peage urbain londres
Le péage urbain existe à Londres depuis 2005.

La Direction générale du trésor donne raison à la politique menée par les différents Gouvernements qui ont introduit le système du bonus/malus sur les rejets de CO2, ainsi que les aides à l’achat d’un véhicule électrique afin d'éliminer les modèles les plus âgés. Elle donne également raison aux municipalités à très forte densité de population qui mettent en place des zones à faibles émissions (ZFE), tout en les incitant à instaurer des péages urbains, comme cela se pratique dans d’autres villes d’Europe. Le Gouvernement avait pourtant écarté cette dernière option en 2018. Sans oublier d’augmenter le tarif des stationnements, en le modulant suivant la motorisation des véhicules, l’heure ou le taux de congestion.

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L’objectif officiellement affiché est de dissuader au maximum les usagers de prendre leur automobile. « Au niveau individuel, un déplacement supplémentaire est souhaitable si son utilité pour l'usager est égale au coût social qu'il génère. Dans le cas contraire, il vaudrait mieux que le déplacement n'ait pas lieu », nous explique-t-on. Officieusement, la Direction générale du trésor prêche pour sa paroisse et entend trouver un moyen de remplir les caisses.

* Les chiffres analysés remontent à 2015.

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Commentaires
Voir tous les commentaires (9)
Gallusquidam

Voici le lien: https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/248d6a7c-d681-4577-9fa5-886791bfc9d1/files/9651f24c-dee1-4c2d-a54f-3aa56927e139 Bilan : pas trop de détail sur les calculs. Les externalités comptent bien les accidents mais surtout la fumeuse « perte de temps liée aux embouteillages » du fait d’un présupposé dans l’exercice de style : on calcule un cout marginal (ce qui avantage minore les contributions des usagers et accessoirement avantage les poids lourds) Quand aux frais couverts par l’automobiliste, ils sont très minorés si on se réfère aux calculs de TamTam4 qui eux sont en « open box ». En gros, l’étude est faite pour montrer que prendre sa voiture pour faire le tour du périph et revenir chez soi sans s’être arrêté nulle part (juste pour le plaisir de faire des embouteillages) est nuisible pour la collectivité!

Gallusquidam

Tamtam4 calcule un transfert automobiliste vers Etat de 12 cts/km (il me semble qu’il faut qd même ajouter une partie des péages et les cotisations sociales des qq employés qui fabriquent/vendent/réparent des voitures en France) C’est grosso modo, le calcul que semble faire l’étude du Trésor. Ils arrivent à un déficit de 9cts/km Ce qui veut dire 21cts/km d’externalités (=couts pour la collectivité. Ce n’est pas absurde si c’est sans compter les victimes d’accidents. Reste à savoir, si les apports aux autres secteurs de l’économie (parce que la voiture c’est le transport des travailleurs, des consommateurs, des marchandises, des touristes...), justifient le financement de ce déficit. On pourrait aussi comparer ce déficit à la balance des autres moyens de transport (-36% pour la route, mais facile -50% pour le fer, combien pour la RATP métro, combien pour les bus, les cars?..) Je crois que le seul qui soit en positif serait l’avion parce que le passager paie tous ses couts d’infrastructures et de services publics (taxes sur les billets). PS : qqn a t il le lien vers l’étude?

Tesener

Etude surréaliste! Le trésor publique cherchant à justifier de nouvelles taxes, et avec la mauvaise foi qui le caractérise il compte bien y réussir...Tout ça pour arriver à la conclusion qu'il faudrait mieux ne pas se déplacer! Peut-être que notre cher Trésor aimerait mieux qu'on n'existe pas?? A quand une étude analogue sur le train? Avec les investissements des voiries, le matériel TGV et autres, l'atteinte au paysages, les investissements des centrales électriques, etc , ça les occuperaient un certain temps. Ils n'ont vraiment rien à faire d'autre?

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