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Julien Fillaud s'exprime sur les tendances 2015 de l'assurance auto

L'actualité est dense dans le domaine de l'assurance notamment avec la loi Hamon. Julien Fillaud directeur général adjoint du groupe Comparadise, dont fait partie Hyperassur, répond à nos questions.

Par Julien Fillaud
Publié le Mis à jour le

Pouvez-vous nous présenter Hyperassur.com en quelques mots ?

Julien Fillaud, directeur général adjoint du groupe Comparadise.
Créé en 2006, Hyperassur est l’un des pionniers de la comparaison d’assurance. Le site est aujourd’hui positionné sur l’auto, avec un partenariat stratégique avec deux champions automobiles, Romain Grosjean, pilote F1, et Sébastien Ogier, triple champion du monde de rallye. Leur image, synonyme d’expertise, représente les valeurs premières du site.

Hyperassur compare une quarantaine d’assureurs sur l’auto d’une part, mais aussi sur les principaux produits d’assurance tels que la santé, l’habitation, la moto ou encore l’emprunteur.

Chaque mois, ce sont 400 000 visiteurs uniques qui viennent trouver des informations sur leur recherche d’une meilleure assurance.

Pourquoi en 2006 avez-vous choisi de revenir vers l'assurance ?

Fort d’expériences professionnelles dans le digital et ayant toujours été en contact avec les assureurs dans mes fonctions, il m’apparaissait clair que l’assurance avait encore un long chemin à parcourir pour se digitaliser. Participer à ce mouvement de marché me semblait donc une opportunité et un challenge intéressant.

Vous vous êtes lancés presqu'en même temps que la crise économique de 2008. Cette crise a été un frein au développement de votre activité ou bien au contraire une opportunité fortuite ?

La crise ne nous a pas aidé, c’est certain, malgré tout elle a fait disparaitre nombre d’acteurs qui s’étaient improvisés en la matière. Elle n’a laissé survivre que les vrais professionnels de l’assurance, les acteurs solides ou les propositions de valeurs différentes. Nous n’étions pas solides, mais avions une vraie expertise et une différenciation qui nous a permis de nous maintenir, voire de nous renforcer face aux aléas de marché de ce type.

Par ailleurs l’assurance est un marché moins sensible que beaucoup d’autres aux crises économiques. Les français ayant toujours besoin ou obligation de s’assurer, les comparateurs sont une bonne réponse à la problématique d’économies.

Est-ce qu'en presque 10 ans, le métier de comparateur d'assurance en ligne a évolué ?

Oui et non. Dans les grandes lignes, le principe de comparaison des prix a été pérennisé. Nous avons pour notre part fait évoluer les choses avec une comparaison des garanties, que les e-marchands nommeraient aujourd’hui la pertinence.

En revanche beaucoup de produits n’étaient pas comparables il y a 10 ans, et le sont aujourd’hui. D’autre part, l'intermédiation, notamment à distance, a beaucoup évolué en 10 ans, et nous faisons partie intégrante de la chaîne de distribution, donc nous avons évolué avec elle.

Quid du consommateur ? Est-ce que lui aussi a pu voir les choses changer dans sa quête d'une assurance au meilleur prix sur internet ?


Oui sans conteste.

D’une part il peut obtenir des prix en ligne, sur les comparateurs ou les sites d’assureurs, ce qui n’était pas acquis il y a 10 ans. Il devait souvent se rendre en agence ou appeler un conseiller, si tenté qu’il pouvait lui répondre à distance.

Autre révolution dans le secteur : la signature électronique, ou à distance. Les règlementations ont toujours été très strictes en la matière. Mais, sous l’impulsion de certains acteurs - dont je pense que nous avons fait partie - il a été démontré que la signature électronique pouvait être utilisée sans faire prendre plus de risques à l’internaute qu’une signature papier. A condition, bien entendu, que les règles soient respectées et que le service proposé réponde réellement aux attentes du consommateur.

Enfin, l’agence n’est plus le seul point de contact pour la relation client, le cross canal a pris le pouvoir avec le mail, le téléphone, sans que les canaux traditionnels n’aient été oubliés. Nous en sommes même à une évolution vers les mobiles, qui permettra à l’assuré de gérer ses contrats, ses sinistres ou toute autre demande depuis son smartphone, impensable il y a encore 10 ans. Ne parlons même pas des objets connectés qui arrivent à grande vitesse dans cette industrie.

Justement quels changements attendre ?

Les prix de l’assurance sont aujourd’hui pilotés à partir de statistiques de sinistralité moyennes par tranches de population. Le code postal, l’âge, la profession sont autant de critères qui, en plus du produit choisi, influent sur les prix. Demain ce pilotage sera beaucoup plus fin et dépendra plus de votre comportement que de votre tranche de population. Le bonus / malus sera un jour l’ancêtre de l’indice comportemental du conducteur, qui sera mesuré par d’autres critères que les seuls accidents. Par exemple un automobiliste imprudent mais qui n’a pas d’accident n’est aujourd’hui pas pénalisé, pourtant il fait porter un risque plus important à son assureur. Et bien c’est là que les nouvelles technologies pourraient intervenir en sanctionnant la conduite plutôt que les accidents. Inversement, des conducteurs prudents mais malchanceux ont pu voir comme une injustice des hausses de leurs tarifs et là aussi cela devrait se rééquilibrer au fil du temps et des innovations.

En 2015, que vont changer pour l'automobiliste les récents projets de loi dont on a pu entendre parler ?

Sans entrer dans trop de détails, cette loi permettra au consommateur d’être plus maître de sa relation contractuelle avec son assureur en pouvant la résilier plus facilement qu’auparavant. La conséquence que j’y vois est que son exigence prix / produit / service pourra être soit mieux entendue, soit plus aisément satisfaite par la concurrence. Ce qui devrait au final avoir un effet positif dans la relation assureur / assuré, car à l’inverse nous avons tous mieux à faire que de passer de contrats en contrats au fil des années. Il faut qu’il y ait un bénéfice réel à le faire ou un vrai problème non résolu.

Je suis en revanche moins convaincu de l’effet sur les prix, car en étant plus volatile ou court-termiste, l’assureur équilibre moins ses comptes, qui devra donc trouver des économies. Je crains que le mouvement global soit aussi de le faire payer à l’assuré. Mais heureusement que les comparateurs sont là pour permettre de bien faire jouer la concurrence !
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