actualité auto > Divers    
Jeudi 31 Janvier 2008

José De Oliveira Débosseleur sans peinture, créateur de la société Les Chasseurs de bosses

Galerie photos
Le débosselage sans peinture résonne de plus en plus à l’oreille des automobilistes mais beaucoup ne savent pas encore ce qu’il recouvre vraiment, ne connaissent pas son coût et doutent de son efficacité. La discipline se cantonnait jusqu’ici aux ateliers des professionnels. Un spécialiste francilien depuis 2003 l’ouvre aux particuliers grâce à l’appui d’Internet.

"Je rends le débosselage sans peinture accessible aux particuliers grâce à Internet"
                                                                                                       
Agrandir

Vous sortez le débosselage sans peinture de l’univers exclusivement professionnel grâce à Internet. Quel usage en faites-vous du Web ?
Après un premier métier dans la restauration, puis l’expertise automobile, la vente automobile, je me suis formé au débosselage avec le pionnier de la discipline en France, la société anglaise Dentmaster. Puis, j’ai créé mon activité en 2003 sous le nom de “Les Chasseurs de bosses”. J’ai offert mes services aux professionnels en exerçant mes compétences dans leur atelier. Le succès a été tel que j’ai formé et embauché trois compagnons ; j’en ai même formé bien plus, mais, face à la progression de cette activité, ils ont eux aussi, tenté l’aventure pour leur compte.
En 2006, j’ai décidé de rendre cette technique accessible aux particuliers car elle suffit à une large part de leurs besoins de réparation et cela, à des coûts de 60 % à 80 % inférieurs à ceux des carrossiers. Des sondages par Internet à partir de mon web m’ont montré que cette population était intéressée par le débosselage. J’ai commencé par proposer mon service à domicile. J’ai vite déchanté. D’une part, je ne disposais pas toujours chez le client des conditions correctes pour effectuer le travail. D’autre part, les clients m’indiquaient par téléphone l’état des impacts pour que j’évalue le montant de la réparation. Dans de nombreux cas, elle était supérieure à ce qu’ils m’avaient dit ou à ce que j’en avais compris et elle était même, dans certains cas, irréalisable.
J’ai donc décidé d’ouvrir un atelier à Thorigny-sur-Marne, en Seine-et-Marne. J’ai continué à servir mes clients professionnels tout en démarchant les particuliers. A l’image de ce qui se fait avec la photo-expertise pour l’évaluation des accidents par les assureurs, je leur ai proposé de me soumettre les photos des dégâts de leur véhicule par e-mail. Dans la quasi-totalité des cas, la réparation correspond à 20 euros près à l’estimation. Si le client est d’accord avec le devis, il amène sa voiture dans l’atelier. Tous les soirs, je passe une à deux heures devant mon écran d’ordinateur pour traiter les demandes. Beaucoup sont des cadres parce que ce sont des familiers de l'Internet. On nous confie toutes sortes de modèles, jusqu'à des Ferrari (photo).

Combien coûte un débosselage ? Comment se répartit désormais votre clientèle ?
Notre prestation est établie sur la base d’un forfait de 80 à 150 € par élément à réparer (capot,  porte, aile, etc…), ce qui correspond à environ 100 € HT par heure. En 2006, 20 % de ma clientèle était constituée par les particuliers. En 2007, la proportion a du être de 35 %-40 %. 75 % de la clientèle des particuliers me connaissent par Internet. Je dois ce drainage à un bon référencement dans les moteurs de recherche. Bien sûr, mon nom sort quand l’internaute saisit “débosselage” mais aussi “carrosserie rapide”, “devis carrosserie en ligne”, et j’ai même inséré “décabosseur” ! Les autres particuliers me découvrent par mon implantation géographique -nous sommes situés sur une station de lavage “Eléphant Bleu”- et le bouche-à-oreille puisque je ne fais, pour le moment, aucune publicité.
Mon chiffre d’affaires progressait jusqu’en 2007, grâce à l’équipe grêle qui se déplace sur les différents chantiers. Ce sont des marchés intéressants parce que “captifs” et sédentaires : vous débosselez des véhicules en série sans jamais de trous dans l’activité. La marge est importante. La réduction de ce nombre de chantiers a fait stagner mes recettes. Le chiffre d’affaire 2007 devrait s’élever à 498 000 euros sans que l’activité marque le pas puisque je vais, au contraire, embaucher un quatrième technicien. Depuis le départ
Agrandir
, mes clients professionnels, des concessionnaires, distributeurs VO, carrossiers, me sont fidèles. C’est grâce à notre activité et à la qualité de nos résultats que les assureurs exigent désormais que les carrossiers envisagent le débosselage sans peinture avant d’engager toute réparation.

