La Bourse de Paris en terrain instable
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La Bourse de Paris en terrain instable

Par Yves de Kerdrel
Publié le

Tendance

C'est une tendance baissière clairement marquée qui a dominé l'actualité boursière au cours de toutes ces dernières semaines. Les investisseurs occidentaux semblent commencer à se préoccuper de la tension des taux d'intérêt américains à long terme. Ce phénomène, lié aux seules anticipations des opérateurs, est un signe prémonitoire du regain d'inflation. Mais, surtout, il a un effet mécanique, à court ou à moyen terme, qui repose sur le basculement du patrimoine des ménages, des produits d'actions vers les produits d'obligations, par nature moins risqués, mais dont le rendement est désormais assez intéressant. Même à Paris, où les taux d'intérêt n'ont pas connu une telle remontée, les investisseurs commencent à se demander s'il est raisonnable de rester investi sur les actions françaises, alors que l'indice CAC 40 est à peu près au niveau auquel il était il y a un an. C'est pourquoi la période actuelle est cruciale pour la Bourse de Paris. Soit le basculement des actifs s'effectue, et ce sera alors la chute. Soit il est différé, et l'indice CAC 40 peut partir à l'assaut des 3 750, voire des 5 000 points.

Valeurs françaises

Dans ce contexte mi-figue mi-raisin, les valeurs du secteur automobile n'étaient pas vraiment à la fête cette semaine. L'indice du compartiment affiche un recul de 2 % comparable à celui de l'indice CAC 40. Mais certaines valeurs ont été très affectées. Comme Peugeot, qui a perdu plus de 4 % en une semaine, quelques jours avant que les actionnaires se trouvent réunis en assemblée générale annuelle pour approuver les comptes du groupe. Une assemblée également très attendue par les analystes financiers, qui espéraient bien voir Jean-Martin Folz faire le point sur les ventes de la 206 depuis son lancement si réussi.

L'action Renault n'a que peu varié en une semaine. Une semaine décisive, puisque c'est officiellement vendredi 28 mai que le groupe dirigé par Louis Schweitzer a acquis 36,8 % du capital de Nissan. La firme au losange forme donc désormais, avec son allié japonais, le quatrième constructeur mondial, derrière General Motors, Ford et Toyota. Outre cette opération et les transferts d'espèces qui y étaient liés, Renault a acquis le même jour 15,2 % du capital de Nissan Diesel - une participation qui devrait vite monter à 22,5 %, sitôt que le français aura souscrit une augmentation de capital réservée. Nissan Diesel a annoncé avoir enregistré une perte nette de 14 milliards de yens au 31 mars dernier, sensiblement plus importante que ce qui était prévu. Mais, du côté de Renault, on précise qu'un retour à l'équilibre reste envisagé pour la fin de ce nouvel exercice.

L'assemblée générale des actionnaires de Valeo a permis à Noël Goutard de présenter à la communauté financière le successeur qu'il s'est choisi, en la personne d'André Navarri, ancien numéro 2 d'Alstom. Elle a aussi été l'occasion, pour lui, de déclarer que « 2000 et 2001 seront des années asiatiques et, je l'espère, japonaises pour Valeo (...), avant d'ajouter : nous voyons dans cette région des signes positifs, qui pourraient conduire à une reprise pour 2000. »

Du côté des équipementiers de plus petite taille, il faut noter le nouveau bond en avant de l'action Plastic Omnium, après l'importante restructuration annoncée par le groupe. En revanche, le titre Montupet est resté atone, malgré la publication d'un chiffre d'affaires en hausse de près de 4 % au cours du premier trimestre. Au siège de la société, on précise que, hors effet de change et variation du prix du métal, la progression du chiffre d'affaires aurait été de 12,2 %.

Valeurs étrangères

Les valeurs étrangères étaient calmes, à l'exception des allemandes, reculant dans le sillage de la Bourse de Francfort.

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