Jean-Pierre Noret, un agriculteur adepte du matériel d'occasion
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Jean-Pierre Noret, un agriculteur adepte du matériel d'occasion

Jean-Pierre Noret a commencé comme responsable commercial dans l'automobile. En reprenant la ferme familiale, installée sur deux exploitations distantes de 50 km, il a choisi de s'équiper en matériel d'occasion.

Par Patrick Lange
Publié le

Agé de trente-cinq ans, avec pour formation un Brevet de technicien supérieur agricole, Jean-Pierre a passé les dix premières années de sa vie professionnelle à Orléans, chez Renault. En 1997, il s'installe sur l'exploitation familiale, qui se divise en deux sites de superficie équivalente, entre Beauce et Gatinais. Ses principales productions sont les céréales, les betteraves sucrières irriguées, les pois fourragers et le maïs.

L'argus. Quelles raisons majeures vous ont conduit vers le matériel d'occasion plutôt que vers l'achat d'équipements neufs ?

Jean-Pierre Noret. Au départ ce ne fut pas un choix mais plutôt une évidence. J'ai tout d'abord repris le parc existant qui était ancien mais en bon état, puis, en raison des 50 km qui séparent les deux sites, il m'a fallu avoir plusieurs équipements en double, par exemple, les pulvérisateurs. J'ai dû, par la suite, renouveller certains d'entre-eux, en raison de leur ancienneté ou pour monter en puissance de tracteurs ou en largeur de travail. Ce fut le cas pour les « covercrops ». Je suis passé de deux outils de vingt-quatre et vingt-huit disques à un seul qui en possède quarante. L'achat de matériel d'occasion s'est donc imposé de lui-même. Compte tenu de l'importance du parc, les coûts sont nettement plus raisonnables.

L'argus. L'achat de matériel d'occasion est-il une fin en soi ?

J.-P. Noret. Certainement pas. D'autres solutions existent pour limiter les coûts d'exploitation, comme la location que j'ai déjà testée avec une charrue ou l'achat d'une machine en commun. Pour l'arrachage des betteraves, le ramassage des pierres ou l'irrigation, je travaille en Cuma. D'autres matériels ont été achetés à plusieurs, comme la moissonneuse-batteuse Axial Case IH, les outils de travail du sol ou l'épandeur d'engrais.

L'argus. D'autres avantages ont-ils motivé votre choix des matériels d'occasion ?

J.-P. Noret. Absolument. Cette formule permet de remettre le parc « à niveau » et de le rendre plus homogène à un coût raisonnable. C'est ainsi que je profite d'un véritable automoteur de pulvérisation en ayant équipé un Mercedes MB Trac 1000 d'un pulvérisateur porté Hardi de 2 200 l, équipé d'une rampe de 24 m. L'économie réalisée, par rapport à un engin neuf offrant les mêmes capacité de travail, peut atteindre 50 %.

L'argus. Qu'en est-il de votre parc de tracteurs ?

J.-P. Noret. A deux exceptions près, nous travaillons avec une seule marque sur les deux sites : Case IH. C'est simplement un désir de faciliter la gestion : roues, masses, crochets d'attelage, pièces détachées, etc. Les tracteurs devant toujours être prêts à partir, cela offre une plus grande souplesse. Aujourd'hui, le parc évolue en fonction des besoins et des opportunités.

L'argus. Au niveau de l'entretien et des réparations, quels rapports entretenez-vous avec les concessionnaires ?

J-P. Noret. Certains d'entre-eux négligent trop souvent l'acheteur d'occasions. C'est un tort et l'on voit, d'ailleurs de plus en plus souvent dans les concessions des services de vente d'occasion qui possèdent leur propre équipe, aussi autonome que celle en charge du neuf. Bien entendu, ce matériel ne génère pas un chiffre d'affaires aussi conséquent mais il n'est pas toujours estimé à sa juste valeur. C'est pourtant un motif de fidélisation de la clientèle pour le concessionnaire. Les parcs sont actuellement pleins et tout acheteur de ces matériels sera, à plus ou moins long terme, un client potentiel pour des équipements neufs.

L'argus. Le fait de s'équiper en matériel d'occasion a-t-il des limites ?

J-P. Noret. Il est indispensable de posséder de bonnes compétences techniques. A la fois pour établir un diagnostic précis de l'état de l'outil, au moment de l'achat puis, pour pouvoir assurer son entretien. Il faut ensuite établir des bilans réguliers en comparant les charges de mécanisation aux moyennes régionales. Je pense qu'au bout de cinq ans on peut prendre la décision de poursuivre ce système, de l'amplifier ou de l'abandonner. Le parc doit « tourner » au maximum pour éviter qu'il ne vieillisse trop mais on doit, alors, prendre en compte la notion de plus-value.

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