Fermetures d'usine, réduction d'effectifs... Renault annonce son plan
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Fermetures d'usine, réduction d'effectifs... Renault annonce son plan

Mal en point, le groupe Renault se restructure et annonce un plan d'économies de 2 milliards sur 3 ans. Il comprend une baisse des effectifs de 15 000 postes dans le monde et une réorganisation de l'outil industriel avec la reconversion de l'usine de Flins et la fin de la production à Dieppe.

Publié le Mis à jour le

Le groupe Renault a annoncé son plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans. Il touche principalement l'ingénierie et les usines.

[Mis à jour le 29/05/2020 à 12h00] Dernier volet de la trilogie. Après les annonces de l’Alliance Renault-Nissan et de Nissan, mercredi et jeudi, le Groupe Renault passe son grand oral. Dans le but de retrouver compétitivité et rentabilité, le français va se mettre au régime sec, un mal nécessaire.

A la clé un plan d’économies de 2 milliards € sur 3 ans qui touche en premier lieu l’ingénierie à hauteur de 800 millions puis les fonctions supports (marketing…) pour 700 millions et les usines 650 millions. Le coût de la mise en œuvre de ce plan est de 1,2 milliards €. Au niveau social, Renault ne parle pas de licenciements secs mais de départs volontaires et de mobilité interne. La réduction des effectifs touchera 15 000 postes dans le monde dont 4600 en France sans plus de précisions. 

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Rationalisation de l’ingénierie

Le gros des économies seront réalisés sur la R&D grâce aux synergies renforcées au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Chaque constructeur aura ainsi le leadership sur certains programmes :  plateforme CMF-B et utilitaires pour Renault ; CMF-EV et CMF C/D pour Nissan ; et technologie hybride rechargeable pour Mitsubishi. Ce qui permettra une meilleure standardisation et une baisse des coûts de développement. Le groupe va réduire la diversité des modèles et des moteurs ainsi que le nombre de plateformes de 13 à 4 d'ici 2026. Le nombre de composants sur un véhicule sera réduit de 25% et celui des sous-traitants de 9 à 4.

En découle aussi une réduction des effectifs du côté du Technocentre à Guyancourt et la forte baisse de la sous-traitance qui est déjà opérationnelle depuis quelques mois. Les centres de R&D à l’étranger seront aussi impactés à l’image de ceux implantés en Roumanie et en Chine. Renault évoque aussi une optimisation des moyens de validation des projets grâce au digital amorcée sur les projets Clio 5 et Captur 2.

 

Fermetures et restructuration des usines

La fin de la course aux volumes va se traduire par une réduction de la production de 4 millions de véhicules en 2019 à 3,3 millions d’ici 2024 en raison de la surpacité de l'outil industriel. En France, les usines ont une capacité de 1,08 million de véhicules mais elles ne produisent que 600 000 unités par an. Par conséquent, le groupe Renault va fermer ou reconvertir certains sites :

  • Usines du Maroc et de Roumanie : les projets d’augmentation de la capacité industrielle sont suspendus
  • Usines en Russie : une étude sera menée sur l’adaptation des capacités de production
  • Usines de boîtes de vitesses : rationalisation de la production dans le monde
usine maubeuge kangoo

En France, le groupe Renault manie le politiquement correct en parlant d’hypothèses de travail :

  • Usine de Douai : elle va devenir à compter de 2021 (lancement d’un SUV urbain) le centre européen du groupe dans la fabrication de véhicules électriques. Comme nous l’avions annoncé, les Scénic, Espace et Talisman ne seront pas renouvelés.
  • Usine de Maubeuge : Renault annonce qu’elle deviendra un pôle d’excellence des véhicules utilitaires notamment avec la fabrication de la nouvelle génération de Kangoo (automne 2020) et de Mercedes Citan. En revanche, il ne dit pas qu'environ 5 000 postes seraient transférés vers l'usine de Douai.
  • Usine Alpine de Dieppe : elle ne fabriquera plus l’Alpine A110 à la fin de sa carrière [ndlr vers 2023]. Renault étudie sa reconversion mais les futures A110 (coupé et Targa) seront probablement assemblées sur un autre site. "Cette usine ne produit pas assez de véhicules" selon Renault et "elle ne peut pas rester dans cette situation". 
  • Usine de Flins, Choisy-le-Roi et Caudan : Flins sera dédiée à l’économie circulaire et récupérera les activités de l’usine de Choisy-le-Roi qui va fermer, c'est une certitude. Quant à la fonderie de Bretagne, son sort est en discussion mais la direction et la CGT ont annoncé que le site ne fermera pas.
  • Usine de Cléon : Clotilde Delbos, directrice adjointe, a confirmé la fabrication du nouveau moteur électrique de 100 kW qui alimentera l'usine de Douai. Ce moteur devait initialement provenir de Chine.


Recentrage des activités

Dans le rouge, le réseau de distribution RRG appartenant à Renault sera réorganisé avec des fermetures en Europe. Le groupe avait aussi annoncé son désengagement en Chine avec le transfert de sa participation dans la coentreprise DongFeng Renault à DongFeng Motor Corporation. Une décision qui se traduit par l’arrêt de la fabrication et de la commercialisation des modèles thermiques (Kadjar, Koleos…) sur le marché chinois laissant ainsi le leadership à Nissan. Renault se recentre sur les véhicules électriques avec la K-ZE et les utilitaires.
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patrick47310967 Le 29/05/2020 - 13:22
Esthétiquement aucune auto de chez Renault n'est séduisante de plus certains moteurs ont des carences et casses dont les utilisateurs se sont constitués en groupe pour obtenir réparation ce qui nuit atrocement à leur réputation et image de marque tout ça face à PSA qui ne cesse de produire des autos à succès la 208 devrait détrôner la Clio alors que va-t-il à Renault ? Peut être des utilitaires ?
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