Inédit : mon « rallye » en Nissan Leaf électrique !
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Inédit : mon « rallye » en Nissan Leaf électrique !

Son usage type, ce sont les trajets urbains pas trop loin de la maison. Mais a-t-on aussi le droit de s'amuser en voiture électrique ? Qui plus est à la montagne. On a essayé avec la Nissan Leaf dans le célèbre col de Turini. Bonne idée ?

Par Emmanuel Genty
Publié le Mis à jour le

Non vous ne rêvez pas, c'est bien une Nissan Leaf qui est "à l'attaque" dans la montée du Turini.

Emmanuel Genty

NISSAN Leaf 109 ch Tekna

  • - Moteur : Electrique
  • - Puissance: 3 ch
  • - Lancement : Juin 2013
  • - A partir de 35 690 €
  • - 6300 € de bonus.

Je ne sais pas ce qui m’a pris ! Une envie folle, refoulée jusqu’à présent mais qui a fini par prendre le dessus sur la raison. J’ai décidé de dévergonder ma Leaf. Ma paisible, voire placide Nissan Leaf, celle qui tous les jours, assure sans sourciller, sans faire de bruit et sans polluer mon trajet quotidien : maison, école du fiston, boulot, école du fiston, maison.

C’est vrai après tout, la ville et la banlieue, c’est tout ce qu’elle connaît jusqu’à présent. Un peu l’autoroute et les départementales pour aller jusqu’à la maison de campagne, mais sur du bitume désespérément plat. Tant mieux d’ailleurs, comme ça la batterie ne se décharge pas trop vite.

Alors c’est décidé, tous les deux, on va prendre l’air et faire quelque chose d’inédit, aussi bien pour elle que pour moi. L’idée n’est pas de la transformer mais de tenter de lui faire exprimer tout son potentiel là où on ne l’attend pas. Sans craindre la panne de jus. Alors direction l’arrière-pays niçois pour s’attaquer au célèbre col de Turini !


A l’assaut du Turini !

Pour cela, je n’ai tout de même pas traversé la France en Leaf. J’ai profité de l’offre Train+Auto qui m’a été offerte, en même temps que 4 semaines de location chez Hertz, au moment de mon achat. Depuis Nice, une quarantaine de kilomètres me mènent à Sospel, au pied de la spéciale la plus mythique du rallye de Monte-Carlo.

Le col de Turini m’attendait, avec ses lacets serrés, ses épingles à l’aveugle et de nombreux souvenirs pour y avoir vu passer des pilotes aussi prestigieux que Walter Röhrl, Bjorn Waldegard, Miki Biasion, François Delecour, Philippe Bugalski et bien entendu Sébastien Loeb et Sébastien Ogier.

Bon, là, on n’est pas de nuit mais en plein jour et la neige restante sur les deux derniers kilomètres de la montée a été rejetée sur les bas-côtés. Mais tout de même, c’est le cœur battant que, depuis la sortie de Moulinet, je me lance à l’assaut de la douzaine de kilomètres, à plus de 7% de moyenne, qui me mèneront au sommet.



La batterie faiblit vite…

Je sais bien que ma Nissan Leaf, avec ses 109 chevaux et 254 Nm –bien que disponibles immédiatement, avantage de l’électrique sur le thermique–, n’a rien d’une sportive. Mais dans le Col de Turini, pas question de rouler plan-plan en mode économie. J’attaque en sortie de virage, je monte quand je le peux entre deux lacets au-dessus de 60 voire 70 km/h, j’applique mes trajectoires dans les épingles, etc.


Alors bien sûr, la Leaf n’est pas trop faite pour cela. Pas de sièges baquet, pas de frein à main et surtout une direction très peu communicative : ce n’est pas une sportive. Le plus gênant reste cette direction trop ample, trop démultipliée pour une conduite dynamique et précise de type « rallye », même si elle s’avère parfaite au quotidien, en ville pour effectuer des créneaux par exemple.

Mais le gros point d’inquiétude vient de l’autonomie. Une conduite comme celle-ci « flingue » les batteries aussi sûrement qu’elle vide à toute vitesse le réservoir d’essence d’une WRC. Aurais-je assez d’énergie pour terminer ma spéciale ? Pour redescendre ensuite ?

Je reste tout de même confiant même si la jauge baisse à vue d’œil. -10, -20, -30, etc. : au bout des quinze minutes que dure l’exercice, j’ai perdu plus de 50% de mes réserves et à ce rythme, je n’aurai pu faire que 30 kilomètres sur ma charge complète, contre 150 environ habituellement (199 selon le chiffre officiel de Nissan).


…et reprend des couleurs dans la descente

De toute façon, je sais que je peux recharger en haut, par exemple au célèbre Hôtel des Trois Vallées, grâce au câble domestique livré en série. Mais il y a aussi ce fameux mode de régénération (mode B sur le petit levier de vitesse) qui permet, grâce à l’énergie cinétique du freinage et de la décélération, d’offrir un frein moteur naturel et de rebooster les batteries tout en roulant.


C’est décidé, je me lance dans la descente en faisant confiance à ce mode B et bien m’en a pris. Alors certes, j’ai été plus que doux sur l’accélérateur et profité du paysage et des vaches qui se promenaient le long de la route, mais sur la trentaine de kilomètres menant à L’escarène, j’ai récupéré un gros tiers de ce que j’avais perdu.

Assez pour décider de finir mon trajet jusqu’à Monaco –où j’avais décidé de m’offrir du bon temps- en remontant d’abord vers La Turbie avant de plonger vers le Rocher. Bilan de ces trente derniers kilomètres : opération neutre pour la batterie ! Mais il est vrai que là, je n’étais pas en condition de spéciale pour rouler. J’ai même tout fait en écoconduite. Mais tout de même, c’est impressionnant.


Bilan essai « rallye » de la Nissan Leaf

Etait-elle enchantée de sortir du train-train quotidien ma Nissan Leaf ? Je l’espère pour elle qui, à défaut de véritables sensations, m’a donné du plaisir. Celui de me montrer qu’elle pouvait s’attaquer à des routes biscornues et pentues comme n’importe quelle autre. Celui aussi d’apaiser mes craintes quant à son autonomie dans un exercice différent de d’habitude.



Alors certes, plus ça monte (la route), plus ça descend (la charge). Et pas qu’un peu ! Mais l’inverse est aussi vrai et c’est ça qui est rassurant. Vous souhaitez aller au ski ? La dernière montée pour accéder à la station est envisageable et vous pourrez recharger totalement dans la vallée, une fois que vous serez redescendu sur la régénération.

Tout ceci en occultant, on l’avoue, la partie « long trajet » qui vous mènera de chez vous au pied de la station, et inversement. Avec ses soucis de recharge régulière et de durée rallongée. Mais ça, c’est un tout autre exercice !

On aime
• Les relances facilitées par la disponibilité du couple
• Le silence de fonctionnement
• La capacité de régénération dans les descentes

On regrette
• La direction trop floue pour ce genre d’exercice
• La baisse drastique du niveau de charge dans la montée
• L’absence de mode sport (on rigole) (presque)
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gaugens981 Le 19/03/2015 - 12:43
Je partage avec Emmanuel Genty cet étonnant plaisir "d'escalader les montagnes avec ma LEAF" :) http://www.calameo.com/read/000213712a90cdc4942b3 http://levejeveux.blogspot.fr/2015/03/ma-leaf-je-la-kiffe.html
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