L’ouverture aux particuliers signifie-t-elle que le débosselage va se banaliser ?
Si c’est pour l’ouvrir encore plus aux particuliers, tant mieux. Mais cela ne veut pas dire que la technique elle-même va être accessible à tous. Soyons clairs, de prime abord, n’importe qui peut prétendre à ce métier. La preuve, je viens de la restauration hôtelière, mon meilleur technicien est un ancien libraire, un autre est issu de la grande distribution, le dernier a un CAP carrosserie mais n’a jamais exercé. Mais, pour devenir un débosseleur expert, il faut être très, très motivé car tout se joue dans la minutie et la patience. Les outils sont un éventail de tiges, de baguettes recourbées à leur extrémité. Le but est de placer ou glisser ces tiges derrière la bosse pour la repousser. Grâce à une lumière tamisée, nous générons un reflet sur la carrosserie qui permet de repérer la position exacte de l’outil. Beaucoup ne parviennent jamais à avoir ce coup d’œil. Il faut ensuite savoir gérer la pression de la baguette pour rectifier un millimètre carré d’impact et bien apprécier ensuite ce qu’il reste à faire pour que le travail soit parfait, et tout cela bien sûr, sans abîmer la peinture extérieure sous peine de devoir recourir au travail classique du carrossier. Les particuliers aiment bien observer le travail du débosseleur parce que c’est nouveau et c’est une curiosité. Si le technicien maîtrise mal sa pratique, ce regard du client le stressera, il ratera sa prestation et inquiétera le client. Il faut un an pour être autonome et deux ans pour être parfaitement opérationnel.
Le marché étant porteur, des offres de formation avec outillage fleurissent sur Internet. Il faudra, un moment, faire un tri, car il y a de tout. Nous allons, pour notre part, créer une norme de qualité. Certains m’interrogent sur la création d’une franchise. Il y a matière à créer un réseau mais j’estime que c’est trop pesant pour les adhérents. Je pense plus à m’orienter vers une licence qui n’exige pas de redevance et, en dehors d’une charte de qualité, impose moins de contraintes.
www.leschasseursdebosses.fr
 Imprimer cet article Propos recueillis par Joseph GICQUEL
  © L'argus de l'automobile. Tous droits de reproduction réservés
 Envoyer à un ami  
   Retour au début de l'article

INFORMEZ-VOUS
Recevez gratuitement toute l'actualité automobile par mail
 Les dernieres Actualites de l'argus

Consultez nos archives
Vous pouvez consulter les archives du journal L'argus et y retrouver tous les essais auto et deux-roues ainsi que les commentaires de nos journalistes à propos des véhicules neufs ou d'occasion, les conseils pour bien acheter ou vendre votre voiture, ainsi que les services pratiques auto.
Mots clés Rubriques
  du au
Vous pouvez préciser la recherche :
en utilisant ET ou OU - exemple : "Renault ET Clio".
en saisissant un intervalle de dates - exemple : du 01/01/2000 au 31/12/2000.
en choisissant une rubrique dans la liste - exemple de rubrique : "L'argus à la télé"
Facebook

Articles les plus partagés

Twitter
Diaporama - La production des Renault à l'usine de Flins de 1952 à 2017
Rechercher un véhicule
et