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Jean-Pierre Laurent P-DG de Renault Retail Group

Filiale de distribution de Renault, Reagroup - qui devient Renault Retail Group - doit contribuer à la réussite du Contrat 2009.

Au nom de l'efficacité, Reagroup va céder cinq de ses filiales à des distributeurs privés. L'objectif est de dégager une marge opérationnelle de 6 % en 2009, ce qui équivaut à une rentabilité de 1,1 %.

L'argus Vous avez annoncé un projet de vente de cinq filiales en France. Est-ce une décision stratégique de Renault, le constructeur, ou de Reagroup, le distributeur ?

Jean-Pierre Laurent. Cette décision fait partie de la vie normale des groupes de distribution de cette taille. Pendragon ou Porsche Holding achètent et vendent des affaires en permanence. Cela dit, Renault est également notre actionnaire principal et unique. C'est pourquoi nous avons présenté à la direction générale un plan qui doit contribuer à réaliser le Contrat 2009.

 

La vocation de Renault n'est pas uniquement de construire des voitures, c'est aussi de les commercialiser. Est-ce bien l'avis de Carlos Ghosn ?

La vocation de Renault est de construire... et de commercialiser des véhicules, des pièces de rechange et des services. Carlos Ghosn m'a dit qu'il n'avait pas d'état d'âme, que Renault passe par des filiales ou des concessionnaires privés, et que notre seule contrainte est de respecter l'engagement du Contrat 2009. En étant bon en qualité, en gagnant de l'argent et en vendant les volumes prévus, on pourra rester filiale. Dans le cas contraire, la distribution serait confiée à des opérateurs privés. J'ai présenté un plan, que M. Ghosn a accepté, et qui ne consiste pas à démanteler Reagroup mais qui s'inscrit dans le cadre du Contrat 2009.

 

Qu'est-ce que cela implique ?

En qualité, nous devons être meilleurs que les concessionnaires dans les régions qui nous sont confiées. De plus, nous devons dégager une marge opérationnelle de 6 % en 2009. Si nous ne sommes pas à même d'atteindre ces objectifs, nous devons passer la main à un distributeur privé ; ou alors fermer une affaire, ou réorganiser les installations.

 

Pourquoi un distributeur privé serait-il plus efficace que Reagroup ?

Dans une région donnée, un distributeur qui possède plusieurs affaires peut faire jouer des synergies et être plus proche des clients locaux que nous. Prenons le cas d'Annecy. Dans cette ville, nous sommes isolés sur un territoire entouré de concessions appartenant au même propriétaire. Nous ne pouvons pas faire jouer de synergies mais le distributeur privé le peut. Nous avons donc intérêt à lui céder notre filiale. Il peut réorganiser certaines installations pour déplacer les activités là où elles sont nécessaires. C'est également le cas à Mulhouse, à Montbéliard-Belfort, à Dunkerque et à Toul. Dans toutes ces affaires, nous ne gagnons pas d'argent ou nous n'avons pas de résultats suffisants en matière de qualité. Or l'un ne peut pas aller sans l'autre. À travers ces cessions, notre objectif est triple : réduire nos coûts, réorganiser nos territoires et assurer l'avenir du personnel.

 

Qui sont les acquéreurs ?

Les noms de repreneurs ont été indiqués au comité d'entreprise, mais ils ne peuvent être dévoilés car nous sommes encore en consultation. Dans les cas des cinq affaires en vente, il s'agit d'opérateurs Renault de longue date de la région.

 

Allez-vous racheter d'autres sites ?

Tout à fait. Depuis octobre, nous avons cédé une quinzaine d'affaires en Europe. Nous en avons acheté cinq, dont une à Toulouse l'année dernière. D'autres rachats ainsi que d'autres cessions sont pressentis.

 

Reagroup va également changer de nom. Pourquoi ?

Le nom de Reagroup sera remplacé par celui de Renault Retail Group. Nous voulons ainsi réaffirmer notre appartenance à Renault. Par ailleurs, ce nom exprimera bien notre nouvelle vocation, plus internationale. En effet, le président m'a confié une responsabilité de « père technique » des filiales de distribution que Renault possède hors d'Europe, comme celles d'Afrique du Sud, d'Argentine ou de Corée.

 

Vos sites seront-ils pilotes pour le réseau privé ?

Nous testons des méthodes. Dans la préparation du Plan d'excellence Renault sur la qualité de service, nous avons expérimenté des méthodes qui sont devenues les Essentiels vente et après-vente. Par exemple, le rappel systématique après la livraison ou l'établissement systématique d'un devis à l'atelier. Il faut identifier les postes de travail, placer les outils à l'endroit le plus approprié ou faire parvenir la bonne pièce au poste du compagnon.

 

Vos affaires sont-elles plus rentables que celles des distributeurs ?

Dans certains cas, oui. À Dijon et à Avignon, nous sommes très bons. À Paris, c'est plus difficile. Appliqué à un compte d'exploitation de concession, notre objectif de 6 % de marge opérationnelle équivaut à environ 1,1 % du résultat d'exploitation. Les grands groupes en dehors des grandes villes peuvent gagner jusqu'à 2 %, voire 2,5 %.

 

Êtes-vous loin des 6 % de marge opérationnelle visés ?

Nous étions en perte l'an dernier. À fin avril, nous étions à zéro. À la fin de l'année, nous serons en positif avec une marge opérationnelle d'environ 5 millions d'euros. Reagroup est sur la bonne trajectoire.

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